
Lors d’une conférence scientifique organisée jeudi dernier à Alger, des acteurs du secteur financier ont affiché une ambition claire : réduire progressivement la dépendance au financement bancaire classique et ouvrir davantage l’économie nationale à des mécanismes de financement alternatifs.
Organisée par la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse en collaboration avec l’Ecole supérieure de la banque, cette rencontre placée sous le thème « Financement de l’économie nationale : vers un modèle multi-acteurs » a réuni experts, représentants du secteur bancaire et responsables financiers autour d’un même constat : la diversification des sources de financement devient indispensable pour soutenir durablement la croissance économique.
Les intervenants ont notamment insisté sur le rôle stratégique du marché financier et particulièrement de la Bourse dans le financement des entreprises et des projets créateurs de valeur ajoutée. Ils ont également plaidé pour le développement du capital-investissement, des fonds d’investissement et du financement participatif, considérés comme des leviers capables de dynamiser davantage l’investissement productif.
Dans une allocution lue en son nom par le vice-gouverneur Mouatassem Boudiaf, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Lamine Lebbou, a rappelé que « la diversification des sources et des modes de financement de l’économie n’est plus un simple choix mais une nécessité imposée par les mutations accélérées ». Il a également souligné que les transformations du marché financier mondial imposent aux institutions financières de moderniser leurs méthodes de travail, notamment dans les domaines de la régulation, de la Fintech et de la promotion de l’investissement.
De son côté, le président de la COSOB, Youcef Bouzenada, a estimé que l’économie nationale devrait désormais sortir de sa dépendance historique aux mécanismes conventionnels de financement. Selon lui, l’implication de nouveaux acteurs financiers, combinée au renforcement du rôle de la Bourse d’Alger, constitue une étape essentielle dans la modernisation du système économique national.
Même son de cloche du côté de la directrice générale de la Bourse d’Alger, Amel Selmoun, qui a mis en avant la montée en puissance progressive de la place boursière algérienne. Elle a souligné que la Bourse représente aujourd’hui une alternative crédible pour mobiliser l’épargne et orienter les capitaux vers l’investissement productif. Une dynamique renforcée, selon elle, par les réformes réglementaires engagées, les nouvelles introductions en bourse de banques publiques et d’une start-up, ainsi que par l’accélération de la numérisation du secteur financier.
Au-delà des débats techniques, cette conférence visait également à sensibiliser les étudiants et futurs acteurs économiques à l’importance d’un modèle de financement plus ouvert et plus diversifié.
G. S. E.
