Un cap fixé avec le Président Tebboune : L’Algérie s’équipe contre la corruption

Depuis 2019, l’Algérie a opéré un tournant majeur en réformant en profondeur sa gouvernance. Portée par une volonté politique affirmée, cette dynamique s’est traduite par une rupture nette avec les pratiques du passé et l’instauration d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption et la criminalité économique. Des experts ont approuvé cette affirmation, lors d’une émission «Hadith Al-Djazair» sur AL24News.

Dès son investiture, le président Abdelmadjid Tebboune a placé cette lutte au cœur de son mandat. «Le pouvoir a été arraché des mains de ces bandes», affirmait-il, en référence aux réseaux d’intérêt qui avaient confisqué l’État. Depuis, l’ensemble des institutions est mobilisé autour d’un objectif : restaurer la confiance et réhabiliter l’éthique publique.
Sur le plan opérationnel, des avancées notables ont été enregistrées. Deux lois structurantes — sur le blanchiment d’argent et la protection des données personnelles — ont été adoptées, renforçant la sécurité financière et l’adaptation du pays à l’ère numérique. Dans une approche participative, l’État entend aussi impliquer les citoyens via un mécanisme incitatif pour les lanceurs d’alerte, avec des garanties juridiques solides, telles que l’anonymat et l’immunité.
La création d’une haute-autorité indépendante de lutte contre la corruption, directement rattachée à la présidence, marque une étape décisive. Son action coordonnée à l’échelle nationale — audits, sensibilisation, veille stratégique — illustre la volonté de bâtir une culture de transparence.
Les résultats sont là : près de 30 milliards de dollars ont été récupérés et des candidatures électorales entachées de soupçons écartées, consolidant l’intégrité du processus démocratique. À cela s’ajoute un taux de mise en œuvre de 51,37 % des mesures de la stratégie nationale, selon Salima Mesrati, présidente de la Haute-Autorité de transparence.
Alignée sur les conventions internationales, notamment la Convention africaine contre la corruption, l’Algérie affirme sa souveraineté juridique tout en consolidant son image d’acteur crédible au sein des dynamiques multilatérales.
Au cœur de cette architecture réformiste, l’indépendance du pouvoir judiciaire constitue le socle d’une transformation durable. L’Algérie ne se contente plus de réagir : elle construit un État de droit résilient, où la loi et l’éthique redéfinissent le contrat social.

Un tournant structurel dans l’histoire politique algérienne
Lors de son intervention dans l’émission, le professeur Amar Sigha, spécialiste en sciences politiques et relations internationales, a affirmé que la rupture post-2019 s’inscrit dans un contexte de «dépassement des pratiques opaques héritées de l’ère des groupes d’intérêt, qui ont longtemps instrumentalisé l’immunité parlementaire pour échapper à toute forme de reddition de comptes». Il a salué les réformes engagées depuis l’arrivée de Tebboune au pouvoir, soulignant notamment «le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la transparence des procédures de poursuite contre d’anciens hauts responsables civils et militaires».
À ses yeux, ces transformations «ne relèvent plus de l’immédiateté d’une réaction politique, mais structurent les fondements d’un système durable de lutte contre la corruption», avec en point d’orgue la création de la Haute-Autorité de transparence et de lutte contre la corruption et la constitutionnalisation de la séparation des pouvoirs.

Une volonté de moraliser l’action politique
De son côté, le professeur Anis Boukider a insisté sur l’impératif éthique de cette démarche. Selon lui, «la moralisation de la vie politique n’est plus un luxe, mais une nécessité historique née d’un effondrement de la confiance entre le peuple et ses représentants». Il a rappellé que la présidence Tebboune a été marquée dès ses débuts par un engagement fort en faveur d’une politique fondée sur l’intérêt général, l’intégrité, et la transparence, loin des logiques clientélistes qui ont jadis dominé la scène nationale.
«Nous avons assisté avant 2019 à un effondrement de la scène politique, à une prolifération d’acteurs médiocres instrumentalisant les partis et les campagnes électorales à des fins personnelles. Le Président a mis fin à cette ère en posant une nouvelle éthique publique», a-t-il expliqué. Pour preuve, il a cité le nouveau code électoral qui exige un niveau d’instruction minimum, un casier judiciaire vierge et l’éloignement strict de l’argent sale des processus électoraux.

La guerre contre l’argent illicite
L’une des pierres angulaires de cette stratégie réside dans la protection du système financier national. Le professeur de droit Mounir Katal souligne l’importance capitale des deux lois récemment adoptées, relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et à la protection des données personnelles. Ces textes constituent, selon lui, «les deux piliers de la sécurité financière de l’Algérie à l’ère numérique», permettant à l’État de «suivre et sanctionner les flux suspects, démanteler les circuits de financement criminels et garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques».
Il a également insisté sur la portée pénale de ces réformes : «La protection du bien public n’est pas qu’un objectif moral, elle est juridiquement encadrée. Les fonds issus de la corruption ou du financement du terrorisme seront systématiquement gelés, confisqués et les auteurs poursuivis sans prescription.»
Dr Katal a rappellé aussi que «la dignité humaine est au centre de la lutte contre la corruption, car ce fléau ne touche pas uniquement à la légalité financière mais détruit le tissu social, mine la confiance et compromet la justice».

Un engagement forgé par l’expérience et ancré dans l’appareil d’État
L’un des éléments rarement soulignés mais essentiels dans la compréhension de la stratégie anti-corruption du Président Tebboune réside dans sa trajectoire administrative. Comme l’a rappellé le professeur Anis Boukider, «le Président Tebboune a gravi, une à une, toutes les marches de la haute administration algérienne, jusqu’à devenir Premier ministre. Il connaît intimement les rouages de l’État, les failles du système et les zones grises où s’enracine la corruption». Cette expérience de terrain lui a permis de concevoir une riposte globale, articulée autour de la transparence, de la reddition des comptes et de la restauration de l’autorité de l’État.
«Le programme politique porté par Abdelmadjid Tebboune dès son entrée en fonction s’articulait autour d’un triptyque clair : lutte contre la corruption, récupération des fonds détournés et éradication des mécanismes d’évasion économique tels que le gonflement des factures à l’importation», a expliqué Boukider. Cette orientation trouve sa traduction concrète dans les réformes engagées dès le début de son mandat, notamment la révision constitutionnelle de 2020, qui a inscrit pour la première fois dans le texte fondamental les principes de transparence, de contrôle budgétaire et de responsabilité politique.
À cet égard, le Président s’est appuyé sur un véritable «arsenal juridique anti-corruption», incluant la redéfinition du code pénal, l’activation du rôle de l’Office national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), et la structuration d’une diplomatie juridique offensive. «La lutte contre la corruption dépasse les frontières nationales : elle exige une coopération judiciaire et diplomatique avec les pays où ont pu se réfugier certains acteurs impliqués dans le détournement de fonds publics», a précisé le politologue.
L’Algérie a, en ce sens, intensifié ses efforts bilatéraux, notamment avec les États concernés par le rapatriement des capitaux illicites, et renforce son engagement dans les mécanismes multilatéraux comme la Convention des Nations unies contre la corruption, ou encore la Stratégie nationale de transparence et de lutte contre la corruption 2023–2027, pierre angulaire de son plan à long terme.
Pour le Dr Boukider, «les résultats tangibles, les initiatives diplomatiques, la structuration d’une stratégie transversale à l’échelle nationale, régionale et internationale — tout cela témoigne de la profondeur de la vision présidentielle. Nous ne sommes plus dans la réaction, mais dans la planification». Cette logique d’action, conjuguée à une volonté assumée de transformation systémique, confère à l’approche algérienne une dimension résolument stratégique.

Une mobilisation multisectorielle
Les trois experts convergents sur un point essentiel : la guerre contre la corruption ne peut être gagnée sans une alliance entre les institutions étatiques, la société civile et les médias. «La nouvelle dynamique algérienne implique désormais le citoyen comme acteur actif, grâce notamment à l’introduction de mesures incitatives à destination des lanceurs d’alerte, protégés par des textes garantissant leur anonymat et leur sécurité», a rappellé Amar Sigha.
Dans cette logique, Anis Boukider a salué l’encouragement des jeunes et des candidatures indépendantes, particulièrement via le financement public de leurs campagnes électorales, comme gage de renouvellement de la classe politique. Quant à Mounir Katal, il insiste sur la nécessité de «consolider la transparence administrative et judiciaire, notamment à travers l’ouverture de dossiers sensibles et la publication régulière des verdicts rendus au nom du peuple algérien».
De plus, les réformes algériennes suscitent une attention croissante à l’échelle internationale. «La stratégie de l’Algérie est désormais citée comme un modèle en Afrique, aux côtés de pays comme le Rwanda ou Singapour, en matière de gouvernance et d’éthique publique», a noté Katal. La coopération active de l’Algérie avec les conventions onusiennes, africaines et arabes contre la corruption «témoigne de sa volonté de s’aligner sur les standards internationaux les plus exigeants». A travers ces politiques, l’Algérie dit au monde qu’il faut penser en Je pour réaliser ce qui sera dit en Il. Pour inspirer.
L’Algérie d’après-2019 ne se contente plus de diagnostiquer les maux de la corruption, elle les combat avec méthode, courage politique et innovation juridique. Une trajectoire saluée à l’unanimité par les experts, pour qui la bataille pour la transparence est désormais «non seulement un impératif moral, mais une exigence de souveraineté et un levier fondamental de la refondation républicaine”.
En tous cas, la lutte contre la corruption en Algérie ne relève plus de la déclaration d’intention. Elle est devenue un pilier de la stratégie de gouvernance nationale, fondée sur la souveraineté de la loi, la revalorisation du service public, et la restauration de la confiance entre l’État et le citoyen. L’argent public est un dépôt sacré. Ceux qui ont volé le pain des Algériens répondront de leurs actes. L’Algérie a donc engagé un virage décisif, non sans obstacles, mais avec une ambition historique : bâtir un État moderne, éthique, souverain, et respecté à l’échelle africaine et mondiale.
G. Salah Eddine

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