Salon africain de l’automobile : L’Algérie au cœur de l’intégration économique du continent

Le coup d’envoi de la 4ᵉ édition du Salon africain de l’automobile a été donné vendredi 5 septembre 2025 à la Safex d’Alger, par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, dans le cadre de l’IATF 2025, en présence de ministres, d’opérateurs économiques et de délégations venues des quatre coins du continent.

Cet événement majeur, qui a réuni entreprises africaines et mondiales spécialisées dans la construction de véhicules, de composants et de pièces détachées, a été marqué par une allocution solennelle du Premier ministre par intérim, M. Sifi Ghrieb, lue par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig.
Dès l’ouverture, le message était clair : l’Algérie entend jouer un rôle moteur dans la refondation industrielle africaine et faire du secteur automobile un levier stratégique de croissance. «Nous appelons les opérateurs nationaux et étrangers, accompagnés par l’État, à améliorer leurs compétences intellectuelles, technologiques, organisationnelles et financières», a souligné le Premier ministre par intérim, insistant sur l’importance de mettre l’innovation et la recherche-développement au cœur du processus industriel.
Il a rappelé que l’avenir de cette filière dépendra de la capacité des pays africains à se hisser au niveau des standards mondiaux. «L’exportation de nos produits industriels ne pourra se faire qu’à travers des véhicules conformes aux normes internationales», a-t-il affirmé, mettant en exergue la nécessité pour l’Algérie et ses partenaires de renforcer la qualité, la certification et le transfert technologique.

Une vision structurée pour l’avenir du secteur
Dans son allocution, M. Ghrieb a tracé une feuille de route ambitieuse pour l’industrie automobile nationale et continentale. «Nous avons adopté une vision nouvelle qui repose sur la recherche, l’innovation et l’amélioration continue des méthodes de production», a-t-il expliqué, ajoutant que le développement industriel ne saurait exister sans experts et académiciens capables d’accompagner ce chantier.
C’est dans cette perspective qu’a été créé le Conseil national de l’industrie automobile, un organe chargé de mobiliser les expertises locales et internationales. «Ce conseil regroupera une élite de compétences nationales, en Algérie et à l’étranger, ainsi que des experts internationaux afin d’orienter les choix stratégiques et technologiques», a précisé le Premier ministre par intérim.

L’IATF, une plateforme africaine pour bâtir des ponts
Le Salon africain de l’automobile s’impose déjà comme une vitrine exceptionnelle pour les investisseurs et les industriels. «Cet événement, qui connaît une participation massive et qualitative d’entreprises africaines et mondiales, constitue une opportunité unique pour renforcer les échanges et transformer les relations d’affaires à travers le commerce et l’investissement», a déclaré M. Ghrieb.
Tout au long de la semaine, des rencontres B2B ont permis aux opérateurs de tisser des partenariats stratégiques et d’explorer de nouvelles pistes de coopération. Le forum organisé en marge du Salon a accueilli également des experts, des dirigeants d’entreprises et des décideurs politiques afin d’esquisser les contours du futur de l’industrie automobile africaine.
«Nous voulons que ce secteur devienne un maillon central de l’intégration économique du continent», a affirmé le Premier ministre par intérim, en insistant sur l’importance des initiatives panafricaines telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et l’Association africaine des constructeurs automobiles.

L’Algérie, un hub émergent
À travers cette manifestation, Alger se positionne comme un hub africain de l’industrie et de la mobilité durable, capable d’attirer des investissements structurants et d’accueillir des partenariats de long terme. Les stands témoignent d’un dynamisme palpable : constructeurs, équipementiers et start-up africaines exposent leurs innovations, confirmant que le continent est prêt à franchir une nouvelle étape.
En conclusion de son message, M. Ghrieb a tenu à adresser «ses remerciements les plus sincères à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de ce grand rendez-vous et à renforcer les liens entre nos nations».
Ce Salon, qui s’est clôturé le 10 septembre, est déjà perçu comme un tournant : il marque le début d’une coopération industrielle africaine où l’automobile n’est plus seulement un marché d’importation, mais un vecteur de souveraineté, de technologie et de croissance partagée.
G. Salah Eddine

La Fiat Grande Panda : un tournant industriel et commercial majeur

Dans les allées de la Foire commerciale intra-africaine, une révélation a attiré toutes les attentions. Loin d’être une simple vitrine de design automobile, le stand de Stellantis était le symbole d’une mutation industrielle en marche : la présentation officielle de la Fiat Grande Panda, désormais produite en CKD à l’usine de Tafraoui (Oran).
Cette annonce dépasse largement le cadre d’un lancement de modèle. Elle traduit une volonté affirmée : inscrire l’Algérie dans une trajectoire d’industrialisation automobile durable, réduire drastiquement les importations et ouvrir la voie à une souveraineté industrielle tant attendue.
Le président du conseil d’administration de Stellantis Algérie, Baji Raoui, a salué l’événement en le qualifiant d’«étape historique pour l’industrie automobile algérienne». Il a expliqué que la production en série débutera dans «les mois à venir», avec l’intégration complète des ateliers de peinture et de ferrage.

De la Fiat 500 à la Grande Panda
Depuis deux ans, la Fiat 500 s’est imposée comme la reine des ventes en Algérie. Compacte, urbaine et compétitive, elle a dominé le marché local et redonné vie à un secteur longtemps paralysé. Mais selon plusieurs sources industrielles et des projections discutées dans les coulisses du Salon, la donne pourrait évoluer.
La montée en puissance de la Grande Panda serait susceptible de provoquer une réduction progressive de la production de la Fiat 500, au profit d’un modèle plus polyvalent et plus adapté aux attentes des familles algériennes. La Doblo, appréciée pour sa robustesse et sa modularité, devrait en revanche conserver son rythme actuel, tandis que la Tipo pourrait voir ses volumes ralentir, face à une demande qui migre vers d’autres segments.
D’après des estimations avancées par des observateurs du marché, la Grande Panda pourrait représenter le cœur de l’offre de Stellantis en Algérie dès 2026. Plus de 30 000 unités annuelles seraient susceptibles d’être mises sur le marché local, avec un prix de départ qui tournerait autour de 260 millions de centimes algériens. Ces chiffres restent conditionnels, mais ils illustrent l’ampleur de l’ambition qui entoure ce modèle. Si ces prévisions se confirmaient, la Grande Panda deviendrait l’un des véhicules les plus accessibles et les plus stratégiques de la production nationale
La plateforme industrielle de Tafraoui (Oran), déjà opérationnelle avec plusieurs modèles Fiat, serait le lieu privilégié de ce basculement. L’enjeu ne serait pas seulement commercial, mais bel et bien industriel et stratégique.

Un miroir des ambitions nationales et africaines
Le modèle démarre avec un taux d’intégration locale de 20 %, comprenant la peinture et le soudage. Stellantis s’engage à porter ce chiffre à plus de 30 % d’ici fin 2026, dépassant ainsi les exigences réglementaires. Des accords ont déjà été signés avec des fournisseurs algériens lors de l’IATF notamment pour produire des composants comme les plastiques d’intérieur et les sièges. Parallèlement, des projets de batteries et de pneus produits localement sont en préparation, témoignant d’une stratégie d’industrialisation progressive
La Grande Panda produite à Oran s’inscrit dans une logique de réduction des importations, de développement des capacités locales et de création d’emplois. Elle devrait d’ailleurs créer plus de 2 000 emplois directs. Cette montée en puissance permettra à l’Algérie d’affirmer son industrie comme un acteur solide, capable d’exporter et de participer à la transformation du continent.
D’ailleurs, l’usine Stellantis de Tafraoui, inaugurée en décembre 2023 sur un site de 130 hectares, connaît une extension majeure. Cette plateforme est désormais équipée pour passer d’un assemblage partiel (SKD) à une production complète (CKD) sur quatre modèles, dont la Grande Panda.
L’engouement suscité par le modèle lors du Salon en dit long. Entre les familles attirées par sa polyvalence, les jeunes fascinés par son design et les experts attentifs aux enjeux industriels, la Grande Panda a monopolisé l’attention.
Elle incarne, en filigrane, ce que beaucoup espèrent voir émerger : une Algérie capable de produire massivement, de répondre à ses propres besoins et de s’inscrire dans la dynamique africaine de la ZLECAf. Les premières unités de présérie de la Grande Panda devraient être assemblées d’ici fin septembre 2025, précédant le lancement de la production en série.
G. S. E.

ALGER 16 DZ

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