
Après la rentrée scolaire entamée dimanche dernier, le coup d’envoi de l’année universitaire 2025-2026 a officiellement été donné, hier, à l’université “Ahmed BenYahia El-Wancharissi” de Tissemsilt. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé la cérémonie d’ouverture, qui s’est voulue à la fois solennelle et porteuse de perspectives pour l’avenir de l’enseignement supérieur.
Cette année universitaire sera marquée par l’accueil de près de deux millions d’étudiants à travers l’ensemble du territoire national. Dans ce sens, sa cérémonie d’ouverture a été ponctuée d’un hommage rendu au professeur Zebbar Djallel, directeur du laboratoire de génie mécanique de l’université hôte, distingué pour l’obtention d’un brevet d’invention. Dans la même dynamique, des doctorants ont été honorés pour leurs travaux et le Prix du chercheur d’excellence a été décerné à un enseignant-chercheur exemplaire. Ces distinctions illustrent la volonté des pouvoirs publics de valoriser la recherche scientifique et d’encourager la créativité dans un contexte où le savoir constitue le moteur du développement national. Concernant l’université de Tissemsilt, qui compte plus de 8.300 étudiants dont 1.880 nouveaux inscrits, le ministre a confirmé qu’elle enrichit son offre pédagogique par l’ouverture de nouvelles spécialités. Parmi elles figurent : entrepreneuriat et innovation, intelligence artificielle, ainsi que droit pénal et sciences criminelles. L’établissement a également inauguré une annexe de l’École normale supérieure (ENS), accueillant 121 étudiants, dont une centaine se destinent à l’enseignement primaire et une vingtaine au cycle moyen.
En marge de la cérémonie, M. Baddari a supervisé la signature d’accords de partenariat entre l’université et l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche scientifique et du développement technologique. Cette synergie entre recherche académique et valorisation économique traduit la volonté de l’État d’inscrire l’université dans une logique de transfert technologique et d’impact sociétal.
Près de deux millions d’étudiants mobilisés
Plus large encore et à l’échelle nationale, ce sont près de deux millions d’étudiants – dont 331.827 nouveaux bacheliers – qui rejoignent les amphithéâtres et centres de recherche. Afin d’assurer un encadrement pédagogique conforme aux standards internationaux (un enseignant pour 20 étudiants), le ministère a porté le nombre d’enseignants à plus de 75.000, grâce à l’ouverture de 4.412 nouveaux postes budgétaires. Ces recrutements concernent 2.941 enseignants-chercheurs, 719 enseignants hospitalo-universitaires, 156 chercheurs permanents et 185 contractuels. Ce renforcement quantitatif et qualitatif de l’encadrement s’inscrit dans une stratégie nationale visant à améliorer les performances académiques et à rehausser le niveau de formation. La rentrée 2025-2026 est marquée par une volonté claire d’arrimer l’université aux mutations économiques et technologiques. Le ministère a intensifié ses efforts de numérisation, avec la généralisation des services en ligne pour l’hébergement, la restauration et le transport, et l’intégration d’applications modernes pour améliorer le quotidien des étudiants. Sur le plan académique, l’offre de formation a été élargie et adaptée aux besoins du marché du travail. Outre la création d’une université des sciences de la santé et le lancement d’une licence en anglais, pas moins de 50 nouvelles offres de formation ont été introduites, dont 14 destinées aux bacheliers littéraires. Ces nouveaux parcours visent à élargir les débouchés et à assurer une meilleure insertion professionnelle. Les filières scientifiques et technologiques connaissent une attractivité croissante, avec plus de 65,3 % des nouveaux bacheliers orientés vers ces disciplines. L’État entend ainsi consolider le rôle de l’université comme acteur central de l’économie du savoir. À titre d’exemple, de nouvelles spécialités en master concernent des domaines d’avenir tels que les drones, tandis que des doctorats s’ouvrent dans la conception et fabrication de puces électroniques, l’agriculture de développement et élevage ou encore l’informatique quantique. Ces choix stratégiques visent à positionner l’Algérie sur les secteurs les plus innovants à l’échelle mondiale.
Un secteur en pleine mutation
L’université algérienne ne se limite plus à sa mission de transmission des savoirs, mais tend à devenir un incubateur de projets et d’initiatives entrepreneuriales. En témoignent les 117 accélérateurs de start-up et 117 centres de développement de l’entrepreneuriat mis en place pour accompagner les étudiants. À ce jour, 76 start-up issues du milieu universitaire sont déjà opérationnelles et leur nombre devrait atteindre 235 d’ici la fin de l’année. Cet élan illustre la nouvelle vision du ministère : transformer l’université en un écosystème dynamique, où formation, recherche et entrepreneuriat s’articulent pour répondre aux défis économiques et sociétaux. Au-delà des infrastructures – dont la construction de logements pour les enseignants et le nouveau siège de l’administration centrale – le ministère met également l’accent sur la promotion du sport universitaire, l’animation culturelle et l’amélioration des conditions sociales des étudiants. L’objectif est de faire de l’université un espace de formation globale, intégrant la dimension académique, culturelle, sociale et sportive. La rentrée universitaire 2025-2026 consacre une université algérienne en pleine mutation, résolument tournée vers l’innovation, la numérisation et l’ouverture aux métiers d’avenir. En mobilisant près de deux millions d’étudiants, en renforçant son encadrement pédagogique et en multipliant les passerelles entre formation, recherche et entrepreneuriat, l’Algérie fait de son enseignement supérieur l’un des piliers de sa stratégie de développement.
Loin d’être une simple reprise académique, cette rentrée apparaît comme le reflet d’une ambition nationale : celle de bâtir une université moderne, performante et capable de jouer un rôle moteur dans l’économie du savoir et dans l’avenir du pays.
G. Salah Eddine
