
Dans un contexte où la fiabilité et la sécurité des infrastructures énergétiques constituent un enjeu majeur pour l’Algérie, le Groupe Sonatrach a signé, jeudi dernier à Alger, deux contrats d’inspection de pipelines avec un consortium composé des sociétés chinoises CAIEC et SLPI.
La cérémonie officielle s’est tenue au siège de la Direction générale de Sonatrach, en présence du PDG du groupe public, M. Rachid Hachichi, du PDG de CAIEC, M. Yucheng Zhao, et du vice-président de SLPI, M. Hua Yang. Cette présence de haut rang illustre l’importance stratégique de ces accords, qui marquent un nouveau jalon dans la coopération algéro-chinoise dans le domaine des hydrocarbures. Concrètement, les deux contrats portent sur cinq (5) pipelines d’une longueur totale de 3 576 km, dont deux destinés à l’exportation du gaz algérien, tandis que le diamètre des pipelines à inspecter varie entre 40 et 48 pouces. Il s’agit d’un dispositif d’inspection couvrant des infrastructures vitales, y compris celles alimentant les marchés internationaux.
Le cahier des charges de ces inspections est particulièrement complet : les opérations techniques comprennent la réalisation de la levée topographique, le nettoyage des parties pour une inspection optimale, la détection et la mesure des défauts et leur positionnement, l’élaboration de cartes identifiant les courbures et leurs caractéristiques, ainsi que la soumission de rapports d’inspection accompagnés de logiciels de traitement des données avec la formation des agents de Sonatrach au programme d’évaluation des résultats. Autrement dit, au-delà du diagnostic technique, l’opération prévoit aussi un transfert de compétences et un renforcement de la capacité interne du groupe. Dans son allocution, M. Hachichi a replacé ces accords dans une perspective plus large : il a souligné l’importance de l’activité de transport des hydrocarbures par canalisation de Sonatrach, précisant que le groupe dispose d’un réseau de pipelines de 22 000 km nécessitant une surveillance minutieuse pour garantir sa sécurité. Ces chiffres donnent l’ampleur du défi : surveiller un maillage tentaculaire sur tout le territoire national. Le PDG de Sonatrach a insisté sur la dimension innovante de ces contrats : il a ajouté que les deux contrats signés aujourd’hui visent à inspecter les pipelines à l’aide de machines intelligentes permettant une intervention rapide, évitant ainsi les dysfonctionnements et garantissant la sécurité des canalisations de transport des hydrocarbures. Cette adoption de technologies de pointe témoigne de la volonté du Groupe d’anticiper les risques et d’élever ses standards de sécurité. De son côté, le partenaire chinois a exprimé un engagement fort à la réussite du projet. Pour sa part, M. Zhao a précisé que « la société mobilisera ses meilleures ressources matérielles et humaines pour assurer le succès du projet », exprimant son souhait que « cet accord servira de point de départ à d’autres projets entre les deux parties, notamment dans les domaines de la transformation numérique et de l’utilisation de drones dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant ». Ces propos laissent entrevoir une coopération qui pourrait dépasser la simple inspection pour s’étendre à d’autres domaines technologiques, à l’image de la numérisation et de la surveillance par drones des infrastructures énergétiques. En signant ces contrats, Sonatrach réaffirme non seulement son rôle de pilier de la sécurité énergétique de l’Algérie, mais aussi son engagement à moderniser ses pratiques en s’appuyant sur les meilleures technologies disponibles et sur des partenariats stratégiques à long terme.* G. S. E.
