
Lors de l’émission «L’Échiquier international», diffusée vendredi sur la chaîne AL24 News, plusieurs experts ont affirmé que l’entité sioniste a gravement sous-estimé l’Iran — sur les plans militaire, technologique et stratégique — et qu’elle en paie aujourd’hui le prix fort, victime de son propre excès de confiance.
L’escalade militaire entre l’Iran et l’entité sioniste a pris, en l’espace d’une semaine, un tournant inattendu. L’opération militaire sioniste, lancée avec pour ambition d’éliminer l’état-major iranien, a déclenché une riposte massive et coordonnée de Téhéran, révélant une sophistication technologique et une résilience stratégique que peu d’analystes semblaient anticiper.
Lors de son intervention, Manuel Pouchelet, expert géopolitique français, a indiqué que l’entité sioniste vit aujourd’hui les conséquences directes de sa stratégie offensive. «Ils sont en train de subir le revers de leur initiative militaire où ils pensaient avoir décapité tout l’état-major iranien. Force est de constater que l’Iran s’organise, frappe en profondeur et touche des objectifs variés sur tout le territoires sionistes avec des technologies qui n’avaient pas été anticipées.
Cette capacité iranienne à maintenir un système de commandement opérationnel malgré les pertes est l’un des éléments-clés de la surprise stratégique. «Le système de commandement iranien est toujours intact et c’est peut-être cela la véritable surprise», a insisté Pouchelet. «Le guide suprême ne s’exprime pas, mais le système, lui, fonctionne.»
Une guerre d’endurance
Les experts pointent surtout un changement de paradigme militaire : Téhéran a démontré une maîtrise avancée des technologies balistiques, notamment en contournant les défenses sionistes. «Israël utilise le Dôme de fer en complément avec les systèmes américains ARO, mais ces deux systèmes nécessitent une interopérabilité parfaite. Or, l’Iran a parfaitement compris comment saturer ce dispositif», a souligné Pouchelet. «L’engagement de vecteurs de dernière génération démontre que l’Iran est un contradicteur tenace.»
L’historien Youcef Bousemah, intervenant lors de la même émission, a partagé ce constat : «L’entité sioniste a sous-estimé la réaction iranienne. Le système de défense sioniste multicouche est aujourd’hui mis en échec par une stratégie de saturation parfaitement calibrée.» Selon lui, l’Iran aurait délibérément envoyé dans un premier temps des missiles de moindre qualité – sa “ferraille” – afin de forcer l’ennemi à gaspiller ses ressources de défense.
Un rapport cité par Bousemah, publié dans la presse américaine, alerte : «Le rythme actuel des contre-mesures sioniste ne serait soutenable que dix jours supplémentaires.» En clair : le coût exorbitant de chaque missile antimissile pourrait rapidement mettre Israël dans une impasse. «Pour un missile iranien, il faut parfois dix missiles israéliens à plusieurs millions de dollars chacun», précise-t-il.
Un échec stratégique sioniste
Si l’objectif de l’entité sioniste était une guerre éclair de type “Shock and Awe” – référence directe à l’opération américaine en Irak en 2003 – il semble que cette stratégie ait échoué. «Ils pensaient frapper fort et vite pour forcer une reddition», explique Bousemah. «Mais cette fois, l’ennemi résiste, mieux encore : il impose son rythme.»
Selon Manuel Pouchelet, l’armée sioniste a probablement sous-estimé la profondeur de l’appareil militaire iranien : «Les installations sont souterraines, protégées et les missiles plus rapides que ceux utilisés par d’autres groupes comme le Hezbollah.»
L’orateur a également évoqué un autre facteur négligé : la guerre psychologique. «Le plus inquiétant pour les sionistes, c’est que l’Iran a peut-être réussi à faire croire à la population hébreuse qu’elle n’était plus protégée. Et cela, c’est un séisme intérieur. »
Une guerre au long cours
L’un des points communs aux deux experts est leur conscience du “temps long” iranien. «Les Iraniens ont compris que les Américains et les sionistes sont habitués aux frappes rapides. Eux, ils s’inscrivent dans une guerre d’endurance.» Et les implications économiques commencent déjà à se faire sentir. «Depuis le début des opérations à Ghaza, Israël aurait dépensé près de 85 milliards de dollars. Une somme colossale qui aurait pu être investie dans les infrastructures, et non dans la guerre», a estimé Pouchelet.
Enfin, il a rappelé un précédent militaire marquant : «Comme les Américains à Mogadiscio, Israël a peut-être foulé au pied un nid de frelons. Et il ne s’y attendait pas.»
Alors que les pourparlers diplomatiques s’esquissent timidement à Genève et que les Européens tentent de rouvrir la voie du compromis, l’ombre d’un engrenage régional plane. L’initiative sioniste, pensée comme une démonstration de force, a déclenché une riposte qui révèle des vulnérabilités jusque-là niées. Les jours à venir seront cruciaux pour déterminer l’avancement de cette crise sans précédent qui menace la sécurité internationale.
G. Salah Eddine
