Sami Kleib, journaliste libanais : «La révolution algérienne est enracinée dans le sang des Libanais»

Dans un témoignage personnel et profondément sincère livré à l’émission «Hadith Al-Djazair», diffusée dimanche sur la chaîne algérienne AL24 News, le journaliste et écrivain libanais Sami Kleib a évoqué la relation particulière qu’il entretient avec l’Algérie. Plus qu’un simple souvenir de jeunesse, son lien avec le pays est, selon ses mots, «une relation affective, presque viscérale, ancrée dans l’histoire et dans la mémoire commune des peuples arabes».
«Ma toute première sortie du Liban, c’était pour venir en Algérie», raconte-t-il. Étudiant à l’époque, il participait à un congrès de la jeunesse méditerranéenne à Annaba. Le Liban étant alors en pleine guerre, il est resté bloqué en Algérie pendant près d’un mois, l’aéroport de Beyrouth ayant été fermé. «Ce fut la première fois que je découvrais un autre pays, et c’était l’Algérie. C’est là que tout a commencé pour moi.»
Depuis cette expérience fondatrice, Kleib n’a cessé de revenir en Algérie, d’y tisser des liens, de l’explorer. «À chaque visite, je découvre quelque chose de nouveau, de beau. Ce pays est encore trop méconnu dans le monde arabe pour ce qu’il est réellement à l’intérieur : un peuple chaleureux, une diversité culturelle impressionnante, une géographie exceptionnelle.» S’il déplore que l’image de l’Algérie à l’étranger se limite souvent à sa posture politique, il affirme que «peu de gens, au Moyen-Orient, connaissent la richesse de la vie algérienne dans toute sa profondeur».
Auteur de nombreux ouvrages, Sami Kleib indique avoir longuement écrit sur l’Algérie : «J’ai consacré plusieurs chapitres à ses régions, à ses traditions, à son peuple, à sa mémoire, à ses luttes.» Journaliste engagé, il a longtemps travaillé au sein du célèbre quotidien libanais “As-Safir”, où il a couvert «toutes les grandes épreuves traversées par l’Algérie, notamment durant la décennie noire». Il dit avoir souvent posé cette question : l’Algérie va-t-elle s’en sortir ? Une inquiétude mêlée d’attachement, de fidélité et d’admiration.
Il évoque aussi l’impact de la guerre d’indépendance sur sa génération : «La Révolution algérienne, nous l’avons dans le sang, elle est gravée dans nos cellules.» Elle a façonné, dit-il, toute une conscience politique dans le monde arabe, en particulier chez les jeunes Libanais de sa génération. Et il ajoute avec émotion : «Il existe une véritable image de l’Algérie dans l’inconscient collectif libanais. Une image forte, belle, respectée.» Accompagnant une délégation libanaise dans le cadre de la visite officielle du président Joseph Aoun en Algérie, Kleib affirme que cette occasion devrait marquer un tournant : «Il faut impérativement renforcer la coopération médiatique entre nos deux pays. Nous, au Liban, ne voyons presque jamais de films algériens à la télévision ni d’intellectuels ou d’analystes algériens.» Il plaide donc pour «des ponts culturels et médiatiques réciproques», afin de mieux faire connaître les talents algériens et d’enrichir les échanges.
Pour lui, l’heure est venue de dépasser les symboles : «Ce pays mérite qu’on s’y intéresse dans toute sa richesse, et non seulement à travers ses positions politiques. Il est temps que les écrans de l’Orient s’ouvrent aussi à l’Algérie culturelle.»
Ce témoignage de Sami Kleib démontre la dimension intime et méconnue des relations algéro-libanaises. Cette relation nourrie par la mémoire, par le respect mutuel et par un attachement sincère au destin commun des peuples arabes. Au-delà des discours officiels et des cadres diplomatiques, c’est par la culture, par les récits personnels et par les échanges humains que se tissent les liens les plus profonds. Si l’Algérie est encore insuffisamment racontée dans les médias du Machrek, elle n’en demeure pas moins une source d’inspiration, de fraternité et d’admiration pour ceux qui, comme Sami Kleib, ont su voir en elle bien plus qu’un simple pays : un repère, un refuge, un miroir de lutte et de dignité.
G. Salah Eddine

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