Le nouveau jackpot énergétique algérien

Par G. Salah Eddine

Le monde de l’énergie est en train de changer, et avec lui les cartes pourraient être rebattues. Pour l’Algérie, le développement du SoutH2 Corridor et de l’hydrogène vert en général pourrait bien être l’une des grandes opportunités de cette nouvelle donne énergétique, à condition de savoir transformer le potentiel en véritable richesse industrielle.
Notre pays doit maintenant tout mettre en œuvre pour faire de cette dynamique un véritable levier industriel, capable de transformer durablement l’économie du pays et son paysage énergétique. Car oui, le pétrole et le gaz, c’est bien, mais cela finira un jour. Et surtout, notre premier client, que la nature géographique nous a accordé, est un continent qui cherche aujourd’hui de nouvelles énergies pour réussir sa transition écologique vers des sources plus propres et plus respectueuses de l’environnement.
L’hydrogène vert répond justement à cette demande, et l’Algérie dispose de nombreux atouts pour en devenir un producteur important. Si l’on croit les prévisions liées au SoutH2 Corridor, le projet devrait permettre d’acheminer, à l’horizon 2035, plus de 300 000 tonnes d’hydrogène vert. C’est colossal ! C’est surtout l’équivalent de près de 10 % des besoins européens prévus dans l’hydrogène à l’horizon 2040, selon les projections associées au projet.
L’Algérie pourrait ainsi, en plus d’être aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs européens de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié, devenir à terme un fournisseur majeur d’hydrogène vert. Et ce n’est pas un détail. C’est un levier important pour garantir des recettes conséquentes dans les caisses nationales et, surtout, pour préparer dès aujourd’hui les sources de revenus énergétiques qui permettront au pays de tenir encore plusieurs décennies.
Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre .» C’est précisément ce qui se joue aujourd’hui avec l’hydrogène vert. L’enjeu n’est pas seulement de savoir combien de tonnes l’Algérie pourra produire demain, mais de savoir quelle place elle veut occuper dans la nouvelle carte énergétique qui se dessine autour de la Méditerranée.
L’enjeu, c’est aussi d’attirer les technologies européennes, les capitaux, les devises et les compétences nécessaires. Car oui, ce projet n’est pas facile. Produire de l’hydrogène vert à grande échelle, construire les infrastructures nécessaires, développer les équipements et assurer une production compétitive nécessitent bien plus que des investissements financiers. Il faut créer une véritable filière industrielle autour de cette nouvelle énergie.
Le pétrole et le gaz nous ont donné des décennies de prospérité énergétique. L’hydrogène vert pourrait, lui, offrir l’occasion de préparer l’après-pétrole et de faire un pas supplémentaire vers la diversification de l’économie. Encore faut-il que l’Algérie ne rate pas le virage. Car cette fois, la transition énergétique européenne n’attendra pas éternellement que nous soyons prêts. G. S. E.

ALGER 16 DZ

Next Post

Aide médicale à Ghaza : L’OMS dénonce des restrictions persistantes des sionistes

sam Oct 3 , 2026
Alors que les besoins médicaux à Ghaza restent immenses, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce les délais et les restrictions qui continuent d’entraver l’acheminement de médicaments, de prothèses et d’équipements indispensables dans l’enclave palestinienne.Le cessez-le-feu a réduit les combats, mais n’a pas rendu à Ghaza un système de santé […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37