Le programme des festivités célébrant le 63e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale

Le programme des festivités célébrant le 63e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, lancé au cours de la semaine dernière dans les quatre coins du pays, se poursuit durant cette semaine. Ce programme prévoit l’inauguration, la mise en service et le lancement de plusieurs projets et structures de proximité, ainsi que la distribution de logements dans différentes communes.
Les Algériens se remémorent encore les scènes de liesse populaire qui avaient marqué le jour de l’indépendance, il y a 63 ans, gardant en mémoire les circonstances exceptionnelles qui ont entouré ce grand événement qu’est le recouvrement de la souveraineté nationale.

De Oran à Naâma … après de grandes souffrances, la joie de la victoire !

Les derniers jours précédant le recouvrement de la souveraineté nationale, le 5 juillet 1962, restent gravés dans la mémoire des moudjahidine condamnés à mort. Dans les prisons du colonisateur français régnait une atmosphère d’attente faite d’espoir et de joie à l’approche de la réalisation du rêve de la victoire et de l’indépendance, après de grandes souffrances et d’immenses sacrifices.
Le moudjahid Benayad Kaddour, président du bureau de wilaya de l’Association nationale des anciens condamnés à mort, a déclaré à l’APS, à la veille de la célébration du 63e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, que les sentiments qui l’envahissaient, lui et ses compagnons dans la prison de Serkadji (ex-Barberousse) à Alger et celle de Lambèse à Batna étaient mitigés : une immense joie à l’idée de la fin imminente du colonialisme et de l’accession à la liberté, mais aussi une certaine inquiétude quant aux éventuelles représailles du colonisateur envers les prisonniers.
« Rien que d’imaginer que nous allions échapper à la peine de mort relevait du rêve. Personne n’aurait cru que ces prisons, où nous avons vécu l’enfer, ouvriraient un jour leurs portes pour nous laisser sortir vivants. C’était comme une renaissance », a-t-il témoigné.
Selon lui, les informations parvenant aux moudjahidine en prison étaient très limitées, « mais la plus importante concernait l’approche de l’indépendance et l’expulsion du colonisateur français. Il y avait un sentiment général de joie et d’espoir à l’idée de voir enfin la victoire et la libération, qui venaient couronner une longue lutte et d’énormes sacrifices ».
Les geôliers français s’employaient à démentir toute information susceptible d’apporter un peu de réconfort aux détenus, allant jusqu’à diffuser de fausses nouvelles sur des défaites ou des pertes imaginaires de l’armée et du Front de libération nationale, afin de briser l’espoir qui représentait la principale source de survie morale pour les moudjahidine emprisonnés, selon le témoignage du même moudjahid.
A la fin des négociations, en mars 1962, poursuit Benayad Kaddour, « la bonne nouvelle de l’indépendance imminente est tombée, les exécutions ont cessé, mais les geôliers prenaient plaisir à sortir la guillotine, à la nettoyer et à la préparer chaque jour, comme une forme de torture psychologique », rappelant avoir été arrêté par le colonisateur après avoir mené une opération de fida à Oran.
De son côté, le moudjahid Aidine Mekki, qui avait participé à la même opération que Benayad, a affirmé que l’annonce de l’indépendance a été, pour les condamnés à mort, comme un « retour à la vie ». « Nous étions comme morts dans les prisons », a-t-il dit.

Les moudjahidine et habitants ravivent les souvenirs
L’ambiance de liesse qui a régné dans la wilaya de Nâama, le 5 juillet 1962, demeure gravée dans la mémoire des moudjahidine et des habitants de la région ayant vécu cet événement, marqué par des célébrations témoignant de leur fierté pour la victoire et le recouvrement de la souveraineté nationale, résultat d’une glorieuse guerre de libération et d’un long combat contre le colonialisme français.
La moudjahida Helou Sakina, connue sous le nom de Salhiha, se remémore avec force détail le jour de l’indépendance, après avoir participé au combat contre le colonisateur français en accomplissant des missions de liaison et de collecte de fonds dans la région de Tiout. Elle a également pris part aux premières opérations de fida, telles que celle menée par le martyr Benmiloud Ahmed, en mars 1956 à Aïn Sefra.
Cette moudjahida, aujourd’hui octogénaire, souligne que c’était un moment « historique, inoubliable, car j’ai eu l’honneur de confectionner une copie du drapeau national qui a flotté dans le ciel de Ksar T’nent après l’annonce du cessez-le-feu, le 19 mars 1962 ».
« Une joie immense m’a submergée, au point de pleurer. C’était presque irréel de voir le rêve de liberté se concrétiser après tant de souffrances, d’injustices et d’atrocités commises par le colonisateur français contre les Algériens », a-t-elle ajouté.
Zohra, âgée de 92 ans et originaire de Mécheria, sœur des martyrs Ziane Ali et Ziane Mazhar, se souvient, de son côté, de ces célébrations populaires qui ont duré plusieurs semaines, mêlant cris de joie, youyous et slogans glorifiant la révolution et le courage du peuple algérien. Elle raconte que la ville de Mécheria a vécu des festivités intenses, les habitants y brandissaient des banderoles rendant hommage à la lutte de libération et à la victoire arrachée par le peuple à l’une des plus puissantes forces coloniales de l’époque.
« Les habitants des villages voisins, comme Aghla Essendan, Draa El Aoud et Roudassa, sont venus à Mécheria en camions, certains ont même parcouru de longues distances à pied pour partager avec les hommes, femmes et enfants de la ville la joie de ce jour glorieux », a-t-elle témoigné.

Sidi Bel-Abbes se souvient
Pour le moudjahid Ahmed Naoual, secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) et ancien membre de l’Armée de libération nationale (ALN) entre 1957 et 1962, a relaté avec précision les derniers instants précédant le recouvrement de la souveraineté nationale, le 5 juillet 1962.
Il a affirmé que « les prémices de la victoire commençaient déjà à se faire sentir dans les cœurs des Algériens, dès l’annonce du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, malgré la méfiance persistante vis-à-vis des intentions du colonisateur français ». Dans un témoignage livré à l’APS, le moudjahid Naoual a déclaré : « Nous suivions les développements des négociations à travers les ondes de la radio Sawt Al Arab du Caire, et nous attendions avec impatience la signature des Accords d’Evian, mais nous ne faisions pas confiance à l’ennemi », car rien n’était encore acquis. « Des centres pour les moudjahidine avaient été ouverts à travers le pays, et nous nous réunissions au centre de Oued Tourira, où affluaient des citoyens de toutes parts pour rencontrer les moudjahidine ou connaître le sort des martyrs, dans des scènes émouvantes et inoubliables », se souvient-il.
M. Naoual a également évoqué l’esprit de solidarité entre le peuple et l’ALN, signalant que « le peuple répondait à tous nos besoins, nourriture et hébergement compris, et l’Armée de libération nationale veillait à protéger les biens du peuple et à défendre sa dignité, dans le seul but de recouvrer la souveraineté nationale ».
Concernant l’atmosphère du jour de l’indépendance, il a rapporté avec émotion que « le drapeau français fut descendu et le drapeau national hissé pour la première fois, au milieu des youyous des femmes et des larmes des personnes âgées et des enfants. Ce fut un moment historique dans tous les sens du terme, mêlant joie et larmes, après sept ans et demi de lutte acharnée ».
« Les enfants imitaient, ce jour-là, les moudjahidine qu’ils voyaient pour la première fois en uniforme militaire, et les femmes chantaient et pleuraient en signe de gratitude pour ces hommes qui ont tenu leur promesse et arraché l’indépendance ».

Inaugurations et lancement de projets dans les wilayas du Centre
Le programme des festivités célébrant le 63e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, lancé au cours de la semaine dernière dans les wilayas du centre du pays, s’est poursuivi samedi par l’inauguration de nouveaux projets de développement et le lancement ou la relance d’autres dans le but d’embellir le cadre de vie des citoyens.
A Blida, les festivités se sont poursuivies avec l’inauguration de nouveaux projets liés à la vie quotidienne de la population, touchant divers secteurs, notamment les travaux publics, la santé, les ressources en eau, l’énergie et le sport.
Vendredi soir, la ville de Blida a également connu des défilés qui ont parcouru ses principales rues.
A Aïn Defla, les autorités ont supervisé la mise en service de trois écoles primaires dans la commune d’El Attaf, ainsi qu’une autre école primaire et un collège d’enseignement moyen (CEM) dans la ville d’Aïn Defla. Un camp de jeunes et un bureau de poste ont également été inaugurés dans le quartier de Kouadri, et un réseau de gaz naturel a été mis en service pour 700 foyers dans la localité de Koudiet-Zabouj, dans la commune de Bourached.
A Tizi Ouzou, un programme varié de festivités a touché 11 communes de la wilaya. L’inauguration du nouveau siège de la daïra de Mekla, de la bibliothèque communale de lecture publique de Souamaâ, la mise en exploitation de la forêt récréative Lekhmis à Yakourene, ainsi que la pose de la première pierre pour la réalisation d’une polyclinique à Tamda, à l’est de la wilaya, ont notamment été au programme.
La wilaya de Médéa a vécu aussi une journée rythmée par les inaugurations.
Un centre foncier intercommunal et un siège de contrôle financier ont notamment été inaugurés dans la ville de Médéa. Un établissement scolaire a été mis en exploitation au sein du pôle urbain de Médéa et une polyclinique a été mise en service dans la commune de Mihoub.
A Boumerdès, la pose de la première pierre a marqué le début de la réalisation de plusieurs projets de développement, dont la construction d’un réservoir d’eau d’une capacité de 500 mètres cubes à Kharrouba, d’un complexe scolaire dans la même commune et d’une maison de jeunes à Timzrit. La même ambiance festive a régné à Tipasa, où plusieurs projets de développement ont été inaugurés, notamment une station de pompage, un réservoir d’eau d’une capacité de 5000 mètres cubes, un bureau de poste à Hadjout et le raccordement de 53 résidences au réseau de gaz naturel. Les célébrations de cet événement historique dans la wilaya de Djelfa ont été marquées par l’organisation d’un marathon des employés des collectivités locales lesquelles ont également procédé au renforcement du parc municipal de Djelfa avec huit camions destinés à la collecte des déchets ménagers.
La wilaya de Bouira a, quant à elle, consacré une part importante des festivités à l’inauguration et au lancement de nouveaux projets de développement dans divers secteurs, comme la pose de la première pierre pour la construction de 2000 logements publics locatifs (LPL) à Oued Bellil, ou encore le lancement de la construction d’une décharge publique à Lakhdaria.

De Batna à Béjaïa, une journée mémorable et inoubliable
La journée du jeudi 5 juillet 1962, gravée pour toujours dans la mémoire collective des Algériens, inscrit en lettres d’or le recouvrement de la souveraineté de l’Algérie après une longue lutte et d’immenses sacrifices, selon des témoignages recueillis par l’APS à la veille de la célébration du 63e anniversaire de l’indépendance et de la jeunesse.
Quelques-uns parmi celles et ceux qui ont vécu cette date, approchés par l’APS à Batna, s’accordent unanimement à affirmer que ce fut « une journée remarquable, définitivement gravée dans la mémoire, dès lors qu’elle avait donné lieu à une joie indescriptible qui avait fait trembler de bonheur villes, villages, mechtas et douars des Aurès », se souvient la moudjahida Sassia Hallis, membre active de la cellule secrète féminine durant la glorieuse révolution.
« Je suis totalement incapable, encore aujourd’hui, de décrire le sentiment que mes compagnons de lutte et moi-même avions ressenti dans ces moments heureux qui nous ont vu célébrer de façon complètement débridée la victoire de l’Algérie sur l’occupant », soutient-elle.
A Béjaïa, cette journée historique a été fêtée avec plus de faste au chef-lieu de willaya, mais aussi dans d’autres agglomérations de la région, dont El-Kseur, Sidi-Aïch, Seddouk, Akbou et Tazmalt, situées essentiellement dans la vallée de la Soummam, se souviennent des moudjahidine.
Embarqués notamment sur des camions, des citoyens, toutes catégories confondues, ont sillonné les artères de la ville de Béjaïa, notamment entre la place du 1er-Novembre (ex-place Gueydon) et Ighil Ouazzoug, à l’extrémité ouest, mais aussi les grandes routes interurbaines dans un va-et-vient qui a duré jusqu’à la tombée de la nuit, se souvient Lounès Bensoula, ancien officier de l’Armée de libération nationale (ALN), du haut de ses 92 ans.
RN/APS

ALGER 16 DZ

Next Post

63e anniversaire de l'Indépendance : "Le grand Orchestre algérien de musique Senâa" anime un concert à Alger

lun Juil 7 , 2025
Un moment musical inoubliable a illuminé le ciel d’Alger, vendredi dernier, avec un concert d’une ampleur exceptionnelle signé par “Le grand orchestre algérien de musique sanaâ”. Plus de 400 musiciens et chanteurs, issus de 40 associations culturelles à travers le pays, ont uni leurs talents pour célébrer avec ferveur le […]

You May Like

Alger 16

Le quotidien du grand public

Édité par: Sarl bma.com

Adresse: 26 rue Mohamed El Ayachi Belouizdad

Adresse du journal: 5-7 Rue Sacré-coeur Alger Centre

E-mail:alger16bma@gmail.com

Numéro de téléphone: 021 64 69 37