
Dans un contexte économique mondial marqué par une volatilité persistante des prix de l’énergie, l’Algérie et sept autres pays de l’alliance «Opep+» ont décidé, lundi, de procéder à un retour progressif, à partir du 1er avril prochain, de leurs réductions volontaires de production pétrolière, selon un communiqué du ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables.
Cette décision, prise lors d’une réunion ministérielle par vidéoconférence, marque un tournant stratégique dans la gestion de l’offre pétrolière mondiale. Elle réunit des acteurs majeurs du marché, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman et la Russie, tous engagés dans une politique d’ajustement visant à réguler la production pour stabiliser les cours.
«Cette décision reflète l’engagement des huit pays de l’Opep+ à adopter une approche responsable afin d’assurer la stabilité du marché pétrolier international», a déclaré Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables. Cette annonce s’inscrit dans la lignée des politiques d’ajustement pilotées par l’Opep+, dont l’objectif est de prévenir une surabondance de l’offre qui pourrait entraîner une chute des prix, tout en répondant à une demande mondiale en mutation.
L’enjeu est de taille : après une période de coupes drastiques dans la production pour compenser l’effondrement des prix en 2020, l’Opep+ doit aujourd’hui jongler avec des tensions géopolitiques, des dynamiques de reprise post-pandémie et l’émergence de nouvelles stratégies énergétiques, notamment en Asie et aux États-Unis.
Un rééquilibrage progressif et flexible
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a confirmé dans un communiqué que cette décision repose sur «les fondamentaux sains du marché et des prévisions positives». Ainsi, les huit pays se sont entendus pour un retour progressif des ajustements volontaires de 2,2 millions de barils par jour à partir du 1er avril 2025, une orientation déjà discutée lors de la réunion de décembre dernier.
Toutefois, cette montée en production reste soumise à des mécanismes d’adaptation. Les ministres de l’Opep+ ont insisté sur le fait que «cette augmentation progressive pourrait être suspendue ou inversée en fonction des conditions du marché», assurant ainsi une marge de manœuvre cruciale en cas de retournement conjoncturel.
L’impact pour l’Algérie
Pour l’Algérie, qui cherche à maximiser ses recettes énergétiques tout en soutenant une transition économique progressive, cet ajustement se traduit par une hausse notable de la production. Selon les projections de l’Opep, la production nationale atteindra 911 000 barils par jour en avril prochain, avant d’augmenter progressivement à 1,007 million de barils par jour d’ici la fin de 2026. Ce redressement reflète la volonté du pays de tirer parti d’un marché plus équilibré, tout en sécurisant ses intérêts dans un secteur qui demeure l’un des piliers de son économie.
Cette décision illustre la nécessité pour les États producteurs d’adopter une stratégie agile, intégrant à la fois des impératifs économiques et des réalités géopolitiques mouvantes. Entre pragmatisme et anticipation, l’Opep+ maintient ainsi son rôle central dans la gestion des équilibres énergétiques mondiaux, dans un environnement où la stabilité demeure un défi constant.
G. Salah Eddine
