
L’Algérie et sept autres membres de l’Opep+ ont approuvé, dimanche dernier, une nouvelle orientation dans la gestion de leur production pétrolière : une hausse collective de 137.000 barils par jour (b/j) dès décembre prochain, suivie d’une suspension temporaire des augmentations entre le 1er janvier et le 31 mars 2026. Une stratégie à la fois prudente et concertée, visant à stabiliser un marché mondial encore soumis à des incertitudes économiques persistantes.
Cette décision a été entérinée lors d’une réunion ministérielle tenue par visioconférence, rassemblant les huit pays de l’Opep+ ayant volontairement réduit leur production depuis avril 2023 : l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman et la Russie. Ces États, moteurs du mécanisme d’ajustement de l’offre mondiale, réaffirment ainsi leur rôle de garants d’un équilibre pétrolier global souvent mis à l’épreuve par la volatilité géopolitique et financière.
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a expliqué que « les décisions adoptées aujourd’hui traduisent la volonté commune des huit pays de l’Opep+ de préserver l’équilibre et la stabilité du marché pétrolier, dans un contexte global encore marqué par de fortes incertitudes économiques ».
L’ajustement prévu pour décembre, d’un volume collectif de 137.000 b/j, « reflète une approche prudente et coordonnée qui tient compte des besoins du marché », a-t-il ajouté.
La décision de suspendre les augmentations de production au premier trimestre 2026 s’inscrit dans une lecture réaliste du marché. Selon Arkab, « elle répond à une logique de prudence, face à une demande saisonnière plus faible durant cette période, et permettra de préserver la cohérence des efforts entrepris et d’assurer un suivi attentif de l’évolution du marché ». Le ministre a réaffirmé la constance de la ligne algérienne : « L’objectif reste inchangé : accompagner l’évolution du marché avec discernement, en privilégiant une approche graduelle, flexible et concertée. »
Dans le détail, la part de l’Algérie dans la hausse décidée pour décembre sera de 4.000 barils par jour, selon le communiqué du ministère.
Des fondamentaux solides selon l’Opep
Pour sa part, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a souligné que cette révision de production intervient dans un environnement favorable, avec « des perspectives économiques mondiales stables et des fondamentaux de marché solides, reflétés par des niveaux de stocks de pétrole faibles ».
Cette augmentation de 137.000 b/j vient s’ajouter aux ajustements volontaires de 1,65 million de b/j décidés en avril 2023.
Toutefois, le cartel souligne que, « en raison de la saisonnalité », le groupe des huit pays a également choisi de geler les hausses de production en janvier, février et mars 2026, maintenant ainsi une flexibilité totale pour adapter leurs volumes à la demande réelle. L’Opep insiste sur la nécessité de « continuer de surveiller et d’évaluer de près les conditions du marché, dans le cadre de leurs efforts constants pour soutenir la stabilité du marché », tout en réaffirmant « l’importance d’adopter une approche prudente et de conserver une flexibilité totale pour continuer à suspendre ou à inverser les ajustements volontaires supplémentaires de production ».
Autre élément-clé de la réunion : la volonté de compenser intégralement tout volume surproduit depuis janvier 2024, preuve du sérieux avec lequel les pays membres souhaitent maintenir la cohérence de leurs engagements. Les ministres ont convenu de poursuivre une coordination étroite, à travers des réunions mensuelles permettant un suivi rigoureux du marché, du respect des quotas et de l’application des mesures de compensation.
Cette démarche, à mi-chemin entre prudence et anticipation, illustre la maturité du bloc Opep+ dans la gestion des fluctuations énergétiques mondiales. En optant pour une hausse limitée avant une pause stratégique, le groupe affiche sa détermination à préserver la stabilité du marché pétrolier mondial, tout en évitant les déséquilibres susceptibles de fragiliser la reprise économique internationale.
La prochaine réunion des ministres des huit pays de l’Opep+ est prévue pour le 30 novembre, un rendez-vous qui s’annonce déterminant pour affiner la stratégie du groupe face aux défis économiques et géopolitiques de 2026.
G. Salah Eddine
