
Chaque année à l’occasion de l’Aïd El-Adha, l’Algérie met en place une campagne nationale de collecte et de valorisation des peaux de mouton. Selon Fazia Ameziani, sous-directrice de la politique environnementale et urbaine au ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie, cette initiative s’intègre dans une stratégie globale visant à mieux organiser la gestion des déchets tout en réduisant leur impact sur l’environnement.
Cette opération de collecte et de valorisation, dépasse aujourd’hui le simple cadre de l’hygiène publique pour s’inscrire dans une logique plus large de gestion durable des déchets et de promotion de l’économie circulaire. Mme Ameziani explique que l’objectif est double : améliorer la propreté urbaine et transformer un déchet saisonnier en ressource économique exploitable.
Dans une déclaration à l’APS, elle précise que cette démarche repose sur une vision plus large de la gestion des déchets, qui ne se limite pas à leur élimination, mais cherche à développer de véritables filières de recyclage capables de générer de la valeur économique et écologique. Une orientation qui s’inscrit, selon elle, dans les principes de l’économie circulaire et du développement durable.
Dans ce cadre, le ministère de l’Industrie et celui de l’Environnement ont lancé une campagne nationale de collecte des peaux issues du sacrifice. L’objectif est de les récupérer, les traiter et les réintroduire dans des circuits industriels afin de réduire le gaspillage et renforcer la production locale.
Les autorités insistent ainsi sur le rôle des citoyens dans cette chaîne. Il est recommandé de conserver les peaux après le sacrifice, de les saler et de les sécher correctement avant de les déposer dans les points de collecte mis en place à travers le territoire national.
Chaque année, une campagne de sensibilisation accompagne ce dispositif. Elle est menée en coordination avec les directions de wilaya, l’Agence nationale des déchets (AND) et le Conservatoire national des formations à l’environnement (CNFE), afin d’informer les citoyens sur les bonnes pratiques, les horaires et les points de dépôt.
En amont de l’Aïd, des réunions de préparation sont organisées sous la supervision des autorités locales, avec la participation des services environnementaux et des acteurs concernés. Ces rencontres permettent de définir un plan d’action précis et d’assurer la coordination entre les différents intervenants.
Selon Mme Ameziani, cette organisation repose sur une collaboration étroite entre les directions de l’environnement, les opérateurs industriels, les collectivités locales et les structures de collecte. Cette coordination permet notamment d’optimiser les circuits de ramassage et de garantir la disponibilité des moyens nécessaires, notamment le sel utilisé pour la conservation des peaux.
Une fois collectées, les peaux sont acheminées vers des centres spécialisés où elles sont triées, traitées et préparées. Ce processus permet de limiter leur dégradation, de réduire les risques sanitaires et de sélectionner les matières pouvant être valorisées dans l’industrie.
Au-delà de son aspect logistique, cette opération traduit une volonté plus large : transformer une contrainte environnementale saisonnière en opportunité économique, tout en ancrant progressivement les principes de l’économie circulaire dans les pratiques quotidiennes.
A. M.
