Par Chahid Lakeb
S’il est une chose que l’on ne peut pas réfuter, c’est la politique étrangère de l’Algérie. Il est de notoriété publique que le pays est très actif et très engagé auprès de plusieurs pays arabes et africains.

À la surprise générale, le Mali a annoncé la “suspension immédiate” de l’Accord d’Alger signé en 2015 avec les groupes indépendantistes du nord du pays. L’Algérie dit “avoir pris connaissance avec beaucoup de regrets de la décision du Mali” de mettre fin à cet accord avec effet immédiat.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf soutient que l’Etat algérien n’a jamais failli à travailler à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, avec sincérité, bonne foi et solidarité indéfectible envers le Mali frère, soulignant la “gravité particulière de cette décision pour le Mali lui-même, pour toute la région qui aspire à la paix et à la sécurité, et pour l’ensemble de la communauté internationale”.
S’il y a une chose que l’on ne peut pas réfuter, c’est la politique étrangère de l’Algérie, car il est de notoriété publique que le pays est très actif et très engagé auprès de plusieurs pays arabes et africains. La diplomatie est inscrite dans l’ADN historique de l’Algérie et c’est ce qui la différencie des autres. De plus, elle est l’une de ses marques de fabrique, ce qui en fait le fondement même de son existence et de son action à l’international. Cette diplomatie est entendue et respectée étant donné qu’elle a toujours été fidèle à ses principes et à sa ligne de conduite, à savoir la régularité de ses positions et son opposition indéfectible de l’immixtion dans les affaires internes des pays.
L’Algérie, de par sa tradition diplomatique, joue un rôle-clé aussi bien dans le Monde arabe qu’en Afrique, par ses positions intangibles par rapport à la question palestinienne, à la normalisation avec l’entité sioniste et aux conflits en Syrie, au Yémen, en Libye et au Sahara Occidental. Elle est engagée plus que jamais dans la promotion d’initiatives, de dynamiques de réconciliation et d’efforts en vue de contribuer à la solution aux crises et conflits dans la région.
L’histoire parle d’elle-même. Depuis son indépendance en 1962, l’Algérie a fondé son approche de la politique étrangère sur un ensemble de principes de longue date. Inspirée par sa lutte anticoloniale, l’Algérie s’est érigée en porte-parole des peuples opprimés, en défenseur de la souveraineté des États et en opposant aux interventions militaires étrangères.
Elle a adopté l’autodétermination et les causes anticoloniales comme outil diplomatique pour étendre son influence géostratégique, en particulier sur le continent africain. Les autorités algériennes n’ont cessé d’exprimer leur solidarité avec les mouvements de libération africains, le peuple palestinien et le Front Polisario, et leur ont apporté un soutien diplomatique, financier et logistique.
L’Algérie a toujours été un fervent défenseur de la coopération régionale plutôt que des interventions politiques et militaires unilatérales. Il s’est joint aux efforts régionaux arabes contre les forces colonialistes (1967-1973) et a fourni ses services de médiation pour résoudre les conflits et les tensions diplomatiques, y compris lors de la crise des otages en Iran, en 1979.
Il est crucial de noter l’ampleur de l’engagement régional et international passé de l’Algérie lors de l’évaluation de sa posture diplomatique aujourd’hui.
Depuis l’investiture du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec une vision plus interventionniste en mettant en avant la riche expérience en matière de médiation et de promotion du règlement pacifique des conflits. De plus, l’Algérie a adopté en novembre 2020 une nouvelle Constitution qui permet, pour la première fois, le déploiement de troupes à l’étranger et également la participation à des opérations de maintien de la paix sous l’égide de la Ligue arabe, des Nations unies et, peut-être plus important encore, de l’Union africaine (UA).
Le corps diplomatique est déjà engagé dans un certain nombre de différends régionaux, avec la nomination récente de plusieurs envoyés spéciaux présidentiels. Et pour confirmer cette stature internationale, l’Algérie a été élue, à juste titre, au Conseil de sécurité de l’ONU pour les deux prochaines années, en reconnaissance de son rôle de pays-pivot dans la région et de son intérêt à promouvoir les principes et les valeurs des droits de l’Homme dans le monde.
Le dernier soutien annoncé par le Président Abdelmadjid Tebboune concerne le Soudan en maintenant son soutien de longue date à ce pays, plongé dans un conflit meurtrier depuis neuf mois.
Le chef de l’Etat a souligné l’engagement de l’Algérie à se tenir aux côtés du peuple soudanais dans ces circonstances difficiles, soulignant l’engagement de l’Algérie à “résoudre les différends internes par le biais d’une vision interne, sans ingérence étrangère”. De plus, il a évoqué “les relations séculaires qui unissent leurs deux nations fraternelles” et affirmé qu’”en tant qu’Algériens, nous sommes aux côtés du Soudan”.
Le président du Conseil de souveraineté de transition de la République du Soudan, Abdel Fattah Al-Burhan a, pour sa part, remercié l’Algérie qui a été “présente à chaque discussion ou négociation arabe ou régionale”.
Et en signe de confiance totale de l’aide que l’Algérie peut apporter au Soudan, Abdel Fattah Al-Burhan a lancé une invitation à la participation de l’Algérie au dialogue pour résoudre la crise soudanaise, déclarant : “Nous serons heureux que l’Algérie se joigne à toutes les discussions ou dialogues, qu’ils soient africains ou arabes. Nous les accueillons toujours, en visant des solutions pacifiques pour nous permettre de surmonter cette épreuve.”
Pour conclure, la diplomatie algérienne s’est construite et consolidée sur ces bases depuis l’indépendance et le président Abdelmadjid Tebboune s’y est engagé depuis son élection en 2019. De plus, elle repose sur trois principes inaliénables : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la non-ingérence dans les affaires intérieures des États et la promotion d’un dialogue inclusif dans les conflits internationaux, quelle que soit leur gravité.
