
La constipation est un problème digestif relativement fréquent chez l’enfant. Elle peut être source d’inconfort, de douleurs abdominales et parfois d’une véritable gêne au quotidien. Les selles dures, difficiles à évacuer, ainsi que les maux de ventre figurent parmi les symptômes les plus couramment observés. Dans de nombreux cas, une adaptation de l’alimentation permet d’améliorer la situation, mais d’autres facteurs peuvent également entrer en jeu. Un changement d’environnement, une période de stress ou certains événements familiaux peuvent notamment perturber le transit intestinal. Ce trouble représente d’ailleurs jusqu’à 5 % des consultations en pédiatrie.
Comment fonctionne la digestion ?
La digestion débute dès la bouche, où les aliments sont broyés par la mastication avant d’être acheminés vers l’estomac via l’œsophage. Dans l’estomac, ils subissent une première phase de transformation sous l’action des sucs gastriques.
Les aliments poursuivent ensuite leur trajet dans l’intestin grêle, où une grande partie des nutriments indispensables à l’organisme est absorbée. Ils passent ensuite dans le côlon, qui joue un rôle essentiel dans la formation des selles. Tout au long de ce parcours, le microbiote intestinal participe à la dégradation des aliments. Les résidus non assimilés sont progressivement transformés en matières fécales.
Lorsque les selles s’accumulent dans le rectum, elles exercent une pression sur sa paroi, déclenchant ainsi l’envie d’aller à la selle. La contraction coordonnée du côlon et des muscles abdominaux permet alors leur évacuation.
Qu’est-ce que la constipation chez l’enfant ?
La constipation correspond à un ralentissement du transit intestinal entraînant des difficultés d’évacuation des selles. Sa définition varie selon l’âge de l’enfant, car la fréquence normale des selles évolue au fil de la croissance.
Chez le nourrisson, on parle généralement de constipation lorsque les difficultés à évacuer les selles persistent pendant au moins un mois. Chez l’enfant plus âgé, ce délai est plutôt de deux mois. Ce phénomène résulte d’une progression trop lente des selles dans le côlon, principal organe impliqué dans leur élimination.
La fréquence des selles diminue naturellement avec l’âge. Chez un nourrisson nourri au biberon, l’émission d’au moins une selle par jour est souvent observée, tandis que chez un bébé allaité, le rythme peut être beaucoup plus variable sans que cela soit inquiétant. Plus tard, chez l’enfant, un rythme d’au moins trois selles par semaine est généralement considéré comme normal.
Les bébés de moins de deux mois sont rarement concernés par la constipation. En revanche, ce trouble est particulièrement fréquent entre 6 mois et 4 ans, période marquée par la diversification alimentaire et l’apprentissage de la propreté.
Il est important de noter qu’un enfant peut avoir des selles peu fréquentes tout en étant en parfaite santé, à condition que celles-ci restent souples et qu’aucun symptôme associé ne soit présent. La constipation est surtout caractérisée par un espacement anormal des selles ou par une modification de leur consistance. Les selles deviennent alors plus dures, parfois volumineuses, et leur évacuation peut provoquer des douleurs abdominales, voire des nausées ou des vomissements dans certains cas.
On distingue généralement deux formes de constipation :
- La constipation occasionnelle, qui survient de façon ponctuelle ;
- La constipation chronique, lorsque les symptômes persistent pendant plus de six mois.
Comment reconnaître la constipation ?
Plusieurs signes peuvent alerter les parents :
- Des selles dures, sèches ou difficiles à évacuer ;
- Des douleurs lors du passage aux toilettes ;
- Une alternance entre selles liquides et selles très dures, parfois appelée « fausse diarrhée » ;
- Une impression d’évacuation incomplète malgré des selles quotidiennes ;
- Des efforts importants pour déféquer ;
- Une diminution de l’appétit ;
- Des douleurs abdominales ou des ballonnements.
Chez le nourrisson, les selles prennent souvent l’aspect de petites billes dures et leur évacuation demande des efforts visibles. Chez l’enfant plus grand, la constipation se manifeste surtout par des selles peu fréquentes et particulièrement compactes.
Les principales causes
Dans près de 95 % des cas, la constipation de l’enfant est dite « fonctionnelle ». Elle n’est pas liée à une maladie grave ni à une anomalie anatomique. Elle résulte généralement de facteurs alimentaires, comportementaux ou émotionnels.
Plusieurs éléments peuvent favoriser son apparition :
- Une consommation insuffisante d’eau ;
- Une alimentation pauvre en fibres ;
- La prise de certains médicaments ;
- Un changement d’environnement ou de rythme de vie ;
- Une période de stress ou d’anxiété ;
- Une mauvaise position sur les toilettes ;
- Un apprentissage de la propreté trop précoce ou vécu de manière difficile.
Malgré l’inconfort qu’elle provoque, cette forme de constipation reste généralement bénigne et répond bien à des mesures adaptées.
La constipation organique
Plus rare, la constipation organique représente environ 5 % des cas. Elle est liée à une cause médicale sous-jacente et apparaît souvent dès les premiers mois de vie.
Parmi les pathologies pouvant être en cause figurent :
- La maladie de Hirschsprung ;
- Certaines malformations de l’anus ou du sphincter ;
- Les maladies neurologiques ou endocriniennes, notamment l’hypothyroïdie ;
- La mucoviscidose ;
- Certaines intoxications, notamment au plomb ;
- La prise de médicaments spécifiques, comme certains antalgiques opioïdes.
Dans ces situations, un avis médical est indispensable afin d’identifier et de traiter la cause du problème.
