
La Direction générale de la Protection civile a réuni, dimanche dernier à Aïn Témouchent, l’ensemble de ses cadres à l’occasion d’une rencontre nationale consacrée à la lutte contre les incendies de forêt et à la sécurisation de la saison estivale. Directeurs de wilaya, responsables centraux et acteurs du terrain ont ainsi été mobilisés autour d’un objectif clair : tirer les leçons de la saison 2025 et affiner les dispositifs pour 2026.
Supervisant cette réunion, le directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Boughelaf, a insisté sur la nécessité d’anticiper une saison à risque. Les récentes précipitations, qui ont favorisé une couverture végétale plus dense et soutenu la production agricole, constituent paradoxalement un facteur aggravant. « Cette situation, bien que positive sur le plan environnemental, augmente le potentiel de propagation des incendies, notamment dans les zones forestières et agricoles », a-t-il averti, appelant à une vigilance renforcée. Dans cette logique, le responsable a rappelé que chaque campagne estivale donne lieu à un retour d’expérience approfondi, permettant d’ajuster les stratégies d’intervention. « Nos services capitalisent chaque année sur les enseignements tirés du terrain, tant sur le plan préventif qu’opérationnel», a-t-il souligné. Une montée en compétence qui s’est traduite par le déploiement de dispositifs de plus en plus structurés, incluant colonnes mobiles, équipes régionales spécialisées, moyens aériens et unités d’intervention réparties à l’échelle nationale. Au-delà des moyens, le colonel Boughelaf a mis en avant l’importance d’une mobilisation collective.
La lutte contre les incendies et la surveillance des plages, deux enjeux majeurs de l’été, reposent sur une coordination étroite entre les différents acteurs civils et militaires. « Les résultats obtenus sont le fruit d’une synergie d’actions et d’une coopération efficace », a-t-il affirmé, saluant au passage l’implication constante des autorités locales. Mais pas question de s’endormir sur ces acquis. Le message est clair : les performances enregistrées ne doivent pas conduire à un relâchement, mais au contraire servir de levier pour aller plus loin. Dans cette perspective, plusieurs chantiers sont engagés, notamment la mise en place d’un protocole d’intervention renforcé sur le plan logistique, ainsi que le lancement d’une plateforme numérique dédiée au suivi en temps réel des colonnes mobiles et des détachements régionaux.
En marge de cette rencontre, une campagne de sensibilisation a été lancée afin d’alerter les citoyens sur les risques liés aux incendies de forêt et aux dangers de la baignade, notamment en mer et dans les retenues d’eau. Le directeur général, accompagné du wali d’Aïn Témouchent, Mabrouk Ouled Abdennebi, a également pris part à une cérémonie en l’honneur de la famille médiatique locale, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Au final, derrière les chiffres, les dispositifs et les discours, une réalité s’impose : chaque été en Algérie est devenu une épreuve de résistance face aux incendies. Et dans ce combat, la différence ne se joue pas seulement dans les moyens mobilisés, mais dans la capacité à anticiper, coordonner… et ne jamais relâcher la pression.
Amira Benhizia
