53e anniversaire de la lutte armée sahraouie: attachement constant au droit à l’autodétermination et à l’indépendance 

Le peuple sahraoui commémore, mercredi dans les territoires occupés et les camps de réfugiés ainsi qu’au sein de la diaspora, le 53e anniversaire du déclenchement de sa lutte armée, une étape décisive dans l’histoire de son combat pour l’indépendance et une occasion pour réaffirmer l’attachement indéfectible au droit légitime et inaliénable à l’autodétermination sous la conduite du Front Polisario.

Cet anniversaire intervient alors que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) continue de consolider sa présence aux niveaux régional et international, à la faveur de victoires diplomatiques et juridiques, d’acquis politiques et d’un large consensus national autour des objectifs du Front populaire de libération de la Seguia el-Hamra et du Rio de Oro (Front Polisario), dans un contexte de condamnation des violations commises par l’occupation marocaine à l’encontre du peuple sahraoui.

Le déclenchement de la lutte armée le 20 mai 1973 reflète la conviction du peuple sahraoui de la justesse de sa cause et a permis d’acter sa rupture avec une période de domination coloniale. Ce jour-là, les Sahraouis avaient décidé, sous la houlette du Front Polisario, unique et légitime représentant du peuple sahraoui, de prendre les armes pour arracher leur indépendance face à l’occupation, d’abord espagnole et ensuite contre le Maroc, qui avait envahi les territoires sahraouis en 1975.

A cette date historique, un groupe de Sahraouis avait décidé d’attaquer le poste espagnol d’El Khanga, à l’est de la ville de Smara. Cette opération annonçait alors le déclenchement de la lutte armée au Sahara occidental, suivant les résolutions prises dix jours avant, soit le 10 mai, lors du Congrès constitutif du Front Polisario qui avait décrété dans son texte fondateur que « c’est par le fusil que la liberté sera arrachée ».

Ces évènements ont constitué un tournant dans le parcours de la cause sahraouie, contribuant à l’unité interne et à la diversification des formes de lutte politique, diplomatique et militaire, et ont également attiré l’attention de la communauté internationale sur la question et déstabilisé l’administration coloniale espagnole, la poussant finalement à se retirer du territoire, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles ambitions expansionnistes.

A la fin de l’année 1975, le conflit est entré dans une nouvelle phase avec l’invasion marocaine du Sahara occidental. L’Armée de libération populaire sahraouie a alors engagé des affrontements militaires contre les forces d’occupation marocaines, qui ont utilisé divers types d’armes interdites au niveau international pour bombarder des civils sans défense.

Durant les années de guerre, les forces sahraouies ont intensifié leurs opérations menant des attaques contre des positions et bases militaires marocaines. Cela a poussé le Maroc à construire le mur de sable, long de milliers de kilomètres et doté de mines et de fortifications, sans pour autant empêcher l’armée sahraouie de poursuivre ses opérations parallèlement à des efforts diplomatiques ayant conduit le Maroc à accepter le plan de paix de l’ONU prévoyant un cessez-le-feu et l’organisation d’un référendum d’autodétermination.

Le cessez-le-feu est entré en vigueur en 1991 sous l’égide des Nations unies, mais le processus de règlement est resté bloqué en raison du refus du Maroc de se conformer aux résolutions onusiennes prévoyant l’organisation du référendum, en contradiction avec la légalité internationale. Cette situation a entraîné une persistance des tensions, notamment après la reprise des actions militaires contre les civils sahraouis.

La violation du cessez-le-feu par le Maroc, notamment l’intervention de ses forces le 13 novembre 2020 contre des manifestants civils pacifiques dans la zone tampon de Guerguerat, a conduit la direction sahraouie à annoncer, le 14 novembre, la reprise de la lutte armée afin de protéger son peuple et poursuivre le combat jusqu’à la libération complète des territoires occupés.

Depuis la rupture du cessez-le-feu, l’occupation marocaine recourt à des armes sophistiquées, y compris des drones, contre les civils sahraouis. En parallèle, les unités de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) poursuivent leurs attaques contre les positions des forces marocaines, leur infligeant de lourdes pertes.

Ainsi, la commémoration du déclenchement de la lutte armée revêt une forte portée symbolique pour les Sahraouis. Elle est marquée chaque année par des rassemblements populaires, des conférences politiques et culturelles retraçant le parcours de la lutte nationale et les évolutions de la question sahraouie sur les plans régional et international.

Cet anniversaire constitue également une occasion de renouveler les appels en faveur d’une solution politique au conflit du Sahara occidental, conformément aux résolutions des Nations unies garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Par ailleurs, la communauté internationale poursuit inlassablement ses efforts à travers la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et les initiatives de l’envoyé spécial de l’ONU pour relancer le processus politique.

ALGER 16 DZ

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