
Avec plus de 635 millions de dollars engagés dans un nouveau lot de contrats, le mégaprojet Baladna franchit une étape décisive et s’impose comme un pilier de la stratégie nationale de sécurité alimentaire.
Avec la signature du deuxième lot de contrats de réalisation, d’un montant dépassant les 635 millions de dollars, le projet Baladna entre dans une nouvelle phase de concrétisation, confirmant son statut de chantier stratégique majeur pour l’économie nationale. Implanté dans la wilaya d’Adrar, ce mégaprojet s’inscrit dans une vision globale portée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la souveraineté alimentaire, réduire la dépendance aux importations et impulser une dynamique de développement durable au service de la nation et du citoyen.
Pensé comme un complexe agro-industriel intégré, le projet Baladna dépasse largement le cadre d’une simple initiative agricole. Il ambitionne de transformer en profondeur le paysage économique et productif du pays, notamment dans les régions sahariennes. «Ce projet constitue un modèle presque unique au monde de transformation de vastes superficies sahariennes en exploitations agricoles dédiées à la production laitière», a affirmé le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, en marge de la signature du deuxième lot de contrats de la première phase du mégaprojet Baladna. Une déclaration qui traduit l’ampleur du défi relevé : faire du désert un véritable pôle de production agricole intensif et moderne. Le ministre a également mis en avant l’importance stratégique du projet à Adrar, soulignant son rôle dans le «renforcement de la sécurité alimentaire et la dynamique d’investissement agricole dans le Sud». Il a insisté sur le fait que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une coopération «très fructueuse» entre l’Algérie et Qatar, la qualifiant d’étape déterminante vers la concrétisation de la sécurité alimentaire nationale et la promotion de l’investissement agricole.
Les dimensions du projet témoignent de son caractère exceptionnel. Il s’agit d’un programme «stratégique et très ambitieux», considéré comme «le plus grand projet de production de lait», voire «l’un des plus grands projets au monde». L’investissement global est estimé à 3,5 milliards de dollars pour une superficie de 117 000 hectares dans la wilaya d’Adrar, une étendue qualifiée de «très importante», équivalente à celle de certains pays. À travers ces chiffres, c’est toute une filière qui se structure, avec pour objectif d’atteindre, à terme, l’autosuffisance en lait et de réduire significativement les importations.
Ce projet s’inscrit dans une approche intégrée, englobant la production fourragère, l’élevage bovin à grande échelle et la transformation industrielle du lait. Une telle organisation permet de garantir la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur, tout en assurant une production stable et compétitive, capable de répondre aux besoins croissants du marché national.
La dimension internationale du projet est également un élément central de sa réussite. L’ambassadeur de l’État du Qatar en Algérie, Abdulaziz Ali Al-Naama, a salué une «étape décisive» dans l’avancement de ce projet agricole intégré d’envergure mondiale, soulignant son «importance stratégique dans le renforcement de la sécurité alimentaire et la consolidation du partenariat algéro-qatarien». Cette coopération illustre la volonté des deux pays de bâtir des relations économiques solides et orientées vers des secteurs à forte valeur ajoutée.
Dans le même sillage, le président du conseil d’administration de Baladna Algérie, Ali Al-Ali, a mis en avant «l’importance stratégique de cette nouvelle étape dans l’avancement du projet». Il a souligné que cette phase constitue une «accélération concrète de la mise en œuvre du programme», s’inscrivant dans la continuité des engagements pris depuis la signature initiale des contrats, le 28 juillet 2025, qui avait marqué le lancement effectif des travaux sur le terrain.
Au-delà de ses retombées agricoles, le projet Baladna représente un levier économique et social majeur. Il devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, dynamiser les régions du Sud et favoriser le transfert de technologies et de compétences. En valorisant des terres sahariennes jusque-là peu exploitées, il participe également à la réduction des disparités régionales et à l’émergence de nouveaux pôles de développement.
Plus largement, ce mégaprojet s’inscrit dans la stratégie nationale impulsée par Abdelmadjid Tebboune, axée sur la diversification économique et la valorisation de la production nationale. Face aux mutations de l’économie mondiale et aux incertitudes liées aux marchés internationaux, l’Algérie fait le choix d’investir dans ses propres capacités productives et de renforcer sa résilience.
À travers Baladna, c’est toute une vision qui se dessine : celle d’un pays qui transforme ses contraintes en opportunités, mobilise ses ressources et construit les fondations d’une souveraineté alimentaire durable. Un projet d’envergure, au service de l’intérêt national et du bien-être du citoyen.
ALGER 16