
Une commission internationale indépendante des Nations unies a rendu un rapport accablant hier, pointant des « crimes de guerre » et une « extermination » commise par l’entité sioniste dans la bande de Ghaza. L’attaque systématique contre les écoles, les sites religieux et culturels y est décrite comme une tentative délibérée de démantèlement de l’identité palestinienne.
Dans ce rapport détaillé, la commission onusienne insiste : « La vaste destruction matérielle de Ghaza, le démantèlement de son système éducatif et les attaques contre les sites culturels et religieux (…) n’affectent pas seulement les Palestiniens à l’heure actuelle, mais compromettent également l’avenir du peuple palestinien, y compris son droit à l’autodétermination ». Selon les conclusions du rapport, les forces de l’occupation ont mené une campagne militaire d’une intensité sans précédent, ciblant délibérément des infrastructures civiles essentielles. Dans un communiqué accompagnant le document, la commission déplore que « l’entité sioniste ait anéanti le système éducatif de Ghaza et détruit plus de la moitié des sites religieux et culturels de Ghaza, dans le cadre d’un assaut généralisé et incessant contre le peuple palestinien au cours duquel les forces (sionistes) ont commis des crimes de guerre et le crime contre l’humanité d’extermination en tuant des civils réfugiés dans des écoles et des sites religieux. »
Ces actes, qualifiés de crimes contre l’humanité, témoignent selon les experts d’une volonté manifeste de faire disparaître les fondements mêmes de la vie collective palestinienne.
Les enfants de Ghaza ont perdu leur enfance
Dans la suite de son rapport alarmant, la commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies pointe une attaque frontale contre l’essence même de la société palestinienne, ciblant les repères éducatifs, religieux, culturels et identitaires du peuple de Ghaza et de Cisjordanie.
« Le fait que (l’entité sioniste) prenne pour cible la vie éducative, culturelle et religieuse du peuple palestinien portera préjudice aux générations actuelles et futures, en entravant leur droit à l’autodétermination », déclare Navi Pillay, présidente de la commission. Ancienne Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, ex-juge à la Cour pénale internationale et présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, elle souligne la gravité historique de ces actes.
« Les enfants de Ghaza ont perdu leur enfance », déplore-t-elle encore, en insistant sur « la généralisation des attaques contre les centres d’enseignement (…) bien au-delà de Ghaza », ce qui indique une stratégie globale de démantèlement éducatif.
Mme Pillay alerte également sur une autre facette de la destruction en cours : « Le ciblage et la destruction de sites patrimoniaux, la limitation de l’accès à ces sites en Cisjordanie et l’effacement de leur histoire hétérogène érodent les liens historiques des Palestiniens avec la terre et affaiblissent leur identité collective ».
La commission, qui a publié plusieurs rapports depuis le début de l’agression génocidaire entamée le 7 octobre 2023, met aussi en lumière une autre urgence : la famine qui menace la population de Ghaza, conséquence directe d’un blocus asphyxiant et de restrictions sévères sur l’aide humanitaire, dénoncées à plusieurs reprises par l’ONU.
G. Salah Eddine
