
Le roman Tasrit tis tesaâ de Sid Ali Cherifi a remporté le premier prix de la 2e édition du concours du roman amazigh de Berbère Télévision. La cérémonie de remise des distinctions, organisée samedi dernier à la salle de cinéma Djurdjura de Tizi-Ouzou, a été rehaussée par la présence de Si El Hachemi Assad, président du HCA.
La manifestation, placée sous le haut patronage de la ministre de la Culture et des Arts et initiée en collaboration avec la Direction de la culture et des arts de Tizi-Ouzou, a été une grande réussite de par son contenu et sa forme. L’événement a réuni non seulement les femmes et les hommes de lettres, mais aussi diverses personnalités d’horizons différents. C’est ainsi que des romanciers se sont retrouvés à partager des moments agréables d’échange avec des sportifs, notamment des anciens de la JSK, à l’image de Malek Mokbel, des cinéastes, des artistes, mais aussi des politiques de tendances diverses. La présence de Malika Matoub, Medjahed Hamid, un vétéran de la scène artistique qui a vu éclore plusieurs générations de la chanson kabyle, et d’autres figures du monde culturel, sportif et politique amazigh, a certainement rajouté du standing à la cérémonie. Les promoteurs du concours, Berbère TV, ont voulu les choses simples, mais greffé des touches très affectives et d’une grande portée symbolique, comme ce clin d’œil réservé à une mémoire populaire qui vient de s’éteindre, Ali Ideflawen, à qui un hommage appuyé a été rendu. «On est vraiment loin du bling-bling. Notre objectif, à travers l’encouragement du roman amazigh, est plus globalement de promouvoir la langue, son écriture et, partant, entretenir l’histoire, la sauvegarder et encourager l’intelligence culturelle pour préserver et transmettre des valeurs», résume Miloud Lassal, au nom de Berbère TV. Pour cette fois, la consécration est donc revenue à Sid Ali Cherifi qui se voit récompensé du premier prix du concours, décerné à l’unanimité du jury, pour son roman Tasrit tis tesaâ (La 9e prose). Le lauréat succède ainsi à Rachid Tighilt, le distingué de la première édition, en 2025. Onze romans étaient en compétition lors de cette édition, ce qui est déjà une réussite en soi pour ce concours qui prend de l’importance et suscite engouement et intérêt de jeunes romanciers, encadré par un jury composé exclusivement d’universitaires-chercheurs dans le domaine, à l’image de Rabhi Allaoua, Ramdane Achour, Hassane Hellouane et Mohand Akli Salhi. «On est présents à Tizi-Ouzou pour manifester activement notre encouragement à cette initiative de Berbère Télévision. Il est nécessaire d’être derrière et d’accompagner tous ceux qui œuvrent à promouvoir l’amazighité, qui est la mission principale du HCA.» Pour sa part, l’heureux lauréat, Sid Ali Cherifi, ce jeune étudiant de 26 ans en master II au département tamazight de l’université Mouloud-Mammeri, quand il fut invité à commenter son labeur, il rétorqua en condensant son œuvre dans un imaginaire philosophique d’histoires fascinantes qui se jouerait dans la neuvième dimension. En somme, une répartie tout aussi énigmatique que ce titre, La 9e prose. Pour tenter de percer le mystère, pas vraiment d’autre choix que de le lire ! Enfin, il faut signaler que derrière tout cela, un homme tapi dans l’ombre, Mohamed Saadi, président fondateur de Berbère Télévision, qui a porté avec conviction ce projet, depuis sa gestation plusieurs années auparavant, avant de parvenir à sa concrétisation en le finançant sur ses propres deniers.
Djaffar Chilab
