
Les relations historiques entre l’Algérie et le Sultanat d’Oman ont connu, ces dernières années, un nouvel élan grâce à la volonté affirmée des dirigeants des deux pays de renforcer ces liens et de les orienter vers des perspectives prometteuses, en vue de bâtir un partenariat stratégique privilégié englobant divers domaines, dans l’intérêt mutuel des deux pays et des peuples frères.
C’est dans ce cadre que s’est inscrite la visite d’État effectuée dimanche dernier en Algérie par le Sultan d’Oman, Haitham ben Tariq. À cette occasion, il s’est entretenu avec le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, sur les moyens de renforcer les relations de coopération entre les deux pays frères. Les deux dirigeants ont également échangé leurs points de vue sur diverses questions régionales et internationales, en accordant une attention particulière à la cause palestinienne.
Animés par la volonté et l’ambition communes du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et de son frère, le Sultan Haitham ben Tariq, de porter les relations fraternelles à des niveaux plus élevés, les deux pays ont procédé à des échanges de visites officielles.
Un Partenariat Durable
La visite d’État qu’a effectuée le président de la République au Sultanat d’Oman en octobre 2024 s’est conclue par la publication d’un communiqué commun, dans lequel les deux parties ont réaffirmé leur volonté de « poursuivre le développement de la coopération bilatérale dans divers domaines au mieux des intérêts des deux pays et peuples frères ».
À cette occasion, les deux dirigeants ont eu des entretiens empreints de fraternité et de compréhension mutuelle, reflétant « leur volonté de hisser la coopération bilatérale à la hauteur des relations fraternelles historiques ancrées entre les deux pays ».
Des orientations ont, d’ailleurs, été données à tous les secteurs pour « intensifier les contacts et l’échange de visites entre les parties concernées dans le cadre de la mise en œuvre et du suivi des initiatives et programmes communs ». Le président de la République et le Sultan d’Oman ont également souligné « l’importance de renforcer les opportunités de partenariat dans le secteur privé, de promouvoir les échanges commerciaux et industriels et de tirer parti des marchés des deux pays et de leur position pour encourager les exportations nationales vers les marchés régionaux et mondiaux ».
Cette visite à Oman a également été marquée par la signature de huit mémorandums d’entente portant sur plusieurs domaines, notamment la promotion de l’investissement, l’organisation d’expositions, d’événements et de conférences, ainsi que les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de l’environnement et du développement durable, des services financiers, de l’emploi, de la formation et de l’information. Les deux dirigeants ont également salué l’initiative portant sur la création d’un fonds d’investissement conjoint omano-algérien, destiné à favoriser l’établissement de partenariats et la réalisation de projets communs dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, la pétrochimie, l’agriculture saharienne, les technologies, le tourisme, ainsi que d’autres domaines porteurs. Lors de leurs échanges sur les questions régionales et internationales d’actualité, les deux parties ont souligné « l’importance de la coopération et de la coordination dans les organisations et les fora régionaux et internationaux, au service des intérêts des deux pays et du renforcement de l’action arabe commune », insistant sur « le soutien aux efforts visant à privilégier les options pacifiques et à consolider les fondements de la sécurité et de la stabilité dans la région et dans le monde, à travers l’application du droit international et le respect de la légalité internationale et des principes de justice et d’équité ».
Explorer les opportunités d’investissement
Dans le contexte du rapprochement entre l’Algérie et le Sultanat d’Oman, l’échange d’expériences et d’expertises a, lui aussi, connu une dynamique renforcée, marquée par la tenue de plusieurs rencontres entre chefs d’entreprises et hommes d’affaires des deux pays, en vue d’explorer les opportunités d’investissement.
À cet égard, le Fonds souverain algéro-omanais, actuellement en cours de préparation, est appelé à donner une « forte impulsion » aux investissements dans les deux pays. La visite de travail d’une délégation omanaise en Algérie, en avril dernier, visant à explorer les opportunités d’investissement dans le secteur des mines et de l’exploitation minière, a permis de souligner la volonté des deux pays de renforcer des partenariats stratégiques à long terme et d’approfondir les discussions sur les mécanismes de mise en œuvre de projets de coopération concrets, mutuellement bénéfiques.
Sur le plan culturel, l’Algérie a pris part cette année à la 29e édition du Salon international du livre de Mascate, avec la participation de 43 maisons d’édition qui ont présenté 900 titres dans divers domaines (histoire, arts, patrimoine et littérature algérienne), contribuant ainsi à renforcer les échanges culturels entre les peuples algérien et omanais.
Par ailleurs, e président de la République a salué, hier à l’Aéroport international Houari-Boumediene, l’hôte de l’Algérie, son frère sa Majesté Haïtham ben Tariq, Sultan d’Oman, pays frère, au terme d’une visite d’Etat de deux jours en Algérie.
A. Ryad
Elles opèrent dans divers domaines 263 entreprises algériennes enregistrées à Oman
La récente visite du Sultan d’Oman en Algérie pourrait bien marquer un tournant décisif dans les relations entre les deux pays. Selon plusieurs observateurs, cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique de convergence politique croissante, souvent considérée comme un levier essentiel à l’essor économique bilatéral.
La géographie, autrefois perçue comme un obstacle aux échanges, ne constitue plus un frein dans un monde globalisé. Le Sultanat d’Oman, bien que géographiquement éloigné, n’est pas plus distant que d’autres partenaires économiques de l’Algérie, comme la Chine. Les fondements de la coopération algéro-omanaise remontent à 1991, lors de la visite du président Chadli Bendjedid à Mascate. À cette occasion, un comité mixte avait été créé et plusieurs protocoles d’accord signés dans les secteurs de l’industrie et de l’énergie, lançant ainsi les premières bases d’un partenariat économique. Cependant, cette dynamique a connu un ralentissement à partir de 2020. La visite du président Abdelmadjid Tebboune à Mascate a alors été l’occasion de procéder à une réévaluation globale des relations économiques. En octobre 2024, cette volonté de relance s’est concrétisée, avec un diagnostic clair des freins au développement des échanges. À cette date, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays ne dépassait pas 84 millions de dollars, malgré la présence de quelque 263 entreprises algériennes enregistrées au Sultanat d’Oman, actives dans des secteurs variés tels que l’industrie manufacturière, les services, l’immobilier, l’éducation, ou encore le tourisme. Moins d’un mois après cette réévaluation stratégique, les résultats se sont fait sentir : les échanges et les investissements ont connu une hausse significative de 43%. Cette progression rapide illustre l’impact concret des nouvelles orientations politiques et des accords signés à cette occasion. Au-delà des chiffres du commerce, plusieurs projets d’investissement réussis témoignent de la solidité de la coopération bilatérale. Le groupe omanais Bahwan, en partenariat avec Sonatrach, a lancé un vaste projet industriel à Arzew pour la production d’urée et d’ammoniac, dont le coût avoisine les 3 milliards de dollars. D’autres initiatives remarquables ont vu le jour, comme la participation de la société omanaise KOGEX dans la gestion d’une station de dessalement et de production électrique à Skikda. Ce partenariat, qui a duré entre 13 et 14 ans, a permis un transfert de savoir-faire désormais pleinement maîtrisé par la partie algérienne.
Ces exemples illustrent un potentiel de coopération encore largement exploitable, et confirment que les relations algéro-omanaises, portées par une volonté politique commune, s’orientent résolument vers un partenariat stratégique durable.
A. R.
