
Alors que le président français Emmanuel Macron tentait, depuis la ville de Porto, au nord du Portugal, d’apaiser les tensions entre la France et l’Algérie, son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’employait à saboter toute initiative d’apaisement.
Ignorant ostensiblement les prérogatives qui lui sont imparties, il a redéfini la boussole diplomatique de la France en la faisant pencher vers une droite extrême, où l’Algérie devient une obsession et un levier politique personnel.
À peine quelques heures après les déclarations conciliantes du président français, Retailleau, dans un geste de défiance à peine voilé, a ordonné l’expulsion de l’épouse de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, lui refusant l’entrée sur le territoire français sous prétexte qu’elle ne disposait pas de moyens financiers suffisants. Pourtant, cette dernière était en parfaite conformité avec les exigences légales, munie d’une attestation d’hébergement, d’une assurance et d’une carte de crédit de son époux. Ce comportement outrageant met en évidence un schisme au sein même du pouvoir exécutif français : d’un côté, un président qui tente tant bien que mal de désamorcer les crispations diplomatiques ; de l’autre, un ministre de l’Intérieur qui s’arroge un rôle démesuré en imposant sa propre ligne dure vis-à-vis de l’Algérie, reléguant au silence le Quai d’Orsay et usurpant le rôle du ministère des Affaires étrangères.
L’Algérie réagit avec Ferme Résolution
Face à cette escalade provocatrice, Alger n’a pas tardé à réagir. La réponse algérienne s’est voulue immédiate et sans équivoque : toute mesure restrictive unilatérale imposée aux Algériens sera suivie de représailles strictes et proportionnées. En d’autres termes, l’Algérie traitera la France sur un pied d’égalité, en appliquant des restrictions de déplacement si nécessaire et en adoptant toute autre mesure que ses intérêts souverains exigeraient.
Loin de se limiter aux tensions actuelles, la crise révèle surtout un mépris flagrant du gouvernement français envers ses propres engagements bilatéraux. L’abus de décisions administratives arbitraires pour expulser des citoyens algériens ou leur refuser l’accès aux recours juridiques est devenu une pratique systématique, en contradiction totale avec les accords encadrant la mobilité entre les deux pays.
Un Pouvoir Français en Pleine Déliquescence
L’affaire ne se résume pas à une simple joute diplomatique. Elle met en lumière une dérive préoccupante au sein du pouvoir français, où des ambitions personnelles priment sur les intérêts stratégiques du pays. En l’absence d’un recadrage ferme du président Macron, le ministre de l’Intérieur semble déterminé à rompre définitivement les ponts avec Alger, sans mesurer les conséquences de cette rupture pour la France elle-même.
Dans cette atmosphère de tension, même le Premier ministre français, François Bayrou, a tenté de minimiser les frictions en déclarant que Paris n’avait aucune intention d’escalade diplomatique avec Alger. Mais encore faudrait-il que Retailleau prenne en considération la ligne officielle de son gouvernement avant de franchir un point de non-retour.
La France, qui prétendait vouloir maintenir un dialogue apaisé avec l’Algérie, se retrouve otage des gesticulations de son propre ministre de l’Intérieur, au risque de sacrifier des décennies de relations bilatérales sur l’autel d’un opportunisme politique aussi hasardeux que dangereux.
G. Salah Eddine
