
Alors que le monde condamne impuissant le drame qui se joue toujours dans la bande de Ghaza, l’Algérie maintient, sans défaillance, une position ferme, claire et fidèle à ses principes : le soutien au peuple palestinien doit être total et inconditionnel. Ce soutien est plus qu’une posture politique, c’est l’essence même de l’identité diplomatique algérienne, forgée par l’expérience d’une colonisation de 132 années et d’une guerre de libération qui a profondément marqué sa conscience nationale.
Au lendemain de l’indépendance, en 1962, l’Algérie se construit une doctrine étrangère singulière sur l’anticolonialisme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La cause palestinienne, dans cette grille de lecture, n’a jamais été appréhendée comme une question régionale ou confessionnelle, mais comme un prolongement naturel de sa propre lutte pour l’émancipation. Elle est dès lors très tôt intégrée dans une cause nationale et internationale à la fois, inscrite dans la continuité d’un legs révolutionnaire que l’État algérien n’a cessé d’assumer et de transmettre.
Aujourd’hui, la fidélité historique à la Palestine est incarnée par notre président de la République, M.Abdelmadjid Tebboune. À chaque fois qu’il est interrogé sur la question, il réaffirme sans détour ni hésitation «l’Algérie ne renoncera jamais à la Palestine». Que ce soit pour le Président Tebboune ou pour tout autre Algérien, ces quelques mots ne relèvent pas d’un discours opportuniste, mais d’une exigence tant morale qu’historique. En effet, notre peuple, un peuple de lutte, un peuple libre et révolutionnaire, ne pourrait accepter de voir des peuples opprimés ou colonisés surtout quand il s’agit du peuple de la sainte Al-Qods. Dans ce sens, défendre le droit du peuple palestinien à un Etat souverain, démocratique et dirigé par ses citoyens est un principe.
Autrement dit : il s’agit d’un engagement physique et moral qui dépasse les rapports de force et se refuse à toute concession tant qu’il n’y a pas d’Etat palestinien libre et indépendant comprenant Al Qods-Est comme capitale.
Plus que des mots, une diplomatie active
Tout cela est bien beau, mais qu’en est-il de l’action concrète ? Il faut savoir que notre pays est l’une des voix qui s’élèvent le plus, devant la voix des grandes puissances, pour porter le drapeau palestinien et défendre son peuple. Cette ligne politique s’exprime, par ailleurs, dans l’arène multilatérale où l’Algérie, membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2024-2025, a fait de cette tribune un espace de combat diplomatique. L’histoire retiendra, en effet, que notre diplomatie a multiplié les initiatives pour obtenir un cessez-le-feu immédiat et la protection humaine des civils.
D’ailleurs, récemment, et plus précisément le 18 septembre 2025, Alger a co-présenté, avec le groupe arabe, une nouvelle résolution demandant un cessez-le-feu immédiat et durable. Ce cessez-le-feu comprend également l’ouverture de couloirs humanitaires et la protection des infrastructures civiles. Ce texte insiste sur l’urgence de l’application des droits humanitaires le plus élémentaires. Mais ce projet a de nouveau été rejeté par le veto américain – le cinquième depuis le commencement de la guerre.
La réaction algérienne, exprimée par son représentant permanent à l’ONU, M.Amar Bendjama, s’est avérée sévère et bouleversante.
Fortement en émoi, il s’est même adressé directement au peuple palestinien, en appelant à son pardon au nom d’un Conseil paralysé par les jeux de puissance. «Pardonnez-nous, car ce Conseil n’a pas pu sauver vos enfants», a-t-il lancé dans une formule révélant l’impuissance onusienne.
M. Bendjama a rappelé, dans des mots qui ont fait trembler la conscience des diplomaties, que cette résolution ne demandait rien d’excessif. Elle demandait simplement le respect du droit international, la suspension des bombardements à l’égard des civils, l’ouverture des frontières et l’envoi de l’aide humanitaire. C’est une résolution humaine. «L’histoire retiendra non seulement ceux qui s’opposent, mais aussi ceux qui se taisent”, a martelé le diplomate algérien.
L’Algérie fidèle à l’héritage de ses martyrs
En dehors des instances internationales, l’Algérie se montre également active dans le concret : organisation de dialogues entre Palestiniens, envoi d’aides humanitaires, refus de toute normalisation avec les sionistes, plaidoyer dans les instances régionales – arabe et africaine – pour que la Palestine reste la priorité.
Cette feuille de route, sans doute cohérente, contraste avec le partage, le renoncement et le compromis d’une partie du monde arabe. L’Algérie, elle, s’avère fidèle à l’héritage de ses martyrs. Elle parle au nom des personnes à qui on a défendu le droit à la terre et celui d’exister, et a donné sens à la dépossession, à l’exil et à la répression.
Prendre parti avec la Palestine et rejeter les intérêts économique et diplomatiques de la position inverse, c’est raviver l’écho de sa propre histoire de lutte et de dignité retrouvée. C’est pourquoi la cause palestinienne, en Algérie, n’appartient pas seulement au champ diplomatique ; elle habite la mémoire collective, irrigue la société et incarne une fidélité indéracinable à un passé de résistance.
Aujourd’hui, alors que les bombes continuent de s’abattre sur Ghaza et que l’indifférence internationale semble l’emporter, une voix persiste. Elle n’est pas toujours majoritaire, ni toujours entendue, mais elle demeure ferme, tranchante et intransigeante. C’est la voix de notre grande nation qui résonne.
Une voix solitaire parfois, mais qui, dans le fracas du silence international, résonne avec une clarté qui traverse les générations. C’est la voix de l’Algérie, la voix qui ne renoncera jamais à un pays frère.
G. Salah Eddine
