
Le tribunal d’Alger examine, aujourd’hui, une affaire de falsification de passeports et de cartes d’identité biométriques impliquant 20 personnes. Ces documents frauduleux auraient été délivrés à des ressortissants syriens établis en Algérie.
Parmi les personnes poursuivies, 12 se trouvent actuellement en détention provisoire. La majorité des prévenus sont des employés de la commune de Djelfa. Ils devront répondre de lourdes accusations relevant du Code pénal et de la législation relative à la lutte contre la corruption. Le procès aura lieu devant la dixième chambre pénale du tribunal d’Alger. Les accusés sont poursuivis pour introduction frauduleuse de données dans un système automatisé, constitution d’une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, ainsi qu’abus de fonction dans le cadre de l’exercice de leurs missions.
Les faits remontent au 28 février 2024, lorsqu’une plainte a été déposée par le chef de service des documents biométriques de la commune de Djelfa. Celui-ci avait découvert que des passeports et cartes biométriques avaient été attribués de manière illégale à des étrangers n’ayant pas la nationalité algérienne. L’un des employés de la commune et plusieurs complices ont été immédiatement visés par cette plainte.
L’enquête ouverte par les services de police a mis en évidence que treize ressortissants syriens, dont douze enfants nés entre 2010 et 2018, avaient bénéficié de documents biométriques sans disposer du certificat de nationalité algérienne requis.
Les investigations ont révélé d’autres éléments compromettants. L’examen des formulaires et des empreintes digitales a montré que celles figurant dans le dossier d’un jeune Syrien, Ahmed A., appartenaient en réalité à Souleymane B.Q., employé du service biométrique, confirmant son rôle direct dans la falsification.
Par ailleurs, sur le formulaire du jeune Youssef M., une mention manuscrite en rouge indiquait : « A. Kounissa – nationalité», laissant supposer l’implication du même employé dans plusieurs dossiers, avec la complicité d’autres fonctionnaires.
Ces découvertes laissent présager que ce procès pourrait révéler des atteintes plus larges encore, notamment à l’intégrité du système informatique et de la base de données du ministère de l’Intérieur. Les vingt mis en cause devront répondre de leurs actes aujourd’hui devant la dixième chambre pénale du tribunal d’Alger.
Cheklat Meriem
