Par Y. O.
L’engagement du président Tebboune de bâtir une véritable industrie automobile en Algérie se concrétise. Après l’inauguration de l’usine de montage de voitures Fiat à Tafraoui en décembre 2023, d’autres constructeurs s’apprêtent à ouvrir des usines d’assemblage en Algérie, ce qui conforte la place de notre pays, appelé à devenir un pôle de l’industrie automobile en Afrique et en Méditerranée.

L’Algérie souhaite lancer une véritable industrie automobile avec un taux d’intégration élevé. les services du ministère de l’Industrie se penchent sur l’étude de 30 dossiers d’ouverture d’usines, dont 75% émanent de marques asiatiques et 25% de constructeurs européens.
A l’est du pays, la marque chinoise Chery a déjà lancé la concrétisation de son projet d’usine à Bordj Bou Arreridj. Selon la direction du représentant de la firme en Algérie, l’unité entrera en production en octobre 2024 avec une capacité initiale de 24 000 véhicules par an pour passer à terme à 100 000 véhicules/an. Après plusieurs années de fermeture, le marché des voitures en Algérie a repris progressivement depuis fin mars 2023. Plusieurs constructeurs mondiaux ont, depuis, repris ou lancé leur activité d’importation et de commercialisation en Algérie. Une liste de constructeurs et de concessionnaires agréés pour commercialiser leurs véhicules en Algérie a été dévoilée récemment par un haut responsable du ministère de l’Industrie, Moldad Aggoune, directeur de l’intelligence économique et chargé du dossier automobile.
La marque française Citroën (groupe Stellantis) figure parmi les 12 marques agréées définitivement, sur un total de 41 agréments provisoires délivrés.
Le groupe Stellantis est entré fin mars 2023 en Algérie avec sa marque Fiat.
Les Chinois en force
Au mois de novembre 2023, la marque Cherry qui a proposé un de ses modèles, la Tiggo 2, à 1,99 million de dinars, une petite révolution après les records atteints ces dernières années par les prix du neuf. L’autre marque chinoise, Geely, devait faire entrer sa première cargaison début janvier dernier, mais elle a dû reporter l’opération à cause des tensions sur la navigation maritime en mer Rouge. Les prix qui devraient être appliqués à ses modèles varient entre 2,49 et 4 millions de dinars.
Les autres marques chinoises agréées et qui ont entamé ou s’apprêtent à lancer les opérations d’importation et de commercialisation de leurs véhicules en Algérie sont Sokon, jAC, jMC, DFSK et Victory. Cette dernière marque est sur le point d’importer des véhicules à partir de 1,5 million de dinars.
Bien que de nombreuses autres marques mondiales soient agréées, à l’image de Citroën, KIA, Toyota, Nissan et Opel (Stellantis), les constructeurs chinois semblent bien partis pour dominer le marché automobile algérien vu les prix qu’ils proposent. Le total des quotas d’importations algériennes pour 2023 se sont élevés à 180 000 véhicules pour une valeur globale de 1,9 milliard de dollars. L’objectif du gouvernement est de baisser les prix des véhicules qui ont atteint des sommets et surtout de bâtir une véritable industrie automobile.
Le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, récemment déclaré que l’Algérie travaille à mettre en place un tissu industriel et une véritable industrie. Pas de montage. S’exprimant sur la même question, M. Aoun souligné que commencer par le montage est inévitable par rapport au taux d’intégration qui n’est pas très élévé. Le ministre a rappelé que des marques sont déjà présentes sur le marché algérien et certaines ont déjà réalisé leurs usines, en référence au constructeur Fiat, du groupe Stellantis, qui a inauguré son usine à Oran le 11 décembre 2023. “Ces usines vont augmenter en cadence et en taux d’intégration”, a-t-il dit.
Pour l’année prochaine, la feuille de route du secteur automobile consiste en l’augmentation de l’offre de véhicules sur le marché et veiller à ce que les marques automobiles investissent dans des projets en Algérie.
