Photokératite : Oui vos yeux peuvent aussi attraper un coup de soleil

A la mer comme à la montagne, vos yeux peuvent être eux aussi impactés par le soleil. Une brûlure qu’on appelle photokératite et qui peut arriver plus vite que vous ne le pensez.

À la montagne comme à la plage, en été comme en hiver, nos yeux sont mis à rude épreuve. Mais si nous avons tous pris l’habitude de protéger notre peau avec de la crème solaire, nous oublions trop souvent que nos yeux aussi peuvent « brûler » sous l’effet des rayons UV. C’est ce qu’on appelle la photokératite. Une atteinte de la cornée que les ophtalmologistes comparent à un véritable coup de soleil oculaire.

Une brûlure invisible mais bien réelle
« La photokératite est une inflammation aiguë de la cornée causée par une exposition excessive aux rayons ultraviolets » aborde pour nous le ophtalmologue. Il s’agit en réalité d’une brûlure de la surface de l’œil, souvent liée à une réverbération intense du soleil sur des surfaces réfléchissantes comme la neige ou l’eau. « On la rencontre donc fréquemment chez les skieurs en haute montagne, où l’altitude réduit naturellement la protection atmosphérique contre les UV, mais aussi chez les amateurs de sports nautiques ou les baigneurs exposés à la lumière réfléchie par la mer ou le sable. » Mais attention, les rayonnements naturels ne sont pas les seuls en cause. Certaines sources artificielles de rayons UV, comme les lampes utilisées dans les cabines de bronzage ou les postes à souder utilisés en milieu professionnel, peuvent également entraîner une photokératite. Dans tous les cas, la brûlure peut survenir après une exposition relativement brève. Et les premiers signes ne se manifestent qu’après plusieurs heures. Ce qui rend le lien de cause à effet parfois difficile à établir immédiatement.

Des symptômes soudains, souvent impressionnants
Les symptômes de la photokératite apparaissent en général dans les six à douze heures suivant l’exposition aux UV. Ils concernent le plus souvent les deux yeux, et peuvent être particulièrement douloureux. Ils apparaissent ainsi :
•D’abord la douleur oculaire, « qui peut être légère à sévère, ça dépend des cas, mais en tout cas douleur toujours présente » ;
•Une rougeur dans les deux yeux ;
•Une sensation de grain de sable et des larmes. »il y a vraiment un larmoiement excessif dû à cette sensation de sable ou de corps étranger dans l’oeil »;
•Une sensibilité forte à la lumière, « ce qu’on appelle une photophobie »
•Un spasme des paupières, « le patient étant tellement gêné par la lumière qu’en général il a beaucoup de mal à ouvrir les yeux » ;
•Parfois une vision floue quand vraiment la kératite est sévère.
« Face à ces symptômes, le réflexe est souvent de se frotter les yeux, ce qui est à éviter absolument car cela peut aggraver les lésions de la cornée. Mieux vaut reconnaître rapidement les signes et adopter les bons gestes. »

Un traitement simple, mais qui demande du bon sens
Heureusement, la photokératite est dans la grande majorité des cas une affection bénigne. Si elle est bien prise en charge, elle guérit généralement en 24 à 48 heures. La clé du traitement repose d’abord sur le repos visuel. « Cela signifie éviter les écrans, ne pas conduire, et surtout rester à l’abri de la lumière dans une pièce sombre ». Certaines personnes peuvent même porter des lunettes de soleil à l’intérieur pour atténuer la gêne.
« L’application de compresses froides sur les paupières fermées permet de soulager la douleur » ajoute le médecin. Attention toutefois : il ne s’agit pas de poser des glaçons directement sur les yeux, mais bien d’utiliser des compresses stériles imprégnées d’eau froide. Ce geste simple a un effet calmant immédiat. « On peut également recourir à des larmes artificielles, disponibles en pharmacie sans ordonnance. Il est préférable de choisir des collyres sans conservateur, car la cornée déjà fragilisée peut réagir à ces additifs. » En revanche, certains produits sont à proscrire formellement sans avis médical. » Il ne faut jamais utiliser de collyres corticoïdes, ni de collyres décongestionnants ou antiseptiques maison, car ils peuvent aggraver la brûlure ou provoquer une infection ». L’œil brûlé par les UV présente de minuscules lésions qui ouvrent la porte aux bactéries : tout produit non stérile ou inadapté peut transformer une irritation bénigne en une infection sérieuse.

Des complications possible en cas de négligence
Bien que la photokératite guérisse spontanément dans la plupart des cas, des complications peuvent apparaître si elle est mal soignée ou si l’exposition aux UV est fréquente. « Une kératite répétée peut évoluer vers une inflammation chronique de la cornée, et à long terme, conduire à une opacification partielle de celle-ci » annonce le spécialiste. De plus, une exposition chronique et non protégée aux rayons UV augmente significativement le risque de développer une cataracte précoce, voire certaines formes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Le risque infectieux est aussi à prendre au sérieux. « Si la cornée brûlée est mal traitée ou contaminée, des ulcères cornéens peuvent se former, exposant l’œil à des infections sévères nécessitant des traitements lourds et pouvant parfois altérer la vision de manière irréversible. »

Peut-on confondre une photokératite avec une autre pathologie ?
Dans certains cas, la photokératite peut être confondue avec d’autres affections oculaires. Un corps étranger dans l’œil peut provoquer des symptômes similaires, mais il s’agit souvent d’un traumatisme unilatéral. Les conjonctivites virales ou bactériennes peuvent aussi être évoquées, car elles entraînent une rougeur et un larmoiement, mais elles s’accompagnent de sécrétions, de paupières collées au réveil et sont généralement contagieuses. Quant à la kératite herpétique, elle touche en principe un seul œil et présente des signes cliniques distincts.
Dans le cas de la photokératite, c’est surtout le contexte qui fait la différence. Une exposition récente aux UV, naturelle ou artificielle, oriente rapidement le diagnostic pour un professionnel de santé.

La prévention : un réflexe indispensable pour toute la famille
Pour éviter la photokératite, la prévention est essentielle. Cela commence par une protection oculaire efficace. Chez les enfants, il est impératif de leur faire porter des lunettes de soleil certifiées, avec une protection 100 % UV et le marquage CE. Il ne s’agit pas de simples lunettes fantaisie : seule une vraie filtration UV protège efficacement les yeux en pleine croissance. Un chapeau à large bord ou une casquette est aussi recommandé. Surtout entre 11 h et 16 h, période où le rayonnement solaire est le plus intense. Les sportifs et les amateurs d’activités en plein air doivent également s’équiper sérieusement. Les lunettes de glacier ou les lunettes de sport enveloppantes sont conçues pour bloquer totalement les UV et protéger les yeux du vent, de la réverbération et de la poussière. Idéalement, ces lunettes sont aussi polarisées pour limiter l’éblouissement. Il est d’ailleurs conseillé d’en avoir une seconde paire à disposition, notamment en montagne. Dans ce contexte, un oubli ou une casse peut rapidement compromettre la sécurité oculaire.

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