
La treizième édition de l’Université d’été des cadres du Front Polisario, tenue du 2 au 13 août 2025, à l’Université M’Hamed Bougara de Boumerdès, sous le slogan « Lutte et sacrifice pour imposer l’indépendance et la liberté », a été clôturée hier par un message fort de l’Algérie à la communauté internationale. Au nom du président du Conseil de la Nation, M. Azzouz Nasri, c’est M. Ayache Djebalia, membre de la chambre haute, qui a prononcé un discours politique ferme, réaffirmant le soutien constant d’Alger à la cause sahraouie.
Dès l’entame, M. Nasri a dressé un constat préoccupant : la scène internationale traverse une phase marquée par « de graves turbulences » et par le retour d’une « arrogance coloniale décomplexée ». Dans ce contexte, il a appelé à renforcer la solidarité, la coopération et la coordination entre les peuples libres, face aux tentatives d’imposer l’occupation comme un fait accompli au mépris du droit international.
Selon lui, la bataille ne se limite pas à des enjeux territoriaux : elle s’étend au combat contre « les narrations falsifiées » qui visent à remplacer la légitimité et la légalité internationales par des lectures biaisées et politiquement opportunistes.
Revenant sur la doctrine diplomatique d’Alger, M. Nasri a souligné que le soutien de l’Algérie au peuple sahraoui n’est pas une posture conjoncturelle, mais un principe civilisationnel enraciné dans l’histoire du pays. Ce positionnement plonge ses racines dans l’héritage novembriste et dans l’expérience de lutte contre le colonialisme de peuplement français, que la mémoire universelle a reconnu comme un modèle de libération nationale.
D’ailleurs, le président du Conseil de la Nation a tracé un parallèle entre le drame sahraoui et la tragédie palestinienne, dénonçant les crimes du régime marocain au Sahara occidental et les exactions du régime sioniste à Ghaza et dans les territoires palestiniens occupés.
Il a pointé du doigt la politique du « deux poids, deux mesures » et la faiblesse morale et juridique de certaines instances onusiennes, accusées de fermer les yeux sur les violations flagrantes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Réaffirmant la ligne rouge d’Alger, M. Nasri a insisté : « L’Algérie ne renoncera jamais à la cause sahraouie et s’opposera à toute tentative de la liquider par des solutions illusoires dictées par l’occupant. » Pour lui, la seule issue conforme au droit international reste l’exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination. Ce positionnement s’inscrit dans la vision panafricaine de l’Algérie, visant à libérer le continent des chaînes du colonialisme et du pillage de ses ressources.
Unité et action parlementaire coordonnée
Le président du Conseil de la Nation a salué l’unité du peuple sahraoui autour de son unique représentant légitime, le Front Polisario. Il a également mis en avant la coordination active entre le Parlement algérien et le Conseil national sahraoui au sein du Parlement panafricain.
Il a assuré que cette coopération interparlementaire, déjà soutenue par d’autres législatures à travers le monde, se poursuivra jusqu’à la concrétisation du droit à l’indépendance et à la liberté du peuple sahraoui.
La cérémonie de clôture, à laquelle ont pris part plusieurs hauts responsables, a également été l’occasion de rendre hommage à M. Azzouz Nasri, qui s’est vu décerner un bouclier honorifique remis à M. Ayache Djabalia.
La présence de M. Omar Khmaïas, vice-président du Conseil de la Nation chargé des relations publiques et du suivi des affaires des membres, dès la séance inaugurale, a souligné l’importance institutionnelle accordée à cette manifestation. Cette manifestation a été organisée en outre par le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, en coordination avec la wilaya de Boumerdès et l’Ambassade de la République sahraouie en Algérie.
Ce message du Conseil de la Nation réaffirme avec force que la position de l’Algérie sur le Sahara occidental reste immuable : tant que le peuple sahraoui n’aura pas exercé pleinement son droit à l’autodétermination, Alger poursuivra son engagement politique, diplomatique et institutionnel. Ce soutien, ancré dans l’histoire et les principes fondateurs de la nation algérienne, s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un continent africain affranchi de toute domination coloniale et maître de ses ressources.
G. Salah Eddine
