Séminaire de l’ONU sur la décolonisation : L’Algérie réaffirme les fondements juridiques du règlement de la question du Sahara occidental

À l’heure où la question du Sahara occidental connaît du nouveau, l’Algérie a réaffirmé, depuis Managua au Nicaragua, sa position constante en faveur d’un règlement fondé sur la légalité internationale et le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Une position défendue avec fermeté lors des travaux du séminaire régional annuel des Nations unies sur la décolonisation, organisé du 25 au 27 mai sous l’égide du Comité spécial de la décolonisation des Nations unies (C-24).
La délégation algérienne, conduite par le représentant permanent adjoint auprès des Nations unies, l’ambassadeur Toufik Koudri, a développé une argumentation centrée sur les fondements juridiques et historiques du processus de décolonisation, tout en réfutant les lectures présentées par la partie marocaine.
Lors de son intervention, M. Koudri a rappelé une réalité : le Sahara occidental demeure, selon les Nations unies, un territoire non autonome dont le processus de décolonisation n’a pas encore abouti.
À cet égard, il a souligné que le Sahara occidental reste le dernier territoire du continent africain inscrit sur la liste des territoires à décoloniser relevant du Comité des 24 des Nations unies. Une situation qui, selon lui, confère à cette question une dimension juridique particulière, distincte des autres différends régionaux.
Dans son intervention, le diplomate algérien a insisté sur le fait que les différentes résolutions adoptées au fil des années par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité convergent toutes vers un même principe : la reconnaissance du droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir.
Pour la délégation algérienne, ce principe ne constitue pas un élément accessoire du processus politique, mais son fondement même.
M. Koudri a ainsi rappelé que « toutes les résolutions pertinentes adoptées par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l’ONU, concernant le Sahara occidental, consacrent le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination ».
Il a également souligné que « toutes les initiatives de l’ONU concernant le Sahara occidental ont toujours été et resteront conformes à ce principe qui constitue le fondement de la doctrine onusienne de décolonisation ».

La légalité internationale comme référence
Au-delà du rappel historique, l’intervention algérienne s’est attachée à réaffirmer le rôle central des Nations unies dans la détermination du statut final du territoire.
Selon M. Koudri, aucune évolution politique ou diplomatique extérieure au cadre onusien ne saurait se substituer aux mécanismes internationaux prévus pour régler la question. Il a ainsi estimé qu’aucune démarche unilatérale ne peut modifier la nature juridique du dossier.
Dans ce contexte, il a affirmé qu' »aucun fait accompli, ni encore moins aucun procédé transactionnel, ne saurait contourner la légitimité onusienne, qui demeure l’unique détenteur du sceau de la légalité pour la détermination du statut final du Sahara occidental ».
L’un des éléments marquants de l’intervention algérienne concerne la reprise, au début de l’année en cours, des pourparlers directs entre le royaume du Maroc et le Front Polisario sous l’égide conjointe des Nations unies et des États-Unis.
Pour Alger, cette évolution constitue un développement significatif susceptible de redynamiser le processus politique longtemps resté dans l’impasse.
M. Koudri a rappelé que l’Algérie avait favorablement accueilli cette reprise du dialogue, soulignant qu’elle avait été associée au processus aux côtés de la Mauritanie en tant qu’État voisin observateur.
Le diplomate a également tenu à rappeler que l’Algérie a toujours défendu le principe de négociations directes entre les deux parties concernées par le conflit, considérant que seule une solution issue d’un dialogue politique peut permettre d’aboutir à un règlement durable.
Pour la délégation algérienne, la reprise des contacts directs entre Rabat et le Front Polisario marque également une évolution importante dans l’approche internationale du dossier. M. Koudri a estimé que cette dynamique a contribué à replacer les deux parties au centre du processus politique, conformément aux résolutions onusiennes, tout en redonnant de la visibilité à la recherche d’une solution négociée.
M. Koudri a ainsi réitéré la détermination de l’Algérie à accompagner les efforts destinés à aboutir à « une solution pacifique, juste, durable et mutuellement acceptable qui garantisse au peuple sahraoui l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination, en pleine conformité avec la Charte des Nations unies et les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité ».
En conclusion, le diplomate a rappelé un principe que l’Algérie considère comme central dans toute perspective de règlement : « Le présent et l’avenir du Sahara occidental appartiennent aux Sahraouis », soulignant que ceux-ci doivent demeurer les premiers concernés et les principaux bénéficiaires de toute solution politique finale qui émergerait des négociations entre le Front Polisario et le Maroc.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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