Dans le vaste panorama économique de l’Algérie, un mouvement audacieux émerge, porté par plusieurs entreprises qui osent repousser les frontières de l’industrie mécanique nationale. Ces pionniers ont relevé le défi non seulement de créer des produits répondant aux normes internationales les plus exigeantes, mais aussi de maintenir un taux d’intégration nationale robuste.

Cette initiative, plus qu’une simple aventure entrepreneuriale, représente un catalyseur potentiel pour insuffler une dynamique significative au sein du secteur industriel, particulièrement dans le domaine crucial de l’industrie automobile.
Participant à la Foire de la production algérienne (FPA) tenue au Palais des expositions des Pins maritimes (Alger) jusqu’à hier, plusieurs entreprises ont arboré fièrement leurs réalisations en matière de développement des industries mécaniques en Algérie. Affirmant leur engagement envers l’augmentation des taux d’intégration dans ce secteur clé, ces entreprises ont répondu à l’appel du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui, lors de l’ouverture de cette importante manifestation économique, a souligné l’importance de l’industrie mécanique pour propulser l’Algérie vers de nouveaux sommets sur le plan industriel. Au fil d’une visite des pavillons de la FPA, l’APS a constaté la détermination des opérateurs économiques nationaux à suivre les orientations présidentielles et à jouer un rôle actif dans l’évolution du tissu industriel algérien, une dynamique impulsée par de nombreux investisseurs locaux prenant l’initiative de s’investir dans le domaine prometteur de l’industrie mécanique.
“Nous sommes sur la bonne voie”, a affirmé le Président Tebboune qui a salué les progrès réalisés par l’industrie mécanique en Algérie, mettant en avant l’importance accordée par l’Etat à ces industries.
Dans ce cadre dynamique, l’entreprise Iris ambitionne de doubler sa production de pneus pour voitures de tourisme, passant de 2 millions d’unités par an à 4 millions d’unités en 2024. Cette expansion repose sur l’agrandissement de son usine inaugurée en 2019, permettant ainsi de satisfaire la demande locale tout en exportant 40% de sa production vers 28 pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, et diverses nations africaines, comme l’a annoncé Kahina Arhab, directrice de l’information de l’entreprise. Elle a également souligné un projet visant la fabrication de pneus pour camions et autobus d’ici 2025, avec des négociations en cours avec des acteurs majeurs intéressés par la production automobile en Algérie afin de fournir des pneus conformes aux normes internationales.
Parallèlement, la société Planète Filtre a opéré une transition majeure il y a environ trois ans, passant de l’importation de filtres, une activité qu’elle exerçait depuis près de deux décennies, à la production locale. Cette transformation s’aligne sur “les aspirations de l’État algérien à promouvoir la production nationale, en particulier la fabrication de pièces de rechange automobiles”, selon les dires de Farid Khazani, directeur de la société. “Nous fabriquons des filtres à huile, à air et à carburant destinés aux voitures de tourisme, aux véhicules lourds, aux machines industrielles, ainsi que des filtres spécifiques aux usines”, a-t-il précisé, soulignant la préparation de l’entreprise à contribuer au développement de l’industrie mécanique en Algérie en fournissant les certifications de qualité exigées par les entreprises du secteur automobile.
En ce qui concerne la matière première, M. Khazani a précisé que celle-ci était en partie locale et en partie importée. Il a souligné que “l’usine Tosyali de fer et d’acier fournira à l’entreprise certains produits métalliques à partir de 2024, tandis que d’autres entreprises nous approvisionnent en caoutchouc et en ressorts, permettant ainsi d’atteindre un taux d’intégration de près de 60% dans deux ans, contre 30% actuellement”.
De son côté, Amine Chabi, directeur commercial de la société El-Qods spécialisée dans la transformation du verre, a mis en avant les réalisations de l’entreprise ces 40 dernières années pour développer l’industrie du verre automobile en Algérie. Ces efforts ont permis à l’entreprise de diversifier sa production, passant à la fabrication de vitres pour autobus, machines industrielles, wagons de trains Coradia, métros et tramways.
M. Chabi a également indiqué que la société contribuait à accroître le taux d’intégration dans le secteur de l’industrie automobile en Algérie en augmentant sa capacité de production à 650 unités de verre automobile par jour (contre 300 actuellement) à partir de 2025. Il a noté que “la société a reçu une offre de Fiat pour lui fournir du verre”.
Kheireddine B.
