Diego Mellado Pascua, ambassadeur de l’Union européenneen Algérie, à Alger 16 : «L’Algérie est déjà un partenaire à part entière de l’UE»

Rencontré lors de la conférence de presse oganisée à l’occasion de la 26e édition du Festival européen de musique organisée à Alger (du 13 au 16 juin 2026), l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado Pascua, revient sur les enjeux de cet événement culturel, les échanges entre les jeunesses algérienne et européenne, ainsi que les perspectives du partenariat entre l’Algérie et l’Union européenne. Il évoque également le Pacte pour la Méditerranée, les projets liés à l’hydrogène vert et les ambitions communes en matière de connectivité, d’investissement et de mobilité.

Entretien réalisé par Cheklat Meriem

Alger 16 : Quel regard portez-vous sur votre séjour dans le pays ?
S.E.M Diego Mellado Pascua :
Très bien. J’aime beaucoup l’Algérie. Cela fait un peu plus d’un an et demi que je suis ici et je m’y plais énormément. C’est un très beau pays, avec une population particulièrement accueillante et de nombreuses choses intéressantes à découvrir et à faire.

L’Union européenne (UE) parle souvent de partenariat égal avec l’Algérie. Concrètement, à quel moment l’Algérie devient-elle un partenaire décisionnel et non plus seulement un fournisseur d’énergie ?
L’Algérie est déjà un partenaire à part entière. Nos relations reposent sur des échanges mutuellement bénéfiques que nous devons naturellement continuer à renforcer et à adapter aux évolutions du contexte international. C’est précisément dans cet esprit que nous proposons aujourd’hui le Pacte pour la Méditerranée. Cette vision plus large de nos relations prend en compte les réalités géopolitiques actuelles, ainsi que les acquis construits dans le cadre de l’accord d’association et des partenariats énergétiques. Nous souhaitons également approfondir notre dialogue dans le domaine de la mobilité des personnes, développer davantage les échanges économiques et favoriser une meilleure intégration de nos chaînes de valeur.

L’hydrogène vert est présenté comme un futur pilier de la transition énergétique. Existe-t-il une véritable stratégie commune ou s’agit-il simplement d’un nouveau concept diplomatique ?
L’hydrogène vert est déjà une réalité. Des projets concrets sont en cours, y compris en Algérie. En Europe, il fait partie des priorités de la transition énergétique. L’Union européenne investit des montants très importants dans ce domaine, notamment en Égypte, en Jordanie, au Maroc et en Tunisie. Nous sommes donc dans une logique d’investissements réels et de projets structurants, bien au-delà d’un simple discours.

Quel est le scénario stratégique réel de l’Union européenne pour l’Afrique du Nord au-delà des communiqués diplomatiques ?
Notre vision s’articule autour du Pacte pour la Méditerranée. Il s’agit de construire un espace commun entre l’Europe et les pays d’Afrique du Nord, un espace qui existe déjà en partie mais que nous voulons développer davantage et rendre plus concret. Cette démarche comporte à la fois une dimension bilatérale et une dimension régionale. Nous souhaitons renforcer nos liens dans les domaines de l’énergie, de l’économie, de l’investissement, ainsi que de la mobilité des personnes. C’est aujourd’hui le cadre stratégique qui guide nos relations avec les pays de la région.

Vous avez déjà évoqué l’initiative «Pacte pour la Méditerranée ». Ce projet avance-t-il concrètement ?
Oui, il avance concrètement. Des propositions existent déjà au niveau européen et plusieurs projets régionaux ont été présentés, notamment dans le domaine de la connectivité entre l’Europe et le sud de la Méditerranée. Sur le plan bilatéral, nous poursuivons également les discussions avec l’Algérie dans le cadre d’une réflexion plus large sur l’avenir de nos relations. La visite récente de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée illustre cette dynamique. Le Pacte pour la Méditerranée est donc une démarche bien réelle, portée au plus haut niveau politique et traduite par des échanges et des projets concrets.

La 26e édition du Festival européen de musique intervient dans un contexte de renforcement des relations culturelles entre l’Algérie et l’Union européenne. Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cet événement ?
À travers cet événement, nous souhaitons mettre en valeur l’importance que nous accordons à la culture algérienne. Le festival accueille d’ailleurs des artistes et des musiciens algériens qui échangeront avec leurs homologues européens. C’est également l’occasion de faire découvrir au public la richesse et la diversité des cultures européennes grâce à la participation de groupes venus de plusieurs pays. Nous avons réuni une programmation de très grande qualité. Certains artistes invités se produisent sur les plus grandes scènes internationales. Le groupe espagnol, par exemple, se produit actuellement devant le pape en Espagne, tandis que le groupe italien bénéficie d’une grande notoriété dans son pays et que le groupe croate rassemble des dizaines de milliers de spectateurs lors de ses concerts. Nous proposons ainsi une offre artistique de haut niveau au public algérien.

Comment l’Union européenne accompagne-t-elle les échanges culturels et artistiques entre les jeunes Algériens et les pays européens au-delà de cet événement ?
Notre action ne se limite pas à ce festival. Nous soutenons également de nombreuses initiatives dans les domaines du cinéma, de l’art contemporain, de l’artisanat et de la littérature. Nous organisons notamment des rencontres entre écrivains et créateurs. L’objectif est de favoriser les échanges entre les jeunes des deux rives de la Méditerranée et de créer davantage de passerelles culturelles à travers différentes disciplines artistiques.

Ch. M.

ALGER 16 DZ

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37