
Le recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, a appelé mardi dernier depuis Nouakchott à la création d’un réseau international réunissant des institutions religieuses et scientifiques afin de renforcer le dialogue, prévenir la radicalisation et promouvoir le vivre-ensemble. Intervenant lors d’une session organisée dans le cadre de la 39e Conférence internationale sur la Sira du Prophète, le recteur a proposé la mise en place d’un « réseau international d’institutions religieuses et scientifiques », consacré notamment à l’échange d’expériences en matière de consolidation du référent religieux et de lutte contre l’extrémisme. Dans le même esprit, il a suggéré la création d’une « plateforme scientifique commune » chargée de détecter les discours de haine présents dans le cyberespace et de produire des contenus scientifiques permettant d’y répondre. Il a estimé que les transformations du numérique imposent désormais de passer de l’identification des défis à la mise en place de mécanismes et de projets institutionnels durables. Le recteur a également insisté sur la nécessité d’adapter les approches aux évolutions du cyberespace, notamment face à la propagation du discours de haine et de la désinformation. Il a, dans ce cadre, appelé au lancement de programmes conjoints faisant des jeunes des acteurs de la promotion d’un discours fondé sur la modération et la paix, tout en leur fournissant les outils nécessaires à la compréhension, à l’analyse et au dialogue. Enfin, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini a proposé la création d’un programme scientifique international consacré à l’étude de la Sira du Prophète à la lumière des enjeux contemporains. Celui-ci pourrait notamment contribuer à la formation des responsables religieux et intellectuels et à la réflexion sur les problématiques auxquelles sont confrontées les sociétés actuelles. À travers ces propositions, l’intervention de Djamaâ El-Djazaïr à Nouakchott met ainsi l’accent sur le rôle que peuvent jouer les institutions religieuses et scientifiques dans l’accompagnement des mutations de la société, notamment dans un espace numérique où la circulation des idées, des discours de haine et de la désinformation impose de nouvelles formes de coopération.
Zineb Bouzid
