
Sans vouloir jouer les psychologues de comptoir, il est parfois facile de distinguer la vraie sérénité d’une confiance de façade. Le comportement d’Oscar Piastri après le Grand Prix des États-Unis en est une illustration parfaite. Pour la première fois de la saison, le leader du championnat du monde de Formule 1 a enchaîné trois courses sans podium, tandis que Max Verstappen lui a repris 64 points en trois semaines. À cinq manches de la fin, la pression est bien réelle.
Pourtant, devant les caméras, le pilote australien a voulu minimiser la situation :« J’ai simplement connu quelques mauvais week-ends, Lando et Max en ont eu de meilleurs, c’est tout », a-t-il déclaré, visiblement mal à l’aise, au micro de Canal+. Derrière cette apparente décontraction, une certaine nervosité transparaît. Son avance confortable, qui semblait mettre Verstappen hors-jeu pour le titre, il y a peu, a fondu comme neige au soleil. Même son écart avec Lando Norris, son coéquipier, s’est réduit à 17 points, ne lui laissant plus le moindre droit à l’erreur. Autrefois impassible et froid, Piastri laisse désormais entrevoir des fissures. Lors des trois dernières courses, son comportement a changé : colère à Bakou, réactions épidermiques à Singapour après un contact avec Norris et manque de rythme à Austin, où il a reconnu ne pas comprendre les raisons de ses difficultés :
« Comprendre pourquoi la voiture n’a pas fonctionné sera la première étape pour rebondir », confiait-il à Sky Sports.
Un tournant mental décisif
Comme d’autres avant lui, Piastri traverse une période de turbulence à l’approche du sprint final. Les exemples sont nombreux : Button (2009), Massa (2008), Schumacher (2000) ou Häkkinen (1998-1999) ont tous connu une série de trois courses sans podium alors qu’ils menaient le championnat. Certains s’en sont relevés, d’autres y ont laissé le titre. L’Australien se trouve donc à un moment charnière. Le Grand Prix du Mexique, programmé dès ce week-end, pourrait marquer un tournant. Pour retrouver son élan, il devra s’appuyer sur ses qualifications, longtemps son point fort, et regagner cette assurance qui faisait sa force en début de saison. Car face à un Max Verstappen prêt à exploiter la moindre faille, le combat se joue autant dans la tête que sur la piste. Et pour l’instant, Oscar Piastri semble avoir perdu un peu de terrain sur les deux fronts.
