AFIC 12 : Les banques algériennes accélèrent leur expansion en Afrique de l’Ouest

La Banque algérienne au Sénégal (ABS) poursuit son expansion sur le continent africain. Dimanche dernier, en marge de la clôture de la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce (AFIC), son directeur général, Abdelhafid Haned, a annoncé le dépôt officiel d’une demande d’agrément pour l’ouverture d’une succursale à Niamey.

L’offensive économique algérienne sur le continent africain franchit une nouvelle étape. À travers l’expansion progressive de ses établissements bancaires en Afrique de l’Ouest, l’Algérie cherche désormais à transformer sa présence diplomatique et commerciale en véritable influence financière régionale. Une dynamique qui s’est de nouveau confirmée dimanche dernier à Alger, lors de l’AFIC organisé par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID). Les banques deviennent les nouveaux éclaireurs de la stratégie économique africaine d’Alger. Le soft power version guichet bancaire, virements SWIFT et accompagnement d’exportateurs. Les temps changent.
En tout cas, selon M. Haned, l’implantation bancaire au Niger devrait voir le jour d’ici la fin de l’année en cours ou au début de l’année 2027. Cette ouverture s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence bancaire algérienne sur le continent africain afin d’accompagner les entreprises nationales, les investisseurs et les opérateurs économiques engagés dans les échanges intra-africains.
M. Haned a expliqué que cette implantation au Niger représente « une nouvelle valeur ajoutée et une étape importante » dans le développement continental de la banque. Il a notamment mis en avant les importantes perspectives économiques offertes par le marché nigérien, mais également la dynamique de coopération née des récents accords conclus entre Alger et Niamey dans plusieurs secteurs stratégiques. Parmi ces projets figurent notamment les accords signés par Sonelgaz, Sonatrach et Algérie Télécom, qui ouvrent la voie à une intensification des échanges dans les domaines de l’énergie, des télécommunications et des infrastructures. Dans ce contexte, la présence d’établissements bancaires algériens apparaît comme un outil indispensable pour sécuriser les flux financiers, accompagner les investissements et fluidifier les transactions commerciales.

Une logistique bancaire stratégique
Le responsable a également révélé qu’une autre succursale de la Banque algérienne au Sénégal devrait être ouverte ultérieurement en Côte d’Ivoire, avec l’ambition de transformer progressivement l’ABS en véritable «pôle bancaire régional » en Afrique de l’Ouest.
Au-delà du simple financement, la banque développe également une approche d’accompagnement global des opérateurs économiques. C’est une logistique et une gestion stratégique. Selon M. Haned, l’établissement fournit des services de conseil stratégique aux investisseurs algériens souhaitant accéder au marché sénégalais, notamment en matière de réglementation, d’environnement juridique et d’identification des secteurs les plus rentables. Cette logique illustre un changement profond dans la vision économique algérienne. Pendant longtemps, les relations commerciales africaines se heurtaient à un problème structurel majeur : l’absence d’outils bancaires capables d’accompagner les entreprises nationales sur le terrain. Désormais, Alger semble vouloir combler ce vide en construisant progressivement un réseau financier continental capable de soutenir sa stratégie d’exportation hors hydrocarbures.
Créée avec un capital de 100 millions de dollars, la Banque algérienne au Sénégal repose sur un consortium réunissant plusieurs grandes banques publiques algériennes : la Banque nationale d’Algérie (40 %), le Crédit populaire algérien (20 %), la Banque extérieure d’Algérie (20 %) et la Banque de l’agriculture et du développement rural (20 %).
Dans le même esprit, le directeur exécutif de la Banque algérienne en Mauritanie (Algerian Union Bank-AUB), Aboubacar Diallo, a mis en avant la progression rapide des échanges économiques entre Alger et Nouakchott depuis l’ouverture de trois agences bancaires algériennes en Mauritanie.
Selon lui, le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint près de 500 millions de dollars durant l’année écoulée, confirmant la montée en puissance du partenariat économique entre les deux pays.

Des débats constructifs lors de l’AFIC
Par ailleurs, notons que les discussions organisées durant cette deuxième journée de l’AFIC ont également permis de mettre en lumière les grands défis structurels auxquels fait face le continent africain. Ministres, experts, chefs d’entreprise et techniciens ont insisté sur la nécessité d’investir davantage dans le capital humain, de moderniser les systèmes financiers et de renforcer l’intégration économique régionale.
Plusieurs intervenants ont plaidé pour la création d’une plateforme numérique africaine unifiée destinée à faciliter les échanges de données, le transfert de connaissances et les paiements interafricains. Derrière ces propositions se dessine une idée de plus en plus assumée : celle d’une Afrique qui cherche à construire ses propres circuits économiques, financiers et technologiques, moins dépendants des infrastructures extérieures.
Dans cette recomposition progressive des équilibres économiques africains, l’Algérie tente clairement de se positionner comme un acteur structurant. Les banques, longtemps perçues comme de simples outils financiers, deviennent désormais des instruments d’influence, de projection économique et de souveraineté régionale. Parce qu’au fond, contrôler les flux financiers, c’est aussi participer à écrire les nouvelles routes du commerce africain.
G. S. E.

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