
Lors de l’émission «Hadith Al-Djazair», diffusée jeudi dernier sur la haîne Al24 News, des experts ont analysé les récents développements des relations franco-algériennes. Ils ont souligné que l’Algérie exige désormais des relations fondées sur le respect mutuel et le principe d’un partenariat gagnant-gagnant.
Par G. Salah Eddine
L’Algérie a tracé une ligne rouge claire dans ses relations avec la France : celle du respect absolu de sa souveraineté et des engagements bilatéraux. Dans un langage ferme et déterminé, le ministère des Affaires étrangères algérien a rejeté toute forme d’injonction, de menace ou d’ultimatum de la part de Paris. Cette posture marque un tournant dans les rapports entre les deux pays et témoigne d’une volonté inébranlable de traiter sur un pied d’égalité.
Le politologue Dr. Oussama Bouchemakh, spécialiste des relations internationales, analyse ainsi cette prise de position : «La déclaration algérienne emploie un ton inhabituellement ferme. Si nous persistons dans cette voie, nous risquons d’aboutir à une rupture complète des relations avec la France. Cette escalade s’explique par l’intransigeance française et la captation du débat diplomatique par l’extrême droite française.»
L’extrême droite française, un acteur perturbateur
Selon Dr. Anis Boukeider, également spécialiste des sciences politiques et des relations internationales, l’Algérie distingue encore l’État français des manœuvres de l’extrême droite qui cherche à instrumentaliser la question algérienne à des fins électoralistes : «Nous observons un décalage manifeste entre la diplomatie française institutionnelle et les discours enflammés du camp extrême-droitier qui s’acharne à faire de l’Algérie un bouc émissaire.»
L’Algérie refuse d’entrer dans cette logique de confrontation stérile et rappelle son attachement aux principes du droit international et de la non-ingérence. Cependant, comme le souligne Dr. Boukeider, «l’Algérie ne tolérera jamais de diktat, de menace ou de comportement condescendant de la part de la France. La réaction algérienne traduit une fermeté nécessaire face aux provocations répétées.»
L’Accord franco-algérien de 1968 : une fausse arme politique
Parmi les arguments brandis par certains politiciens français figure la renégociation ou la remise en cause de l’Accord franco-algérien de 1968, régissant la circulation et le séjour des Algériens en France. Pourtant, comme l’explique Dr. Oussama Bouchemakh, cet accord a subi plusieurs modifications qui ont réduit, voire annulé, les avantages qu’il conférait initialement :
«Cet accord a été amendé en 1985, 1995 et 2001. Aujourd’hui, il ne confère pratiquement aucun privilège significatif aux Algériens. L’extrême droite française tente de faire croire au grand public que cet accord offre un traitement de faveur exorbitant aux Algériens, alors qu’en réalité, il a été vidé de sa substance.»
L’Algérie ne saurait donc accepter qu’un prétexte juridique obsolète soit utilisé pour justifier une rhétorique anti-algérienne outrancière.
Un message clair : souveraineté et respect mutuel
La crise actuelle illustre l’exigence algérienne d’un traitement digne et respectueux. Comme le rappelle Dr. Anis Boukeider, «la France doit comprendre qu’elle ne traite plus avec une Algérie post-coloniale mais avec une nation souveraine, fière et déterminée à défendre ses intérêts sans compromis».
Cette fermeté algérienne marque un tournant majeur dans les relations entre Alger et Paris. Elle souligne la volonté algérienne de construire des relations basées sur l’égalité et le respect mutuel, sans complaisance ni soumission aux diktats d’une France influencée par des courants extrémistes. L’avenir des relations entre les deux pays dépendra de la capacité de la France à sortir d’une posture condescendante pour entrer dans une dynamique de coopération sincère et apaisée.
Une posture algérienne stratégique et réfléchie
L’Algérie adopte une approche marquée par la prudence face aux tensions récurrentes avec la France. Anis Boukeider, professeur en sciences politiques et relations internationales, souligne que les réactions algériennes se caractérisent par une certaine retenue, visant à comprendre les réalités de la situation et à choisir une réponse appropriée». Toutefois, cette réserve ne saurait être assimilée à une quelconque faiblesse. Il insiste : «L’Algérie sait parfaitement comment frapper les intérêts français. Si un pays en Afrique peut vraiment nuire à la France, c’est bien l’Algérie».
L’assise diplomatique algérienne s’est renforcée ces dernières années. En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et acteur clé de l’Union africaine, l’Algérie joue un rôle central dans les débats internationaux. «Face aux provocations françaises, l’Algérie réagit en fonction de son image sur la scène internationale», précise Anis Boukeider. Cette ligne de conduite, qui préfère l’action mesurée à la réaction impulsive, est un choix stratégique en accord avec son positionnement diplomatique.
Une France en perte d’influence
La politique française à l’égard de l’Algérie semble, en revanche, marquée par une certaine errance. Oussama Bouchemakh, spécialiste en relations internationales, analyse cette situation en mettant en exergue «un véritable flottement institutionnel en France, qui se traduit par une incapacité à maintenir une ligne cohérente dans ses relations avec l’Algérie». Ce manque de clarté s’illustre par des changements de cap récurrents : de la gestion du Hirak à la question du Sahara occidental, en passant par le dossier mémoriel et les tensions sur la liberté d’expression.
Ce qui ressort, c’est une France qui peine à s’adapter à la nouvelle stature algérienne. «L’instabilité institutionnelle française et son incapacité à identifier clairement la nature de ses divergences avec l’Algérie ont ouvert plusieurs fronts conflictuels sans stratégie cohérente», observe Bouchemakh. Face à une Algérie qui avance de manière sûre vers le statut de puissance émergente, la France semble adopter une posture réactionnelle plutôt que proactive.
Recul géopolitique français
La perte d’influence de la France ne se limite pas à l’Algérie. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de repositionnement des équilibres mondiaux. Anis Boukeider met en perspective ce recul : «La France, prise en étau entre Washington et Moscou, n’est plus consultée sur les grandes questions internationales, y compris celles qui concernent l’Europe». Il compare même cette dynamique à la stratégie israélienne dans la bande de Ghaza : «Une fois sa crédibilité ébranlée, il ne reste plus que la provocation pour masquer l’affaiblissement».
Le constat est clair : la France traverse une crise de leadership. Avec une dette interne qui dépasse les 3 000 milliards d’euros et une instabilité politique marquée par la succession de quatre Premiers ministres en moins d’un an, la France donne l’image d’une nation en pleine turbulence. Anis Boukeider souligne la disparité entre les deux pays : «Alors que la France croule sous la dette, l’Algérie affiche une médoinie extérieure nulle et une croissance qui atteint 4,6 %, contre seulement 0,1 % pour la France ».
Une dynamique algérienne qui inquiète
Le succès économique et diplomatique algérien est perçu comme une menace par la France. Oussama Bouchemakh analyse cette appréhension française : «La stabilité croissante de l’Algérie, sa montée en puissance économique et sa diversification énergétique vers l’hydrogène vert renforcent son attractivité et diminuent la dépendance européenne envers la France». En d’autres termes, la France voit son ancien pré-carré lui échapper progressivement, notamment en Afrique, où l’Algérie se positionne comme un acteur influent.
Ainsi, la tension croissante entre Alger et Paris s’inscrit dans une dynamique où l’Algérie se renforce pendant que la France cherche à freiner son déclin. Une réalité qui rebat les cartes des relations entre les deux pays, et qui définira sans doute l’avenir des équilibres en Méditerranée et en Afrique.
G. S. E.
La guerre est-elle déclarée entre le président de la République française et son ministre de l’intérieur à propos de l’Algérie ?
Le président de la République française a prononcé à partir du Portugal des propos apaisants censés atténuer cette crise dans les relations algéro-françaises, qui n’ont jamais atteint ce niveau de dégradation. Hélas, quelques heures à peine, après les propos du président français son haineux ministre de l’intérieur a remis une couche, en instruisant les services de la police des frontières de refouler l’épouse de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, en lui interdisant l’entrée sur le territoire français sous le prétexte qu’elle n’avait pas d’argent. Et pourtant l’épouse du diplomate était en règle, elle a présenté son certificat d’hébergement, un document d’assurance et la carte de crédit de son époux.
C’est la provocation de trop de ce ministre de l’intérieur, conseillé par ses amis intimes. Les choses sont désormais clairs, ce ministre de l’intérieur qui fait de l’Algérie son seul et unique programme a décidé de jouer la carte de la rupture avec l’Algérie sur le dos son président.
L’Algérie qui est victime de ce double langage au sommet de l’Etat français ne peut plus rester les bras croisés et va prendre toutes les mesures de riposte qu’impose cette situation.
