Depuis sa nomination au poste d’Ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Algérie au mois de septembre dernier, M. Diego Mellado Pascua inspire par son parcours riche et son expérience au sein de la diplomatie européenne. Sa carrière est marquée par des rôles clés, notamment en tant que chef du protocole et responsable de la division Communication et diplomatie publique au Service européen pour l’action extérieure, où il a façonné des stratégies de communication de grande envergure.
Son passage par des postes diplomatiques complexes révèle une vision stratégique des relations internationales et des échanges interculturels. M. Mellado Pascua semble incarner une diplomatie de proximité. À Alger, il s’attache à renforcer le partenariat méditerranéen avec un enthousiasme communicatif, invitant à explorer des relations plus étroites entre l’Europe et l’Afrique du Nord.
Rencontré au SILA, le diplomate a accepté de répondre aux questions de Alger16 dans un échange exclusif où il partage sa vision pour renforcer les relations euro-algériennes, notamment dans les domaines économique, culturel et énergétique, en explorant des perspectives de collaboration méditerranéenne plus étroite.

Entretien réalisé par G. Salah Eddine
Votre Excellence, Quelle est la vision de l’UE concernant le rôle de la culture, et en particulier de la littérature, dans le rapprochement entre les peuples européens et algérien ?
Écoutez, c’est vraiment un sujet fondamental, et cette période est idéale pour en parler. La culture nous permet de mieux nous connaître, de nous découvrir de part et d’autre de la Méditerranée, notamment à travers la littérature. Cela nous révèle également les espaces communs que nous partageons. En lisant la littérature d’ici, ou celle d’auteurs européens, ou en Europe, celle d’auteurs algériens, on voit que nous avons beaucoup en commun : l’histoire, l’environnement… il y a vraiment énormément de choses qui nous rassemblent.
Quels sont les axes principaux de la coopération culturelle entre l’UE et l’Algérie, et comment le SILA contribue-t-il à cette dynamique ?
On travaille énormément sur le cinéma : chaque année, nous organisons un festival pour faire découvrir le cinéma européen ici. Nous cherchons aussi à encourager des échanges entre les industries cinématographiques européennes et algériennes. En musique, notamment avec le Festival international de la musique, mais aussi dans la photographie et bien sûr la littérature, où l’UE participe au SILA cette année. En plus de cette participation, nous organisons des rencontres entre écrivains des deux côtés de la Méditerranée. Nous explorons aussi des domaines spécifiques : récemment, nous avons collaboré dans le domaine de la musique populaire et l’art contemporain. Nous restons ouverts aux propositions artistiques variées.
Dans un contexte de mondialisation, comment l’UE envisage-t-elle de renforcer le partenariat économique avec l’Algérie et d’encourager les investissements européens dans le pays ?
Nous avons une solide base de coopération entre l’Europe et l’Algérie, fondée sur un accord établi depuis plusieurs années. Nous pensons qu’il est possible de développer cet accord en lui donnant une portée plus régionale et méditerranéenne.
Pourriez-vous nous en dire plus sur ce « Pacte pour la Méditerranée » vote excellence ?
Oui, c’est une nouvelle initiative. Nous voulons venir ici pour parler d’un pacte pour la méditerranée. J’attends dans les prochaines semaines, des délégations de Bruxelles. Nous allons avoir une nouvelle « commissaire pour la Méditerranée ». Ce commissaire agira comme une ministre européenne de cette région. Son rôle sera de renforcer et d’enrichir ce partenariat, où l’Algérie occupe une place essentielle.
À la lumière des récentes crises mondiales, comme la pandémie et les tensions économiques, comment l’UE et l’Algérie adaptent-elles leur coopération pour renforcer la résilience économique de leurs partenariats ?
Nous cherchons des espaces pour plus de collaboration et il faut une meilleure intégration économique entre l’Europe et l’Algérie. L’Europe est en ce moment en train de revoir la structure de son économie. Je pense que nous avons depuis trop longtemps basé notre développement économique sur des investissements très lointains, en Asie et même dans des pays très lointains en Asie, l’Algérie aussi d’ailleurs. Je pense qu’il faudrait se recentrer et voir autour de nous. Il faudrait plus investir et se lier beaucoup plus avec les pays de notre voisinage. Au lieu de voir à 10 000 km, il serait judicieux de voir les pays qui se trouvent à des centaines de kilomètres seulement. Et j’entends par là des pays de l’Afrique du Nord, des pays méditerranéens… etc. Ce pacte auquel nous pensons vise à renforcer un cadre pour arriver sur ça.
L’UE travaille activement sur la question des droits humains à l’échelle internationale. Comment cette coopération se traduit-elle en Algérie ?
Nous respectons la souveraineté de chaque pays avec lequel nous collaborons. Avec l’Algérie, nous entretenons un partenariat large et dynamique qui s’étend entre échanges à Alger et à Bruxelles. Justement, dans le cadre du partenariat méditerranéen, nous continuerons à échanger autour de valeurs, principes et intérêts communs pour développer ce grand espace méditerranéen partagé.
Face aux changements climatiques, quels projets spécifiques l’UE soutient-elle en Algérie pour promouvoir la transition écologique et la préservation de la biodiversité ?
Bonne question. Face au changement climatique, nous concentrons nos efforts sur le secteur énergétique. L’Algérie est une grande puissance dans ce domaine. Nous voulons échanger dans le domaine des énergies renouvelables comme le solaire..ect. On pense surtout au développement de l’hydrogène vert, une source d’énergie alternative. L’Algérie peut jouer un rôle crucial dans ce développement. Le pays dispose déjà des infrastructures, du savoir-faire et d’entreprises performantes dans le secteur, ce qui représente un énorme potentiel pour l’avenir.
Un dernier mot
Je suis ravi d’être ici, c’est une grande opportunité de nous insérer dans le tissu social et culturel de ce pays et comme d’habitude renforcer les liens entre l’UE et l’Algérie. G. S. E.
