
Le président de l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, M. Ibrahim Manzo Diallo, qui effectue à la tête d’une délégation une visite de travail en Algérie, a salué, mardi dernier, l’expérience algérienne en matière de régulation médiatique et de lutte contre la désinformation, appelant à s’inspirer de ce modèle afin de le reproduire au Niger.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement institutionnel entre les deux pays et traduit une volonté commune de renforcer la coopération dans un secteur devenu stratégique face à la multiplication des campagnes de manipulation de l’information et à l’accélération des mutations technologiques.
Au terme d’un entretien avec le président de l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRAV), Amar Bendjedda, le responsable nigérien s’est félicité des relations historiques qui unissent l’Algérie et le Niger, mettant en avant les perspectives offertes par cette coopération pour consolider les mécanismes de régulation et améliorer les pratiques professionnelles dans le domaine médiatique.
Évoquant les objectifs de cette visite, le président de l’ONC a souligné l’importance des échanges avec son homologue algérien, estimant qu’ils devraient permettre d’identifier des pistes concrètes de collaboration entre les deux institutions. Il a ainsi expliqué que cette démarche vise à « voir comment bâtir ensemble une coopération médiatique profitable à nos deux pays ».
Dans cette perspective, M. Diallo a mis en avant le rôle de l’Algérie et l’expérience acquise par ses institutions dans l’encadrement du paysage audiovisuel, la consolidation des règles professionnelles et la lutte contre les contenus trompeurs. Il a notamment insisté sur la nécessité de tirer profit de cette expertise pour mieux répondre aux défis auxquels sont confrontés les médias et les organismes de régulation dans la région.
« L’Algérie est très expérimentée dans la régulation médiatique. Elle mène depuis des décennies un combat contre la désinformation, pour améliorer la qualité de l’information et faire face à tous les assauts de ceux qui veulent aujourd’hui mentir sur les prouesses de ce pays frère qui est l’Algérie », a-t-il affirmé.
Le président de l’ONC a également évoqué les difficultés auxquelles son pays est confronté dans ce domaine, soulignant que le Niger, membre de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Mali et du Burkina Faso, devait faire face à «beaucoup de manipulations sur le plan médiatique». Il a ajouté que les auteurs de ces manœuvres étaient connus, mettant ainsi en lumière les préoccupations des autorités nigériennes face aux campagnes de désinformation susceptibles d’affecter la perception de la situation politique et sécuritaire dans la région sahélienne.
Dans ce contexte, la coopération entre les institutions de régulation apparaît comme un levier pour améliorer les capacités de détection et de traitement des contenus trompeurs, renforcer les échanges d’expériences et favoriser une meilleure coordination face aux défis communs.
C’est précisément dans cette logique que M. Diallo a plaidé pour une appropriation de l’expérience algérienne par les institutions nigériennes. « S’inspirer du modèle algérien de la régulation médiatique pour le dupliquer au Niger », a-t-il déclaré, soulignant l’intérêt d’une démarche fondée sur le partage des connaissances et le transfert des bonnes pratiques.
Le responsable nigérien a réaffirmé cette ambition en insistant sur la portée stratégique de la visite et sur la nécessité de construire une coopération durable entre les deux pays. « Nous sommes à Alger pour apprendre, pour partager et surtout pour bâtir ensemble une dynamique qui puisse protéger nos deux Etats dans le cadre de la lutte contre la désinformation », a-t-il conclu.
Un cadre juridique à adapter
De son côté, le président de l’ANIRAV, Amar Bendjedda, s’est réjoui de cette rencontre bilatérale, mettant l’accent sur l’importance du renforcement des relations de coopération entre les deux institutions. Il a souligné que les échanges avaient permis d’aborder plusieurs problématiques liées à l’évolution du paysage médiatique, aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale.
« Il m’est très agréable d’accueillir en Algérie, à l’invitation de l’ANIRAV, M. Ibrahim Diallo. Nous avons évoqué, au cours de cette rencontre, les défis régionaux, ainsi que les défis auxquels est confrontée la régulation de manière générale », a-t-il précisé.
Les discussions ont notamment porté sur les enjeux juridiques et institutionnels de la régulation audiovisuelle à l’heure des transformations profondes induites par les nouvelles technologies.
À ce titre, le président de l’ANIRAV a indiqué avoir échangé avec son homologue sur « le système législatif et les défis qui s’imposent à lui à l’ère du développement technologique fulgurant que connaît le monde, outre les enjeux que traverse notre région, particulièrement dans notre continent africain ».
Cette dimension juridique occupe une place centrale dans les réflexions sur l’avenir de la régulation médiatique.
De plus, face à l’ampleur de ces transformations, Amar Bendjedda a insisté sur l’impératif de renforcer la concertation et de mutualiser les efforts entre les institutions de régulation. Il a ainsi fait état d’une volonté commune de dépasser le cadre des échanges bilatéraux pour engager une démarche de coopération plus structurée, reposant sur des objectifs partagés et des mécanismes de coordination.
« Nous avons convenu de coordonner et de travailler de concert afin de faire face à ces défis et de dégager une plateforme d’action commune », a-t-il affirmé.
Cette orientation ouvre la voie à une coopération susceptible de favoriser le partage des compétences, la mise en commun des expériences et l’élaboration de réponses concertées aux problématiques qui affectent le secteur médiatique.
Affichant sa volonté de promouvoir une approche panafricaine fondée sur la solidarité et la convergence des efforts, le président de l’ANIRAV a enfin souligné que cette dynamique avait vocation à s’étendre au-delà de l’Algérie et du Niger.
« Cette coordination est appelée à s’élargir à d’autres pays africains, en vue d’asseoir une base commune nous permettant de relever ces défis avec succès », a-t-il conclu.
À travers cette rencontre, Alger et Niamey affichent ainsi leur volonté de consolider leur coopération institutionnelle dans un domaine où les enjeux technologiques, juridiques et informationnels sont étroitement liés. G. Salah Eddine
