France – Algérie : Retailleau attise la déstabilisation diplomatique

En moins d’une semaine, Paris a multiplié les accrocs diplomatiques à l’encontre d’Alger. Deux gestes malvenus, qui s’éloignent clairement des usages diplomatiques et traduisent une dérive politique assumée.
Après quelques semaines de «répit», la crise franco-algérienne a repris de plus belle.
La faute à qui ? Encore une fois, à Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur français, devenu l’obsédé en chef de l’Algérie. Sa malhonnêteté et son indécence ont franchi un nouveau cap. Oui, c’est possible ! Maintenant, il s’en est pris à un document officiel délivré par les consulats algériens, portant ainsi atteinte à un acte souverain reconnu par les usages diplomatiques. Mais plus grave encore, les autorités françaises ont empêché des diplomates algériens dûment accrédités d’accéder aux zones sécurisées des aéroports parisiens pour récupérer les valises diplomatiques. Un droit pourtant garanti, noir sur blanc, par les conventions internationales. Un nouvel épisode qui illustre la dérive inquiétante d’un ministre en roue libre.

Que cherche Retailleau ?
Le problème est politique. Retailleau n’est pas confiant. Même au sein des fidèles de l’extrême droite, ce n’est pas la figure principale. Comment y remédier ? Sa réponse c’est de faire d’abord oublier l’impopularité record du gouvernement. Et il le fait en ciblant l’Algérie, en misant sur l’émotion, les crispations identitaires, la peur de l’autre. Une stratégie électorale bien rodée… mais dangereuse. Cet «homme politique» cherche à se positionner comme rival de Le Pen et Bardella sur le créneau de l’extrême droite. Et dans ce jeu, l’Algérie devient sa cible favorite. Car oui, cette extrême droite et ses fidèles semblent avoir un problème direct avec l’Algérie et son peuple. Visas diplomatiques, accords consulaires, documents officiels… tout y passe dans l’agenda de Retailleau.
À Alger, ces décisions ne passent pas. C’est une énième provocation délibérée de la figure montante de l’extrême droite, qui semble vouloir faire de l’Algérie un thème de campagne en vue de la présidentielle de 2027.

En france, Qui gouverne qui ?
Ce qui inquiète à Alger — et qui devrait vraisemblablement inquiéter Paris — ce n’est pas seulement le fond, mais surtout la manière. Retailleau, ne connaissant ni ses responsabilités ni ses limites, agit sans consulter la diplomatie française. Le silence de l’Élysée interroge. Emmanuel Macron, jadis promoteur d’une «réconciliation mémorielle», semble dépassé. Le Quai d’Orsay, lui, brille par son absence. On assiste à une forme de vacance du pouvoir diplomatique et à une inquiétante dérive, où des ministres agissent en solo sur des dossiers aussi sensibles. Une double faute, qui trahit un malaise profond au sommet de l’État français. En France, il serait peut-être temps de se demander : «Qui gouverne qui ?» Macron reste silencieux. Mais pour combien de temps ? Peut-il se permettre d’ignorer plus longtemps les dérives de ses ministres, alors que l’image de la France en Afrique et dans le monde arabe est déjà profondément affaiblie ?

Alger répond sans céder à l’escalade
Côté algérien, la riposte est mesurée mais ferme. L’Algérie applique la réciprocité, comme le prévoit le droit international. Elle rappelle, à sa manière, que la souveraineté nationale n’est pas négociable. On ne joue pas avec les symboles diplomatiques. Et encore moins avec les principes.
Le message d’Alger est clair : la France ne peut pas traiter l’Algérie comme un pion dans une bataille politique interne.
L’Algérie n’est pas un pays quelconque. C’est un acteur en Méditerranée. Un acteur régional, incontournable sur les dossiers migratoire, énergétique, sécuritaire. C’est une puissance africaine et la porte de l’Afrique. La fragiliser, c’est fragiliser tout l’édifice méditerranéen.
Et sur le fond, Alger n’est plus dans une position de dépendance. Elle diversifie ses partenariats, renforce ses liens en Afrique, en Asie, au sein des BRICS et même aux frontières françaisex, en Italie et en Allemagne. L’Algérie n’a ni besoin de la France ni peur d’elle.
Ce qui pourrait n’être qu’un accroc devient, faute de réaction officielle, une crise potentielle. Car à trop jouer avec le feu, certains responsables français risquent d’aboutir à une rupture durable. Et une Algérie qui regarde définitivement ailleurs sans se retourner de nouveau.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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