Par Chahid Lakeb
Dans un paysage économique en constante évolution en Afrique, un groupe restreint de nations se démarque des autres. Ils détiennent la clé pour façonner le destin économique de l’Afrique. Leur influence se répercute dans toute la région, attirant les investissements et étant le fer de lance du développement régional. L’Algérie figure parmi les acteurs principaux de cette dynamique économique, ayant réussi à détrôner le Nigeria pour devenir la troisième économie la plus puissante d’Afrique, selon le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI).

Selon le FMI, les défis macro-économiques persistants sur le continent ont ralenti la croissance, mais les perspectives sont stables. L’institution basée à Washington prévoit que l’Afrique du Sud (373 milliards de dollars), l’Égypte (348 milliards de dollars), l’Algérie (267 milliards de dollars) et le Nigeria (253 milliards de dollars) seront les quatre principales économies africaines jusqu’en 2030.
Forte de ses exportations d’hydrocarbures et d’une stratégie de diversification réussie, l’Algérie nouvelle menée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait une ascension fulgurante en détrônant le Nigéria qui il convient de rappeler a longtemps occupé une position de force en raison de ses abondantes ressources naturelles et de sa population nombreuse, qui en faisait un marché de consommation dynamique. Cependant, sa dépendance aux hydrocarbures et les ajustements insuffisants de sa politique économique ont entraîné une chute significative de sa monnaie, le naira.
Cette percée fulgurante est le fruit des efforts de la politique du président Tebboune, pour s’affranchir de sa dépendance aux hydrocarbures. Outre les 50 milliards de recettes pétrolières, l’Algérie vise 13 milliards supplémentaires grâce à ses exportations hors secteur des énergies fossiles. Une diversification économique saluée par le président de la République qui se réjouit de la liberté financière retrouvée dans le pays.
Ce résultat n’est pas surprenant, car l’Algérie est en passe de retrouver son destin de grande puissance en Méditerranée et en Afrique. Sans bouleversements intempestifs, l’économie et les mentalités se transforment en profondeur, grâce à une politique économique bien ficelée depuis l’investiture du président Tebboune en 2019, il se dessine une vision ambitieuse et historique pour les Algériens, mais aussi une vision qui doit parler aux Méditerranéens, aux Africains et aux Européens.
industrialisation du Nord de l’Afrique
L’Algérie emprunte deux chemins qui traversent son territoire. Le premier, c’est celui de l’industrialisation du Nord de l’Afrique. Le second chemin, selon un axe Nord-Sud, est celui de la Dorsale Transsaharienne, d’Alger à Lagos, contribuant au développement du Sahel, tout en reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne.
Le premier chemin est horizontal. C’est celui de l’industrialisation du Nord de l’Afrique. Il vise à substituer la production intérieure (voitures, mécanique, biens d’équipement…) aux importations. L’Algérie nouvelle définit ses priorités industrielles et accélère sa diversification économique. Le monde patronal et le secteur privé font de plus en plus entendre leur voix. Le thème de la diversification industrielle est au centre des réflexions et des propositions. Sont désormais considérées comme prioritaires les industries d’assemblage (automobile et technique), les industries de base (sidérurgie et pétrochimie), l’industrie agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, et l’industrie numérique.
L’Algérie nouvelle prend ainsi, progressivement, avec une place centrale grâce à sa position géographique et à l’abondance de ces matières premières et énergétiques, le chemin de l’industrialisation de la rive sud de la Méditerranée. Car il y a bien un mouvement historique, de grande ampleur, qui positionne le Nord de l’Afrique comme la grande zone industrielle en complément de l’Europe. L’Algérie nouvelle entend profiter de ce mouvement, tant ses richesses minières et humaines et sa profondeur africaine lui conferent un rôle stratégique. Ce premier chemin d’industrialisation est d’autant plus pertinent pour engager le pays qu’il se croise avec un deuxième chemin Nord/Sud que le président de la République Tebboune veut construire.
En effet, le second chemin, en chantier, est vertical Nord-/Sud. C’est celui du transport, de la logistique de la communication, des connections gazières, et du développement du Sahel. Un grand axe est en chantier, qui part du nouveau port de Cherchell, à l’ouest d’Alger, en direction du Sud, passant par le Niger et le Mali pour aboutir à Lagos (Nigeria). Encore un grand projet d’infrastructure similaire au port de Hambourg exigeant quelque 3 milliards d’investissements. Il s’agit d’une nouvelle version de la Transsaharienne, mais, cette fois enrichie de zones industrielles, de zones franches, de technopoles et de clusters industriels. Une vraie dorsale qui reliera l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne en plein boom économique.
2023, une année record pour l’Algérie
Pour mener à bien ce grand projet géopolitique d’une Algérie à la croisée des chemins, celui de l’industrialisation dans l’espace euro-méditerranéen, mais aussi celui d’un ancrage africain Nord/Sud. De plus, l’année 2023 a été une année record pour l’Algérie qui a enregistré d’excellentes performances en matière d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), confortant ainsi sa place de fournisseur fiable et de plus grand exportateur de GNL en Afrique dépassant encore une fois le Nigéria, avec le taux de croissance de ces exportations le plus élevé à l’échelle arabe, selon un rapport publié, dimanche, par l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP). L’Algérie a exporté en 2023 un total de 13 millions de tonnes de GNL, chiffre le plus élevé depuis 2010, contre 10,2 millions de tonnes exportées en 2022 soit une croissance annuelle de 26,1%, le taux le plus élevé à l’échelle arabe en 2023”, a précisé l’OPAEP dans son rapport.
De plus, selon le classement annuel des 500 plus grands groupes africains en 2024, le groupe pétrolier et gazier Sonatrach conserve sa position de leader, affichant un chiffre d’affaires près de quatre fois supérieur à celui de son concurrent le plus proche, NNPC, la compagnie nationale pétrolière nigériane. Malgré les turbulences économiques mondiales et les fluctuations des devises, le continent africain affiche une certaine résilience économique. En témoigne le chiffre d’affaires cumulé des 500 premiers groupes africains qui frôle les 760 milliards de dollars en 2024. Le groupe Sonatrach conserve sa place de leader africain avec un chiffre d’affaires de 77,325 milliards de dollars et un résultat net de 11,847 milliards.
Le FMI ne prévoit pas de changement dans ce classement avant 2027, l’Algérie devrait conserver sa troisième place devant un Nigeria en difficulté pour sortir de sa situation actuelle. Cela va dans la même lignée des déclarations du président de la République qui a annoncé dernièrement qu’il prévoit que le PIB de l’Algérie dépasse les 400 milliards de dollars en 2026.
Une chose est sûre, tous ces indicateurs économiques ne sont pas l’effet du hasard car ces quatre dernières le président Tebboune a été à pied d’œuvre pour rendre à l’Algérie une position de leader régional et mondial de par sa politique de développement économique, sa diplomatie efficace ainsi que ses initiatives de coopérations internationales.
