
L’exposition de peinture « Les rêves du silence », signée par l’artiste-plasticien Mourad Abdellaoui, a ouvert ses portes jeudi dernier à Alger. À la galerie Baya du palais de la culture Moufdi-Zakaria, le public découvre une grande collection de ses œuvres, conçues dans un style d’abstraction contemporaine.
Jusqu’au 30 octobre, 135 toiles de tailles variées sont présentées. Sans titres, elles laissent place à la sensibilité et à l’interprétation personnelle de chaque visiteur. L’artiste joue sur les formes, les couleurs et les lignes,explorant le pouvoir du langage visuel. Son approche mise sur le regard et l’émotion.
Les toiles, travaillées avec soin, plongent le spectateur dans un univers silencieux où le gris occupe une place centrale. Cette teinte douce et mélancolique, entre lumière et ombre, devient un vecteur d’émotions profondes.
En passant d’une abstraction poétique à des formes plus géométriques, Mourad Abdellaoui invite à la réflexion. Ses œuvres suggèrent des expériences communes, des souvenirs partagés et des ressentis enfouis. Pour donner vie à ses idées, il utilise des techniques mixtes et différents matériaux. Ce mélange lui permet d’exprimer ses préoccupations sur le monde actuel, avec une vision lucide et inspirée.« Le monde spirituel m’a toujours fasciné et inspiré. Il m’a poussé à rechercher le bien », confie l’artiste. Il insiste sur la sincérité et l’engagement qui traversent chacune de ses créations. Ses toiles offrent de multiples lectures.
On y retrouve des rayures, des reliefs et des formes géométriques qui donnent de la profondeur et de la texture. Né en 1964 à Aïn Beïda, Mourad Abdellaoui est diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts d’Alger en 1989. Il a commencé par une peinture figurative avant de s’orienter vers l’expressionnisme, puis l’abstraction, où il a trouvé un espace libre pour exprimer ses questionnements intimes et sa vision du monde.
Depuis plus de trois décennies, il expose en Algérie, dans le monde arabe et en Europe, recevant plusieurs distinctions. Inspiré par la beauté de son pays, il passe la plupart de son temps dans son atelier à Aïn Beïda, qu’il considère comme un laboratoire d’expérimentation.
Entre formes, matières et couleurs, il y explore depuis 35 ans les mille possibilités offertes par la peinture, toujours à la recherche de nouvelles façons de toucher les émotions humaines.
Cheklat Meriem
