
L’Algérie a lancé, lundi dernier depuis New York, un appel à la mise en place d’un mécanisme relevant des Nations unies consacré à la sécurité maritime. Elle a également recommandé de soutenir les pays en développement afin de renforcer leurs capacités juridiques et institutionnelles dans ce domaine.
Le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a déclaré qu’«il est temps d’envisager la création d’un mécanisme des Nations unies dédié à la sécurité maritime», lors de son intervention devant le Conseil de sécurité réuni pour examiner cette question.
Il a précisé qu’«un tel organe pourrait contribuer à coordonner les interventions rapides, faciliter le partage d’informations et renforcer la coopération entre tous les acteurs concernés, en partenariat étroit avec les acteurs régionaux».
Soulignant l’engagement de son pays, il a rappelé : «En tant que pays doté d’un long littoral méditerranéen et profondément attaché à la stabilité régionale et mondiale, l’Algérie soutient fermement tous les efforts visant à mieux protéger nos espaces maritimes contre les activités illicites qui menacent la sécurité, l’économie et la souveraineté des États côtiers.»
Abordant les cadres régionaux existants, M. Bendjama a affirmé : «Nous sommes convaincus que des dispositifs comme la Stratégie maritime intégrée de l’Afrique à l’horizon 2050 de l’Union africaine constituent une base solide. Pour qu’ils soient pleinement efficaces, ils doivent être renforcés par un appui financier accru, le développement des capacités et une coopération renforcée entre les marines nationales et les gardes-côtes de la région.»
Il a également estimé qu’«une meilleure coordination sur le terrain est essentielle pour faire face aux menaces communes telles que la piraterie, le trafic d’armes et de drogue, la pêche illégale ou encore le trafic de migrants».
Poursuivant dans ce sens, il a souligné que l’amélioration de la sécurité maritime passe également par «une meilleure collaboration», précisant que cela implique notamment «des exercices navals conjoints, l’harmonisation des cadres juridiques et l’utilisation d’outils de surveillance partagés». À ce titre, M. Bendjama a mis en avant le potentiel des innovations technologiques : «L’Algérie voit un fort potentiel dans les nouvelles technologies, notamment la surveillance par satellite, l’intelligence artificielle et le big data, pour renforcer la détection précoce et soutenir les interventions en temps réel face aux activités maritimes suspectes.»
Concernant la piraterie, il a souligné que «la sécurité en mer commence souvent sur terre» et a insisté sur la nécessité de «s’attaquer aux causes profondes comme la pauvreté, les conflits ou encore la faiblesse de la gouvernance». Il a ajouté qu’«une stratégie durable de sécurité maritime doit impérativement être accompagnée d’efforts de développement visant à renforcer la résilience des communautés côtières».
En conclusion, le diplomate algérien a réaffirmé : «L’Algérie réitère son ferme soutien à une architecture de sécurité maritime inclusive, coopérative et tournée vers l’avenir. Nous sommes prêts à travailler de concert avec tous les États membres pour garantir la sécurité de nos mers, la solidité de nos partenariats dans un esprit de solidarité et la préservation de notre patrimoine océanique pour les générations futures.»
A.Ryad
