Le prix du mouton de l’Aïd a connu une baisse cette année : Un défi relevé

A quelques jours de l’Aïd el-Kebir 2025, l’achat d’un mouton à un prix raisonnable s’impose déjà comme une préoccupation majeure pour de nombreux Algériens.

Reportage réalisé par Ammour Ryad

A Boudouaou, dans la wilaya de Boumerdes, le 16 mai 2025, l’odeur du foin et le bêlement incessant des moutons accueillent les visiteurs au marché à bestiaux de la commune de Boudouaou, l’un des plus animés de la région. Les familles affluent en quête du mouton de sacrifice, mais cette année encore, les prix donnent le tournis malgré l’importation des moutons de la Roumanie.

Des prix stables
Les acheteurs le constatent : le mouton devient relativement accessible cette année. Pour les familles à moyenne bourse, si elle n’arrivent pas à s’offrir ovin local, elles pourront se dirriger à l’importation. Une question de choix !

Un début à 60 000 DA
Pour une belle bête, il faut compter entre 60 000 allant jusqu’à 100 000 DA, voire plus dans certains cas !», affirme Nacer, père de famille venu Blida. À ses côtés, sa femme et ses deux enfants observent un mouton noir tacheté, pendant que l’éleveur tente de négocier le prix.
Du côté des vendeurs au sujet d’une baisse de prix considérable aux attentes des citoyens est un travail de longue haleine, les arguments sont clairs : la hausse du prix de l’orge, du fourrage, du transport et des médicaments vétérinaires a alourdi les charges. Il faut bien savoir que la viande du mouton algérien n’est pas du tout la même que des moutons de la Roumanie soit en qualité ou en goût. «On ne fait pas de bénéfices comme certains le pensent. Entre l’alimentation, les trajets depuis le Sud ou les Hauts-Plateaux, et la location de l’espace ici, nos marges sont faibles», clarifie M. Mourad, un éleveur venu de Kadara .
Dans ce contexte, il faut répondre aux besoins du plus grand nombre, les autorités publiques, conscientes de la situation, ont procédé depuis plusieurs semaines à l’importation de moutons de Roumanie par le biais du ministère du Commerce sous les dérictives du président de la République. Cependant, malgré ces efforts, de nombreuses familles algériennes espèrent s’offrir un mouton pour le sacrifice.

Des marchés bondés, une ambiance électrique
À Boudouaou, comme dans de nombreux marchés à travers le pays, l’ambiance est à la fois festive et tendue. Les discussions sont passionnées, les négociations s’éternisent. Certains viennent juste observer, d’autres espèrent tomber sur une bonne affaire.
Des enfants s’amusent et crient autour des enclos, les vendeurs lancent des appels à haute voix pour attirer les clients : «Viens voir, mouton du Bled ! Gros et en bonne santé ! ».
Halima est venue avec son mari. «On vient même si on n’achète pas aujourd’hui. C’est presque une sortie en famille». «On espérait trouver des moutons importés par rapport à leurs prix, mais il n’y en a pas. Et les prix des moutons locaux demeurent stables».
Malgré les divergeances autour des prix, l’ambiance propre à l’Aïd El Kebir continue de rassembler les familles, entre curiosité, tradition et espoir de trouver la bonne bête. À Boudouaou comme ailleurs, les moutons font leur show, et les Algériens, eux, jonglent entre foi, budget… et patience.

Entre tradition et réalité économique
Pour beaucoup, sacrifier un mouton reste un devoir religieux et une tradition familiale. Mais la réalité économique impose parfois des choix difficiles. Certains envisagent d’acheter un mouton plus petit, de retarder l’achat jusqu’à la veille de l’Aïd, ou encore de partager une bête avec des proches.
D’ici le jour J, les marchés continueront à vibrer au rythme des négociations et des hésitations. Reste à savoir si les prix finiront par baisser davantage, ou si la fête se fera, cette année encore, sous le signe du sacrifie et le besoin financier.
Pour rappel, la vente des moutons importés de la la Roumanie et l’Espagne a débuté en début du mois en cours à travers les différentes wilayas du pays, en collaboration entre le groupe des industries agroalimentaires et logistiques (Agrolog) et les autorités locales. Concernant le prix, il a été fixé à 40 000 DA par tête, soulignant que le poids moyen du mouton dépasse les 45 kg.
A. Ryad

ALGER 16 DZ

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