
Hier, les épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) ont officiellement débuté à travers l’ensemble du territoire national. Plus de 877 000 candidats, répartis sur 3 167 centres d’examen, ont pris part à cette étape charnière du système éducatif.
L’équipe d’Alger 16 s’est rendue au lycée Omar-Ibn El-Khattab (Sacré-Cœur), situé en plein centre d’Alger, pour suivre de près le déroulement de cette journée décisive dans le parcours scolaire de milliers d’élèves.
Reportage réalisé par Abir Menasria et Amira Benhizia
Au cours de la matinée, une ambiance particulière était visible aux abords du centre d’examen. Des parents devant les portes, un silence tendu, des conversations sur comment il faudrait soutenir et encourager ses enfants. À l’intérieur, on ne parlait pas du tout. Les élèves ont composé sur les épreuves de langue arabe et de physique, premières épreuves d’un marathon qui s’étale sur trois jours.
À la sortie, après les deux premières épreuves de la matinée, les élèves ont retrouvé une tout autre atmosphère. Les portes à peine ouvertes, les regards se croisent, les réactions se mélangent et les parents, massés à l’extérieur, scrutent chaque visage avec impatience. Entre sourires soulagés, larmes de stress ou de fatigue et expressions encore figées par la pression de l’examen, la scène oscille entre joie et tension. Un moment suspendu où chaque élève raconte, à sa manière, la difficulté ou la facilité de ces premières épreuves, sous les yeux de familles venues partager, jusqu’au bout, cette étape décisive.
Les réactions restent globalement positives. Echangeant avec Alger16, suite à l’autorisation de leurs parents, plusieurs élèves avaient l’air satisfaits. C’est le cas de Sirine, élève, qui nous a décrit une première expérience plutôt rassurante : « Aujourd’hui, on a passé l’arabe, c’était facile et abordable, mais la physique était un peu plus difficile. » Elle insiste surtout sur le rôle central de sa mère dans sa préparation, un soutien constant tout au long de l’année. Bien préparée, elle affirme avoir abordé l’examen avec sérénité.
Même constat chez Aya, qui parle d’épreuves accessibles mais demandant de la concentration. Elle met en avant une organisation fluide et une ambiance « dynamique et bien encadrée ». Elle souligne également l’accompagnement moral de sa famille, présente à chaque étape de sa préparation.
Une autre candidate, particulièrement émue, n’a pas caché à Alger16 son émotion au moment de s’exprimer. Présente aux côtés de sa mère, elle a tenu à lui adresser ses remerciements, affirmant que le soutien psychologique avait été déterminant dans sa préparation : « Elle m’a aidée à me préparer mentalement, c’est très important pour les examens. » Elle se dit confiante pour la suite, notamment pour les épreuves d’éducation religieuse et d’éducation civique.
Du côté des parents, l’atmosphère est plus partagée entre fierté et inquiétude. Une mère interrogée exprime son appréhension face à la densité des programmes scolaires et à la pression qui pèse sur les élèves. Elle insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique solide durant cette période sensible, tout en lançant un message de soutien général. « Ma fille est mon soutien, elle est comme ma mère », confie-t-elle avec émotion, avant de souhaiter la réussite à l’ensemble des candidats.
Sur le plan organisationnel, les autorités ont déployé un dispositif renforcé afin de garantir le bon déroulement des épreuves. Des patrouilles de la Sûreté nationale ont été mobilisées autour des centres pour assurer la fluidité de la circulation, éviter les attroupements et sécuriser les accès, tandis que des équipes spécialisées encadrent le transport des sujets d’examen et la collecte des copies dans des conditions strictement contrôlées.
Par ailleurs, un dispositif de prévention a été mis en place en coordination avec les secteurs concernés, notamment le ministère de la Justice, afin de lutter contre toute tentative de fraude ou de fuite des sujets dans un contexte où les risques liés aux outils numériques exigent une vigilance accrue.
Au terme de cette première journée, les élèves interrogés retiennent une expérience intense mais globalement positive. Entre stress initial, soulagement après les premières épreuves et confiance prudente pour la suite, chacun mesure déjà l’enjeu des prochains examens. Les regards se tournent désormais vers les mathématiques et le français, épreuves redoutées qui pourraient bien faire basculer les dernières certitudes.
Ab. M. et A. B.
