
A peine deux semaines de l’entrée en lice des clubs algérois dans le championnat de Ligue 1, la domiciliation de ces derniers pose vraiment problème, avec la fermeture prolongée des stades du 5-Juillet et Nelson-Mandela.
Même le Mouloudia, qui a pourtant eu droit au plus beau cadeau qu’il pouvait espérer, avec l’attribution à titre gracieux de la gestion du nouveau stade Ali-Ammar, n’échappe pas à cet imbroglio dans lequel s’empêtrent également, chaque week-end, le CRB, l’USMA et le Paradou AC, pour ne citer que ce quatuor de clubs algérois de la Ligue 1, afin de dénicher un stade où recevoir leurs adversaires.
«J’ai décidé de mettre la gestion du stade de Douéra à la disposition du MCA pour que le club ne reste pas sans stade officiel propre à lui», avait annoncé le président Tebboune lors de l’entrevue périodique accordée aux représentants de la presse nationale, en août 2021. «La propriété du stade de Douéra revient à l’Etat, cependant la gestion et l’exploitation seront du ressort du MCA qui mérite cette structure sportive comme cadeau à l’occasion de son centenaire», avait ajouté le Président, bien avant qu’il procède à son inauguration officielle en juillet 2024. Depuis, le MCA n’y a joué en tout et pour tout qu’un seul match, en septembre de la même année, contre l’US Monastir de Tunisie. Ledit match, qui comptait pour le deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions, avait pour rappel été marqué par un drame qui avait coûté la vie à un supporter mouloudéen. Ce qui a entraîné la décision de la fermeture de cet antre flambant neuf pour des réfections supplémentaires à même de garantir une meilleure sécurité aux supporters. Depuis, sa réouverture a été mainte fois évoquée mais sans vraiment que cela se traduise dans la réalité. En effet, il était déjà question de la réouverture de l’enceinte en mars dernier, puis en ce début de saison 2025-2026. Mais jusque-là, rien encore. Pas plus loin que la semaine dernière, le Mouloudia a vu son premier match à domicile en Ligue 1 contre l’ES Ben Aknoun tout simplement reporté, faute de stade homologué dans tout l’Algérois. Une semaine auparavant, le derby USMA – MCA a dû être délocalisé dans une autre wilaya, à Blida, où les autorités locales ont imposé la limitation du nombre des tickets à mettre en vente à pas plus de 6 000. Samedi dernier, le derby Paradou AC – USMA, programmé au stade Omar-Benrabah, a été marqué par un fait des plus insolites qui met en évidence la crise des stades dans la capitale, mais aussi les limites de leur gestion. Le match lancé à 17h a dû se terminer quasiment dans le noir pour défaut d’éclairage au moment où le ciel s’est assombri soudainement à cause des caprices de Dame Nature, qui a tout bouleversé avec un passage orageux. Cette semaine encore, la Ligue de football professionnelle, qui a rendu publique la programmation de la 4e journée de Ligue 1, ne mentionne nulle part où se joueront les matchs des clubs de la capitale. L’USM Alger ne sait toujours pas où recevoir l’USM Khenchela, le 13 septembre prochain. Le CRB non plus n’est pas encore fixé sur la domiciliation de son prochain match contre la JS Saoura. Tout comme l’ES Ben Aknoun, qui devra recevoir le Paradou AC. La situation s’est davantage compliquée avec le refus opposé par les autorités de la wilaya de Blida qui, pour des raisons qui leurs sont propres, refusent de jouer le jeu en mettant à disposition le stade Mustapha-Tchaker. Du moins, pour le moment. L’état global des autres terrains de la capitale, pour la plupart sujets à réserves des services du CTS, n’aide pas non plus à prévoir des solutions de rechange provisoires. Et puis, il y a certains techniciens et dirigeants qui refusent de faire évoluer leurs équipes sur du gazon synthétique, ou sans public. Des positions compréhensibles certes mais qui ne font que compliquer d’avantage un souci qui risque de prendre encore de l’ampleur avec le lancement de la Ligue 2 dans à peine quelques jours. D’ailleurs, des clubs comme l’USM El Harrach, le RC Kouba, la JS Tixeraïne et la JS El Biar, sociétaire du deuxième palier, risquent d’allonger encore la liste des clubs SDF de la capitale si, par malheur, la commission d’homologation qui devait repasser, hier, pour une énième inspection des stades Benhaddad, les Eucalyptus, El Biar, ou encore celui de Birkhadem venait encore à formuler des réserves.
Djaffar Chilab
