
Dans le cadre des efforts visant à renforcer la digitalisation et à accompagner le développement de l’industrie pharmaceutique en Algérie, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Dr Ouassim Kouidri, a présidé, hier, à l’hôtel Sheraton d’Alger, une rencontre avec les opérateurs du secteur, consacrée à la présentation du nouveau portail numérique PAPP BOX dédié à l’accès aux produits pharmaceutiques. La rencontre a réuni plusieurs acteurs économiques du secteur.
Développé par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), ce portail constitue un mécanisme à la fois réglementaire et numérique destiné à faciliter et à rationaliser les transactions, ainsi que les différentes procédures liées au secteur pharmaceutique.
Il vise à contribuer à un accès plus sûr et plus fiable aux produits pharmaceutiques.
Lors de son allocution d’ouverture, le ministre a précisé que ce projet s’inscrit dans le cadre du programme algérien visant à renforcer et à développer l’industrie pharmaceutique, tout en augmentant ses capacités de production.
M. Kouidri a affirmé que le nouveau portail ne constitue pas une simple plateforme numérique destinée au dépôt de documents, mais «un outil de planification industrielle et sanitaire et de régulation du marché pharmaceutique ».
Le ministre a expliqué que le PAPP BOX vise à réguler le nombre de versions génériques enregistrées pour chaque principe actif, afin d’assurer l’approvisionnement du marché et la pérennité des produits enregistrés, tout en protégeant et en encourageant la production nationale.
Il a également indiqué que le portail repose sur trois principes fondamentaux : la clarté et la transparence, la flexibilité opérationnelle et la priorité accordée à la production locale en fonction de son niveau d’intégration industrielle.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique a, par ailleurs, expliqué qu’il facilitera le dépôt des demandes d’autorisation de mise sur le marché des médicaments en fonction des besoins de santé publique, notamment en cas de pénurie ou d’interruption de la production. L’outil permettra ainsi d’accorder la priorité aux opérateurs en mesure de garantir une production dans les meilleurs délais.
À conditions égales, il a affirmé que la priorité sera accordée aux demandes de production locale plutôt qu’aux demandes d’importation. Les produits fabriqués localement devront, pour leur part, être classés selon leur degré réel d’intégration industrielle.
M. Kouidri a souligné que le lancement de ce portail s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer la sécurité et la souveraineté pharmaceutiques en Algérie, à travers le soutien à la production nationale, la rationalisation des dépenses et l’orientation des opérateurs vers la fabrication de médicaments à forte valeur ajoutée.
Le ministre a conclu en assurant que le portail fera l’objet de mises à jour et d’améliorations continues afin de garantir l’efficacité du système pharmaceutique national.
Les différentes étapes de la procédure
Par ailleurs, le directeur général de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, M. Dlih Cherif, a expliqué les différentes étapes de la procédure. Les opérateurs commencent par sélectionner la procédure requise, avant de renseigner les données techniques relatives au produit, notamment le principe actif et le procédé de fabrication.
Ils procèdent ensuite au téléchargement des documents administratifs et juridiques, ainsi que des documents techniques et de fabrication permettant d’attester le taux d’intégration et les certifications BPF. Le dossier scientifique (CTD) et les études de bioéquivalence destinées à garantir la sécurité du médicament sont également intégrés à la plateforme.
La dernière étape consiste à soumettre le dossier, puis à suivre directement son statut et son évaluation à travers le portail.
L’objectif principal de ce système est de contribuer à la sécurité pharmaceutique en renforçant la régulation et le contrôle du marché national. Les données recueillies permettront notamment de prioriser l’examen des dossiers en fonction des besoins réels de santé publique, d’orienter les investissements vers les médicaments à forte valeur ajoutée et de privilégier la production locale, ainsi que la fabrication intégrée. Cette orientation vise également à protéger les produits nationaux et à réduire les coûts liés aux importations de médicaments.
Il convient de noter que ce projet s’inscrit dans le cadre des directives du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, pour moderniser l’administration, améliorer le climat des affaires et faciliter les procédures administratives destinées aux opérateurs économiques. À travers cette plateforme, les autorités entendent renforcer l’efficacité de la régulation du marché et contribuer à garantir la disponibilité et la sécurité des produits pharmaceutiques au niveau national.
Abir Menasria
