
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé de durcir le ton face à la vétusté du parc national de transport. Lors du Conseil des ministres tenu dimanche dernier, il a ordonné le retrait total, dans un délai maximum de trois mois, de tous les bus âgés de plus de 25 ans.
Chargé de la mise en œuvre de cette mesure, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, devra veiller à son application stricte dans les délais impartis. Cette décision constitue la deuxième phase d’un processus entamé auparavant, qui avait ciblé les bus de plus de 30 ans.
Cette initiative s’inscrit dans une politique globale visant à moderniser le parc de transport et à renforcer la sécurité routière. Elle intervient dans un contexte marqué par une prise de conscience accrue des dangers liés à la vétusté des véhicules, notamment après le drame survenu à oued El-Harrach durant l’été 2025, ayant causé la mort de 18 personnes.
Depuis cet accident tragique, les autorités ont multiplié les réformes. Un nouveau code de la route, plus rigoureux, a été introduit afin de réduire les accidents mortels. Ce texte prévoit un élargissement des responsabilités en cas d’accident, impliquant non seulement les conducteurs, mais également les auto-écoles, les centres de contrôle technique, les services des mines et les importateurs de pièces de rechange. Les organismes chargés de l’entretien des routes sont également concernés, tant sur le plan pénal que civil.
Parallèlement à ces réformes législatives, l’État a lancé un vaste programme de renouvellement du parc de bus. Sur instruction présidentielle, 10 000 nouveaux véhicules ont été commandés, accompagnés de facilités de financement via des crédits bancaires destinés aux opérateurs du secteur.
Depuis l’automne dernier, les opérations d’importation se sont intensifiées, avec une accélération notable des livraisons depuis le début de l’année. Ces nouveaux bus ont commencé à être répartis à travers les différentes wilayas, renforçant notamment les capacités de transport urbain, en particulier à Alger. Ce renouvellement progressif du parc a permis d’envisager désormais le retrait des bus de plus de 25 ans, jusque-là épargnés par la première phase. L’Algérie poursuit ainsi sa stratégie de modernisation du transport public, avec pour objectif de réduire significativement les risques d’accidents liés à l’état des véhicules.
R. S.
