
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a exposé, hier, la stratégie nationale de lutte contre le trafic et la consommation de drogues, fondée sur trois axes complémentaires : la prévention, le traitement et la dissuasion. Il a souligné que l’Algérie privilégie une approche globale associant les institutions publiques, les acteurs sociaux et les citoyens afin de faire face à un phénomène aux multiples ramifications.
Intervenant lors de la cérémonie commémorative de la Journée internationale de lutte contre la drogue, organisée sous le haut patronage du président de la République, le Premier ministre a indiqué que « l’État algérien a choisi de traiter ce fléau selon une vision stratégique globale et multidimensionnelle, basée sur l’approche participative de tous les acteurs et intervenants ».
Selon lui, cette stratégie repose sur « un diagnostic précis et global du phénomène » visant à l’éradiquer à la racine et à tarir ses sources. Elle s’appuie sur une démarche intégrée combinant prévention, prise en charge des personnes dépendantes et répression des réseaux criminels, dans le cadre d’une action coordonnée et permanente.
Une responsabilité collective
Sifi Ghrieb a insisté sur la nécessité d’un engagement collectif et d’une forte intégration institutionnelle et sociale pour atteindre les objectifs fixés. Il a rappelé que la prévention passe notamment par le renforcement des actions de sensibilisation et d’éducation, l’amélioration des dispositifs de traitement et de réinsertion sociale des personnes dépendantes, ainsi que par l’adoption d’une politique pénale rigoureuse.
Cette politique comprend également le démantèlement des réseaux de trafic, l’assèchement des sources d’approvisionnement, le renforcement de la coopération internationale et l’intensification de la coordination régionale dans la lutte contre la criminalité transfrontalière. « Cette bataille ne peut être gagnée uniquement par les efforts institutionnels », a-t-il affirmé, estimant qu’elle nécessite « une mobilisation nationale globale » impliquant l’ensemble des forces vives de la société afin de constituer un front uni contre ce qu’il a qualifié de menace pour le présent et l’avenir du pays.
Une lutte sur plusieurs fronts
Le Premier ministre a souligné que la lutte contre la drogue constitue « une bataille sur plusieurs fronts », exigeant une coordination étroite entre les pouvoirs publics et les différentes composantes de la société.
Si la dimension sécuritaire demeure essentielle, elle ne saurait, selon lui, suffire à elle seule. Il a plaidé pour le développement d’une véritable culture de prévention, l’élargissement des opportunités offertes aux jeunes sur les plans social, sanitaire et économique, ainsi que pour l’assèchement des circuits de promotion et de consommation des stupéfiants.
À ce titre, il a considéré la Journée internationale de lutte contre la drogue comme « une étape importante » pour renforcer la coopération entre les différents intervenants et favoriser l’échange d’expériences fondées sur une analyse scientifique des évolutions du phénomène et de ses conséquences.
Vers un arsenal juridique renforcé
Évoquant le volet législatif, Sifi Ghrieb a mis en avant la révision approfondie du cadre juridique national afin de l’adapter aux mutations des méthodes criminelles et aux nouvelles formes de trafic.
Il a estimé que la récente modification de la loi relative à la prévention de la drogue et des substances psychotropes ainsi qu’à la répression de leur usage et de leur trafic illicites constitue « un tournant législatif décisif » dans la politique pénale de l’État.
Selon lui, ce texte introduit des dispositions inédites et des mesures sans précédent permettant d’apporter une réponse juridique plus ferme et plus efficace face aux nouvelles formes de criminalité organisée liées au trafic de stupéfiants.
R. N.
