
Une pluie de rires, de talents et d’émotions a envahi la salle du Théâtre national algérien lors d’une soirée exceptionnelle du festival Algé’ Rire, placée sous le signe de la joie de vivre et de l’humour “dz spirit”. Des invités de marque, issus du monde artistique, étaient présents pour soutenir leurs amis sur scène dans une ambiance survoltée.
Abdelkrim Derradji, alias Krimo, ouvre le bal avec Sans filtre
La soirée a démarré en force avec Abdelkrim Derradji, humoriste bien connu du public, qui a présenté son spectacle Sans filtre, rodé et enrichi. Dès son entrée sur scène, Krimo a mis le feu avec une performance explosive, accompagné de deux danseurs. Récits de jeunesse dans un F2, anecdotes de son parcours scolaire, portraits de famille… Krimo a déroulé un récit truffé d’humour, de finesse et de réflexions subtiles, oscillant entre réalité et fiction.
Mais Krimo ne se contente pas de faire rire : il chante, danse et joue avec une aisance déconcertante. La deuxième partie du spectacle a surpris toute la salle, transformant le TNA en véritable salle des fêtes grâce à des performances musicales inédites. Avec Amine Guitare et un autre chanteur, Krimo a revisité des classiques du chaâbi, détournés avec des paroles humoristiques sur le mariage et les relations homme-femme. Un récital original qui confirme le talent multiforme d’un artiste en pleine ascension.
Une scène ouverte aux jeunes talents de l’humour algérien
La troupe Algé’ Rire n’était pas en reste. Elle a brillamment démontré l’étendue de son potentiel à travers des prestations variées et dynamiques. Parmi les têtes d’affiche, Samy Gougam a conquis le public avec son énergie débordante et ses textes inspirés du quotidien : l’amour, la vie de quartier, l’Algérie d’aujourd’hui… Une manière sincère et efficace de se connecter à un public de plus en plus fidèle.
Fares, Inès, Khalifa et bien d’autres jeunes humoristes ont eux aussi brillé sur scène, chacun avec un style bien à lui, faisant exploser la salle de rires malgré la chaleur ambiante.
Khaled Benaïssa, entre dérision et confession
Grande surprise de la soirée, l’acteur Khaled Benaïssa, reconnu à la télévision et au cinéma, s’est aventuré sur les planches pour un stand-up étonnant. Avec humour et autodérision, il s’est interrogé sur son éternelle étiquette de “méchant” dans ses rôles – de El-Khawa à Larbi Ben M’hidi – allant jusqu’à évoquer avec malice la censure de l’un de ses films. Une reconversion audacieuse saluée par des applaudissements nourris.
Hichem, jeune humoriste malvoyant, bouleverse le public
Moment fort et émouvant de la soirée lors de la prestation de Hichem, jeune humoriste malvoyant à l’éloquence remarquable. Avec un courage et un charisme exceptionnels, il a conquis le cœur du public, prouvant que le talent transcende toutes les barrières.
Des graines de comédiens à découvrir
Le festival a également donné la parole à de jeunes humoristes en herbe, leur offrant une première scène et la chance de se faire connaître. Une initiative fidèle à l’esprit de cette édition, résolument tournée vers l’émergence de l’humour algérien.
Un pari réuss pour les organisateurs
Pour Tarik Ouhadj, co-organisateur de l’événement, la mission est accomplie : «Encore une édition réussie. On est fier et content. Le festival était dédié à l’humour et au talent algérien. Le public y a cru. Il faut croire en ces jeunes. Il y a beaucoup de talent en Algérie. Le public doit aussi jouer son rôle. Rendez-vous l’année prochaine !»
Cheklat Meriem
