
Hier à Alger, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé une réunion du gouvernement consacrée à l’examen de dossiers structurants à la croisée des enjeux économiques, énergétiques et environnementaux du pays. Trois points majeurs ont marqué cette séance : la présentation de l’avant-projet de loi de règlement budgétaire pour l’exercice 2023, l’état d’avancement du programme national des énergies renouvelables et le suivi du projet stratégique de transfert d’eau entre Oum El-Bouaghi et Batna, a indiqué un communiqué.
Une nouvelle ère de discipline budgétaire
Conformément à l’article 156 de la Constitution et à la loi organique n°18-15 relative aux lois de finances, le gouvernement a examiné l’avant-projet de loi de règlement budgétaire pour 2023 avant sa soumission au Conseil des ministres.
Cet exercice, souvent perçu comme purement comptable, revêt une portée institutionnelle majeure : il consacre le principe de redevabilité budgétaire et témoigne d’une culture de transparence dans la gestion de la chose publique. En rendant compte devant le Parlement de l’exécution réelle de la loi de finances, le gouvernement affirme sa volonté de soumettre la politique budgétaire à l’évaluation démocratique.
Mais cette loi de règlement budgétaire n’est pas une formalité. Elle est la première à être élaborée sur la base du nouveau cadre du budget-programme, entré en vigueur en 2023. Ce modèle, inspiré des meilleures pratiques internationales, consacre le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats. Chaque dinar dépensé est désormais corrélé à un objectif mesurable, chaque programme ministériel a un impact socio-économique précis.
Cette réforme structurelle, attendue depuis plusieurs années, vise à moderniser la gestion publique en liant les dépenses de l’État à des objectifs de performance, d’efficacité et de résultats. Elle s’inscrit dans une démarche de gouvernance responsable et de maîtrise de la dépense publique, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Énergies renouvelables
Le deuxième point à l’ordre du jour a porté sur la mise en œuvre du programme national de 3.200 mégawatts d’énergies renouvelables, considéré comme un axe central de la transition énergétique. À cette occasion, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de faire des énergies renouvelables un levier de souveraineté énergétique et de développement durable, en réduisant la dépendance aux hydrocarbures et en valorisant le potentiel solaire exceptionnel du pays. Des progrès notables ont été enregistrés dans le développement des capacités nationales, notamment dans la fabrication locale d’équipements photovoltaïques et la réalisation d’infrastructures de production. Ce virage stratégique traduit la volonté de l’État de consolider un écosystème industriel intégré, capable de répondre aux besoins internes tout en ouvrant des perspectives d’exportation vers les marchés africains et euro-méditerranéens.
L’eau, enjeu vital et stratégique
Enfin, le gouvernement a passé au peigne fin une communication relative au projet de transfert d’eau d’Aïn Kercha (Oum El-Bouaghi) vers le barrage Koudiet Lamdaouar (Batna). Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des régions touchées par le stress hydrique. Dans un contexte marqué par le changement climatique et la raréfaction des ressources hydriques, cette initiative témoigne de la priorité accordée par l’État à la gestion durable de l’eau et à la résilience des territoires intérieurs.
Le gouvernement entend ainsi garantir une répartition équilibrée des ressources, soutenir la productivité agricole et améliorer la qualité de vie des populations locales. Cette politique s’inscrit dans la continuité du programme national d’approvisionnement en eau potable et de dessalement des eaux marines, déjà en cours dans les régions côtières.
Un cap gouvernemental cohérent
À travers ces trois volets, le gouvernement de Sifi Ghrieb réaffirme la cohérence de sa feuille de route : une gouvernance économique rigoureuse, une souveraineté énergétique consolidée et une politique environnementale proactive. Ces chantiers traduisent la continuité d’une vision nationale fondée sur la rationalisation des dépenses publiques, la diversification économique et la préservation des ressources naturelles, piliers d’une Algérie souveraine, résiliente et tournée vers l’avenir.
G. Salah Eddine
