
Des experts économiques ont indiqué, lundi dernier, que la décision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, de superviser personnellement le processus de création des deux instances chargées de l’organisation et de la gestion des opérations d’exportation et d’importation, à travers la convocation prochaine d’une réunion ministérielle restreinte, reflète une volonté politique affirmée d’instaurer des règles de transparence dans le commerce extérieur.
Les experts ont affirmé, dans des déclarations à l’APS, que le projet de création des deux instances constitue un tournant stratégique majeur dans la gouvernance du commerce extérieur, incarnant une vision réformatrice claire visant à rompre définitivement avec les pratiques passées. Ils ont souligné qu’il s’appuie sur une évaluation rigoureuse des déséquilibres existants. Le suivi direct de ce dossier par le président de la République témoigne, selon eux, de l’importance cruciale qu’il accorde à cette démarche, traduisant une volonté politique forte d’instaurer des règles de transparence dans le domaine du commerce extérieur.
Dans ce cadre, le Directeur de l’École supérieure de commerce (ESC), Dr Ishak Kherchi, a mis en avant le caractère stratégique à long terme de cette décision. Selon lui, elle jette les bases d’un système juridique conforme aux standards internationaux et adapté aux exigences de gouvernance des prochaines décennies. Il a précisé que les deux instances prévues auront pour rôle de soutenir la production nationale et de réguler les importations en fonction des priorités de l’économie nationale.
Il a ajouté que la mise en œuvre de cette orientation représente une avancée déterminante vers la protection de la production locale et du tissu industriel national, tout en œuvrant à l’équilibre de la balance commerciale. Il a également souligné que les mesures prises permettront une meilleure régulation des importations aléatoires ou superflues, ce qui contribuerait à protéger le marché local contre les produits de qualité inférieure ou non conformes, et à instaurer une concurrence équitable entre les opérateurs économiques sérieux.
Vers une nouvelle gouvernance du commerce extérieur
Le Dr Kherchi a poursuivi en estimant que ces réformes sont susceptibles d’améliorer la performance de la balance commerciale et de dynamiser l’environnement de l’investissement, notamment à travers l’introduction de nouveaux mécanismes comme les « coopératives d’achat groupé » et la mise en place d’une coordination intégrée entre les organismes et les secteurs concernés, dans une approche participative reposant sur un contrôle intelligent fondé sur des données fiables.
De son côté, l’expert en économie Abdelkader Slimani a salué cette initiative, qu’il a qualifiée de « révolution organisationnelle », initiée par le président de la République à travers son implication personnelle dans le suivi du dossier. Il considère que cette démarche offre de solides garanties pour l’instauration d’un système transparent de régulation des exportations et des importations, tout en jetant les bases d’une nouvelle phase de renforcement de la souveraineté économique du pays.
Il a précisé que la réussite de ces réformes devrait favoriser une meilleure intégration locale et élargir l’importation de matières premières et d’intrants technologiques non disponibles sur le marché national, ce qui soutiendrait l’orientation de l’État vers une économie diversifiée, moins dépendante des hydrocarbures.
M. Slimani a également plaidé pour l’instauration d’un cadre juridique souple et évolutif, en plus de la création d’une plateforme numérique unifiée rassemblant l’ensemble des procédures et documents relatifs aux opérations d’importation et d’exportation. Cette plateforme permettrait aux opérateurs de suivre leurs dossiers en temps réel, de manière interconnectée entre les différents services concernés.
Pour rappel, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée dimanche, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a ordonné l’enrichissement des textes juridiques relatifs à la création des deux instances nationales chargées de l’importation et de l’exportation. Il a décidé de reporter la présentation du projet pour garantir davantage de précision, en insistant sur la nécessité que ces textes soient valables sur le long terme et conformes aux mécanismes internationaux.
Dans le même contexte, le communiqué du Conseil des ministres a précisé que le président assurera personnellement le suivi et l’accompagnement de la création de ces deux structures lors d’une prochaine réunion ministérielle restreinte. L’objectif est de rompre avec les dérives ayant entaché les anciens organismes responsables des opérations d’importation, d’établir des critères précis pour les importateurs et exportateurs en fonction des spécificités et des volumes de la production nationale, et de définir des normes strictement algériennes dans ce domaine.
A.Ryad
