
En 2025, le port d’Alger a confirmé son rôle central dans l’économie maritime nationale et se positionne aujourd’hui comme un hub primordial pour les échanges commerciaux du pays.
L’extension et la modernisation de ses infrastructures ont permis de franchir un cap historique, marqué par une augmentation notable des capacités d’accueil et de traitement, a informé dimanche dernier, à Alger, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud.
Lors de son allocution prononcée suite à la cérémonie de remise en service du quai n°18 du port d’Alger, M. Saïd Sayoud a expliqué : « Le port d’Alger a pu augmenter sensiblement ses capacités, durant l’année 2025, grâce au réaménagement de ses quais, ayant traité depuis janvier dernier environ 1 million de conteneurs et accueilli environ 2.000 navires. » Ce chiffre illustre non seulement l’efficacité des travaux entrepris mais également l’importance stratégique de ce port dans le schéma logistique et commercial du pays.
En outre, le ministre a souligné que « le port d’Alger a réussi à traiter 1 million de conteneurs et 2.000 navires depuis le début de l’année, un chiffre qui n’aurait pas pu être réalisé sans le parachèvement des travaux sur les quais n°19, 20 et 21 », réceptionnés au mois de juillet écoulé. Ces propos traduisent la montée en puissance de l’infrastructure portuaire et son rôle croissant dans l’économie nationale.
Cette performance est également le fruit de la mobilisation d’entreprises nationales spécialisées. Comme l’a précisé Saïd Sayoud, ces quais ont été « réaménagés en entier par deux sociétés nationales (MEDITRAM pour les travaux maritimes et COSIDER pour les travaux publics) et contribuent largement à la facilitation du mouvement des navires et au renforcement de la capacité d’accueil et de traitement du port ». En confiant ce chantier aux champions algériens du BTP et des travaux maritimes, l’État met en valeur les compétences nationales et favorise un transfert de savoir-faire durable dans des secteurs stratégiques.
Au-delà de la modernisation des quais, ces efforts ont permis, selon le ministre, « de réduire le taux d’occupation des quais au port, durant les derniers mois, à 80%, après avoir souvent dépassé les 98%, a-t-il fait savoir ». Cette baisse du taux d’occupation se traduit concrètement par une meilleure fluidité des opérations, une réduction des délais d’attente pour les navires et une optimisation des ressources portuaires.
Des services portuaires modernisés pour les voyageurs
Dans ce sens, il est important de relever que l’impact des réaménagements dépasse le seul cadre logistique et touche également l’expérience des voyageurs et des usagers du port. Le ministre s’est félicité de l’évolution positive des prestations offertes aux passagers et aux opérateurs économiques. Il a assuré que cela a été rendu possible « grâce au professionnalisme et à la coordination étroite entre différents services, ce qui s’est reflété positivement sur l’expérience des voyageurs et la qualité des opérations portuaires ».
Enfin, M. Sayoud a levé le voile sur la prochaine étape de ce vaste plan de modernisation : Il a, par ailleurs, annoncé le lancement des travaux d’habilitation et de renforcement du quai n° 17, durant la semaine en cours ou dans les prochains jours, en vue de sa réception dans les meilleurs délais ». Ce projet permettra de consolider encore davantage les capacités du port et de répondre à l’accroissement constant du trafic maritime. L’exemple du port d’Alger illustre le succès d’une stratégie fondée sur la rénovation des infrastructures, la mobilisation des compétences nationales et la modernisation des services.
L’efficacité du travail en continu
L’une des réformes les plus significatives dans la gestion portuaire algérienne en 2025 réside dans la généralisation du système de travail en continu (24h/24), qui a marqué un tournant décisif pour six grands ports du pays. Cette organisation permanente du travail, impulsée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a non seulement permis de moderniser la logistique portuaire mais aussi de repositionner l’Algérie sur la carte des hubs maritimes performants.En présentant cette avancée, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a souligné que « ce système a permis de réduire de manière notable les délais de traitement ». Ce constat, simple en apparence, cache en réalité une transformation profonde des méthodes et des rythmes d’exploitation portuaire. Concrètement, comme l’a rappelé M. Sayoud, ce nouveau dispositif « adopté en application de la décision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a permis de réduire le délai d’attente des navires à moins de quatre jours et la durée des opérations de chargement et de déchargement à moins de trois jours, à l’exception des navires géants, dont la majorité se trouvent au port de Jijel ». Il s’agit d’un saut qualitatif majeur, qui redonne aux ports algériens un niveau de compétitivité aligné sur les standards internationaux.
Cette amélioration est particulièrement visible au port de Jijel, longtemps confronté à des délais records. M. Sayoud a relevé que « la situation au port de Jijel s’est nettement améliorée, le délai d’attente étant passé de plus de 60 jours à moins de 15 jours, un délai qui, a-t-il dit, devrait être encore revu à la baisse ».
Des infrastructures modernisées à un rythme inédit
Cette dynamique de performance est également portée par une politique d’investissement et de modernisation accélérée des infrastructures portuaires. Le directeur général de l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL), Abdelhamid Boualaam, a ainsi précisé que « les quatre (4) quais inaugurés successivement en un temps record avaient bénéficié d’une réhabilitation complète d’un (01) kilomètre de quai, ainsi que de l’aménagement de plus de 5,5 hectares de superficies pavées ». Cette réhabilitation intégrale confère aux installations portuaires une capacité accrue et une résilience opérationnelle indispensable dans un contexte de croissance du trafic maritime.
L’impact est mesurable : « Ces travaux, menés sur une longueur de 928 mètres sur les quatre quais, ont permis d’enregistrer une hausse de plus de 30% dans le rythme de traitement des navires au cours du dernier trimestre, et une augmentation de 42 % du volume de traitement des conteneurs », a ajouté M. Boualaam. Cette accélération du rythme de traitement constitue une avancée majeure, qui traduit la convergence entre efforts infrastructurels et réorganisation du travail. Le cas du quai n°18 est emblématique de cette stratégie. « Le quai n°18 avait cessé son activité en septembre 2022 et a fait l’objet de travaux de réhabilitation comprenant le renforcement de sa structure et la modernisation de ses équipements conformément aux normes internationales », selon les explications fournies lors de son inauguration. Désormais, le nouveau quai s’étend sur 225 mètres linéaires avec un tirant d’eau de 9,5 mètres. Cela lui permet d’accueillir des navires de plus de 220 mètres de long. Il sera consolidé par des tours d’éclairage reliées au réseau de fibre optique, tout comme les autres nouveaux quais, selon la même source, qui a précisé que la capacité portante des quatre quais atteint 26 tonnes par mètre carré.
qUne vision de long terme pour l’ensemble du port
Le programme de modernisation ne s’arrête pas à ces premières réalisations. Le programme de l’Entreprise portuaire d’Alger prévoit la réhabilitation de quatre autres quais. Les travaux sur le quai n°17 débuteront prochainement, tandis que trois autres sont en phase d’étude. Cet agenda ambitieux traduit la volonté d’inscrire l’évolution du port d’Alger dans le temps long et d’anticiper les besoins futurs en matière de commerce extérieur, de logistique et de connectivité maritime. La conjugaison d’une organisation du travail en continu et d’une modernisation accélérée des infrastructures portuaires permet à l’Algérie d’affirmer ses ambitions maritimes dans un environnement concurrentiel. En réduisant les délais d’attente et en augmentant les capacités, l’État redonne au port d’Alger – et plus largement aux autres grands ports du pays – une place stratégique dans le réseau logistique euro-méditerranéen.
G. Salah Eddine
