
Samedi, L’Olympique de Marseille s’est incliné lourdement sur la pelouse de l’Abbe-Deschamps face à l’AJ Auxerre (3-0). Une défaite qui, au-delà de son ampleur, a provoqué une vague d’indignation du côté phocéen. La cause ? Un arbitrage jugé «scandaleux» par le président de l’OM, Pablo Longoria, ainsi que par plusieurs cadres du club. Le principal point de crispation reste l’expulsion controversée de Derek Cornelius à l’heure de jeu, qui a fait basculer la rencontre.
Dès la désignation de Jérémy Stinat pour arbitrer cette rencontre, l’inquiétude régnait dans les rangs marseillais. En cause, un passé tendu entre l’arbitre et l’OM, notamment depuis l’affaire Benatia-Létang en Coupe de France contre Lille. Ce passé conflictuel a poussé la direction phocéenne à adresser un courrier aux instances arbitrales avant la rencontre, afin d’exprimer ses réserves sur la neutralité du corps arbitral.
Malgré cela, les Olympiens ont tenté de faire abstraction et de se concentrer sur le jeu. Mais très vite, chaque décision arbitrale a suscité des tensions, notamment un penalty réclamé en première mi-temps sur Quentin Merlin, jugé trop léger par la VAR, et un but refusé à Amine Gouiri pour hors-jeu.
Un rouge mérité pour Derek Cornelius ?
C’est à l’heure de jeu que la situation a dégénéré. Sur une action disputée, Derek Cornelius, en tentant une aile de pigeon, heurte involontairement Hamed Junior Traoré avec son genou. Le contact semble accidentel et le ballon est joué. Pourtant, Monsieur Stinat, sans hésitation et sans intervention possible du VAR, brandit un second carton jaune synonyme d’expulsion. Une décision qui fait instantanément exploser la colère marseillaise.
Pablo Longoria, furieux, quitte sa place en tribune pour rejoindre les vestiaires. Quelques minutes plus tard, il refait surface au bord du terrain, toujours en proie à une rage noire.
«Je ne peux pas présider un match comme cela, c’est un scandale», lâche-t-il au micro de DAZN.
Après la rencontre, sa colère ne faiblit pas. «En 20 ans de carrière, je n’ai jamais vu ce type de choses», peste-t-il devant le vestiaire des arbitres. La presse locale, notamment La Provence et Maritima Médias, relaie des déclarations encore plus accablantes du président phocéen : «C’est de la vraie corruption ! Tout est organisé depuis le jaune de Balerdi à Angers. C’est prévu, c’est orienté cette histoire. C’est un championnat de merde […] Si la Superligue vient nous voir, on y va tout de suite.»
La réaction marseillaise ne s’arrête pas là. Fabrizio Ravanelli, ancien joueur et conseiller institutionnel du club, dénonce un arbitrage partial : «Toute la France l’a vu, Monsieur Stinat a fait n’importe quoi, il a fait un arbitrage scandaleux.»
Un véritable complot anti-OM ? L’idée fait son chemin dans les coulisses du club. «C’est vraiment qu’il y a beaucoup de sujets qui sont contre l’OM, et ça inquiète quand même un petit peu tout le monde dans le club et les supporters», confie Ravanelli à DAZN. Même Geronimo Rulli, le gardien de l’OM, affiche son incompréhension face à l’interprétation de l’arbitre sur l’expulsion de Cornelius. «L’arbitre m’a dit qu’il pouvait arrêter son geste. Je pense qu’il n’a jamais joué au foot. Il ne connaît rien au foot !» Une réflexion qui, ironie du sort, s’adresse à un ancien joueur professionnel.
Un OM en difficulté, les algériens bons
Si l’arbitrage a joué un rôle indéniable dans le déroulement du match, l’OM doit aussi se regarder en face. Réduit à dix, le club phocéen a complètement cédé aux assauts d’Auxerre, encaissant un penalty pour le 2-0 avant d’exploser sur une dernière contre-attaque.
Dès la première mi-temps, les Olympiens avaient affiché de sérieuses difficultés à mettre en place leur jeu. La gestion approximative des couloirs a permis aux Bourguignons d’ouvrir le score sans grande opposition.
En tous cas, le milieu de terrain algérien de l’OM, Ismael Bennacer, bien que remplacé en seconde période a eu la meilleure note du match côté marseillais. Bien qu’il ait raté quelques gestes techniques, le problème ne venait clairement pas de lui. Il a était remplacé car il manque toujours de rythme depuis le retour de blessure.
Amine Gouiri, de son côté, a été le seul attaquant marseillais qui a rayonné sur le terrain, il a même inscrit un but qui a été annulé pour une position de hors-jeu. C’’est le deuxième joueur le mieux noté côté marseillais dans ce match. Malgré la défaite, il continue de prouver que c’est une bonne recrue pour le club du Sud de la France. En tous cas, ça n’a pas suffi à l’OM pour espérer tirer quoi que ce soit de ce match. Roberto De Zerbi, lucide, ne cache pas sa frustration : «On ne peut pas jouer de cette manière, Auxerre a été meilleur», concède-t-il. Le club devra travailler sur son mental pour ne plus sombrer en cas de circonstances défavorables. Des joueurs comme l’Anglais Mason Greenwood et l’expérimenté Adrien Rabiot, qui étaient complètement fantomatiques lors de ca match devront revenir en force dès la prochaine journée.
L’entraîneur italien sait que son équipe a du pain sur la planche pour retrouver son niveau. Son geste de fin de match, une poignée de main avec l’arbitre suivie par celles de ses joueurs, est un signe de sa volonté de tourner la page. Car si les polémiques arbitrales font rage, elles ne doivent pas masquer une réalité : l’OM doit progresser pour redevenir un prétendant crédible aux premières places de la Ligue 1. Cette défaite de Marseille profite en tout cas clairement à l’autre club où évoluent deux Algériens, Lille. Les coéquipiers de Nabil Bentaleb et d’Aïssa Mandi ont réussi une très bonne opération en battant l’AS Monaco de Maghnès Akliouche (2-1). Ils repassent à la troisième place avec 41 points, à cinq longueurs de Marseille, qui en compte 46. Le Paris Saint-Germain est toujours premier avec 56 points et un match en moins par rapport à Marseille. Le titre semble plus que jamais se diriger vers la capitale.
G. Salah Eddine
